vendredi 21 juillet 2017

R.I.P. my love

Tu me connais (peut-être juste un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie) : je n'ai pas tendance à être attachée au matériel...

Sauf quelques affaires...que je pourrais probablement compter sur les doigts de ma main...

Hier, j'ai dû lâcher-prise sur un...c'est (le) majeur.

Ma si-spacieuse-super-fabuleuse-extraordinaire-mini-van.

Cette mini-van avec laquelle j'ai eu un flirt (un gros gros flirt!) depuis 2 ans. Une histoire qui a évoluée à mesure qu'on a appris à se connaître. Les premiers temps, j'étsis attirée par son côté pratique (trop souvent ce que les gens voient dans leur couple eux aussi). J'appréciais sa capacité à transporter facilement mes dizaines de hula hoop pour mes contrats. Elle est devenue plus sexy quand j'ai pris conscience de son potentiel de plaisance : j'y ai mis un petit matelas et mon kayak pour un premier périple sur les routes des cantons de l'est. Boom!! C'est à ce moment que je peux dire que je suis tombée amoureuse...

L'été suivant, je devais repenser mon setup ; j'avais super beau contrat d'animation qui m'attendait en Gaspésie. J'avais là un beau "problème" de design! Je voulais :

• garder les 2 bancs de passagers à l'arrière pour avoir l'option de transporter des passager

• avoir une plate-forme amovible pour mon lit

 • ranger mes hula hoop (et y avoir accès facilement)

J'ai mis beaucoup de temps à imaginer la solution...Mon penchant pour la simplicité, les mini-maisons et les objets multi-usages m'ont été payants!! J'ai réussi à solutionner le tout...avec un plywood 4x8, une penture à piano...et...2 chaudières!!

J'étais tellement fière de mon setup!! Simple, efficace, et vraiment pas cher!!! En plus les chaudieres me servaient de rangement et de bancs/tables en camping...

Re-boom!!! Cet été-là, j'avais ravivé la flamme de mon zmour pour elle!!

Quand j'étais partie l'hiver dernier, je ne misais pas cher sur sa survie après 3 mois dans un banc de neige. Mais comme j'ai une bonne étoile (et des gens merveilleux qui s'en ont occupé quelques jours avant que je revienne), vroom! Elle est repartie...presque comme une neuve!

Et...comme dans le couple, il faut que les choses évoluent pour que la passion continue. Cette année j'avais trouvé un méchant beau upgrade : j'ai réussi à faire fitter mon vélo dans l'équation!

Quand je fais le bilan, je peux dire que grâce à mes séjours hebdomadaires à Montréal dans ma van, je me suis remis de l'interminable printemps gris. Fait que...toutes les semaines, pendant 2 mois, je partais avec mon petit bonheur (et souvent 3 passagers pour partager la route et les frais d'essence!). Je me stationnais dans le vieux-port (spot gratis en plus!). Je changais mon setup en version campeur. J'allais prendre une marche dans le vieux (et profiter des toilettes publiques pendant qu'elles étaient ouvertes)! Et hop, au lit pour la nuit! Ça me permettait de faire la grasse-matinée la journée de ma formation au lieu de partir à 5h du matin de Victo.

La cerise? Après mon cours, je sortais mon vélo et j'allais profiter des festivals dans Montréal (tout ça encore gratis!!) 

La semaine dernière, c'était mon dernier cours avant les vacances. Je n'ai pas pris ma van. Elle était à l'hôpital pour des grosses réparations. Suite à un boom! (mais pas le même genre cette fois-ci), mon garagiste m'a dit qu'elle était sur le respirateur artificiel.

Ce matin-là, juste avant le début du cours, mon téléphone sonne. J'attendais cet appel. C'était Valérie du garage. Pas une bonne nouvelle. Vraiment pas une bonne nouvelle. Le genre de moment dans un film où la musique arrête et que tout est passe en mode "mute" et au ralenti...

Le coûts des réparations auraient été de l'odre de l'acharnement. Il fallait que je me rende à l'évidence. Là là! Je devais la laisser aller...accepter de "dépluguer" le lien qui la maintiendrait en vie ; moi...et mon compte de banque par extension...

Une chance que j'ai 33 ans...j'ai parlé à l'enfant en moi qui en avait 3 et qui avait bien envie de piquer une crise de larmes. Je me suis contenter de laisser mes yeux se remplir juste assez pour les nettoyer...pour nettoyer mon corps de cette émotion de tristesse qui avait envie de prendre toute la place.

J'étais à la bonne place au bon moment. Je ne pouvais pas demander mieux que de passer la journée en yoga, entourée de mes précieuses collègues de chez Om, avec notre prof Hervé qui a tant à partager.

Ça n'a pas été la journée où j'ai été le plus concentrée, mais j'ai fait de mon mieux pour ne pas être ni dans le passé, ni dans le futur de cet événement qui allait sans contredit amener du changement dans ma vie.

La dernière chose que j'avais envie, c'était de retourner à la vie "normale" de Victo. J'avais envie que la nouvelle sur ma van soit célébrée, qu'elle soit festive. Comme la vie fait bien les choses, en finissant mon cours, j'ai reçu une proposition pour aller sur le fleuve en bateau.

Mon intention s'était manifestée. Quelques heures plus tard, j'étais assise à l'avant du bateau, à partager une bouteille de vin avec des amis, en regardant un show de son et lumiéres du 375e dans le vieux-port (show que j'avais mis sur ma liste de choses à faire cet été d'ailleurs)!

Ahhh la vie!!!

Au retour vers le port, elle m'envoyait, à grands coups de vent frais, le message que, mon sentiment de liberté ne tenait pas sur une carrosserie et 4 roues...

Il était la...bien là...en d'dans d'moi...!

J'ai reçu ce même message les jours suivants : je partais en roadtrip de moto avec ma famille. Ils m'ont proposé d'embarquer dans leur buzz qu'ils vivent depuis plusieurs années : se retrouver une fin de semaine à Bar Harbor.
C'est rare que ça arrive avec ma famille, mais ils m'ont fait découvrir du nouveau...des sensations nouvelles surtout!! Ouille! La yogi en moi a eu le temps d'observer la posture pendant 5 heures ; quels muscles étaient contractés, quelles articulations étaient mal alignées... Mais la capacité du corps humain à s'adapter est fascinante! Déjà, au retour 2 jours plus tard, je me sentais comme un poisson dans l'eau, alors que j'ai commencé la ride comme un engrenage de fer qui manquait d'huile.

Peut-etre que j'ai retrouvé le poisson en moi cette fin de semaine quand j'ai vu la mer? Il faisait trop froid pour se baigner, mais faire des pirouettes dans le sable...définitivement, ça fait partie des choses qui participent à mon bonheur!!Awhhh!

C'était magique comme fin de semaine en famille. C'était fascinant de me laisser transporter dans leur univers bien à eux. Ça s'est terminé avec une ride qui me restera marquée pour longtemps. Devant moi : mon beau-frère (son derrière de casque surtout), ma soeur sur sa moto (est vraiment hot ma soeur!! Plus petite et plus tranquille que moi, sur sa Ninja noire sport...) et mes parents sur la leur (les cheveux dans le vent...ma mère surtout), avalant les courbes aux abords de forêts et de lacs, les montagnes en fond d'image, avec de la musique dans mes oreilles...

La liberté n'est qu'une sensation...

C'est ce que j'ai dû me rappeler hier... Je pensais être au dessus de toute l'histoire Van après avoir passé de si beaux moments depuis la dernière semaine. Mais non, je ne suis fait pognée dans le détour quand est venu le temps de vider ma van pour l'envoyer se faire écrapoutir au cimetière de la ferraille. J'ai reparlé à l'enfant en moi qui avait un gros motton face à l'abandon...ben gros motton...

"The show must go on Elise!!"

J'aurai probablement à me le rappeler aussi dans à peine plus d'une semaine ; j'aurai à tourner une autre grande page de mon histoire. Celle de mon petit cocon tranquille sur le bord de la rivière. Parce que la vie est remplie de mouvement, il faut entrer dans la danse quand c'est le moment. Alors j'embarque dans ce que la vie me propose ; je déménage. Une nouvelle aventure m'attend...

La suite après les boîtes...




dimanche 25 juin 2017

Bonne Saint-Hen!!

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il y a plusieurs (plusieurs!) années, je faisais des pieds et des mains pour m'assurer d'être en congé pour pouvoir suivre ma gang d'amis qui partaient sur la go vers un feu fort eloigné. Ce genre de nuit qui ne finit jamais..la plupart du temps dans la bouette, après quelques pirouettes... Le genre de nuit qui se joint au soleil du matin et qui te donne le mal de vivre pour les prochaines 24h.

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas...oh thank god!! Parce qu'aujourd'hui j'en aurais pour 48, voir même 72h!

Cette année, ma St-Jean, je la qualifierais de...satisfaisante. Je me suis couchée tôt la veille. J'étais en forme ce matin. J'ai passé du bon temps sur une terrasse à bruncher avec une cousine que je n'avais pas reussi à voir depuis mon retour. L'après-midi j'ai travaillé dans la terre pour mettre cute une plate bande qui avait besoin d'amour au studio et ensuite, hop dans l'auto ; direction Saint-Léonard-D'Aston. J'étais engagée par Maryève Gaudreau de Hula Hoop Québec pour faire partie de la parade. Vraiment intéressant les parades de campagne!! Des tracteurs. Beaucoup de tracteurs! Des p'tits, des gros, des vrrraiment gros!! Une grande premiere pour moi de voir une jeune de 9-10 ans conduire un tracteur à pelouse pour pitcher des bonbons aux enfants dans la parade... Il y avait aussi des chars...beaucoup de chars!!! Des vieux, des moins vieux. Des silencieux, des bruyants...trèèès bruyant...du genre  vrrrrrrrommmm devant chaque attrouppement pour montrer leur virilité. Celle du moteur bien entendu... Je pense qu'on faisait partie des quelques 15 personnes qui marchaient vraiment la parade. Parade qui, ma foi, pour un petit village, était assez longue! On a dû passer dans 80% des rues...parfois assez remplies, parfois entrecoupées d'un grand champs...avec une vue magnifique sur le coucher de soleil de feu qu'avait laissé l'orage derrière elle.

Je dois me rendre à l'évidence : après la parade du père Noël de décembre et celle-ci, je peux affirmer que j'ai un faible (fort) pour ce genre d'événement!! Le costume, le maquillage, le monde de bonne humeur... so passez le mot hihi.

Il faisait chaud, on était essouflées, mais on avait du fun! Comme Maryève a dit pendant qu'on courait derrière le char allégorique devant nous qui allait trop vite des fois : "la poutine est bien mérité après ça!". En effet, c'est ce que j'ai fait en revenant à Victo...c'est la St-Hen après tout!!

Même si je ne suis pas une fan de la musique québécoise, j'ai tout de même nourri mes racines en me donnant le mandat de n'écouter que du québécois àrqdio pendant mon retour. Quand c'était trop terrible (parce que oui, il y a des choses terribles des fois dans la chanson québécoise qui passe à la radio...mais je m'abstiens ici de nommer qui que ce soit...de toute façon ma liste serait trop longue...), je n'avais qu'à changer de poste, c'était pas mal 100% québécois partout "anyway". Sauf un poste de musique plutôt jazzy avec des paroles en anglais. C'était super bon, mais ça sonnait faux en ce jour de fête nationale où on se bat toujours pour que le français survive à la mondialisation. C'est là que je tombe, à mon grand, ohh très grand, bonheur, sur une série de tounes absurdes des nos grands artistes dont, les Chick'N Swell, les  Denis Drolet...et Fardoche!!

Miam miam miam...les beaux légu-mes... Miam miam miam, j'ai hâte d'en manger...

(J'ai pris une poutine italienne même si c'est la fête du Québec...ça compte tu?)

Cette soirée de la St-Jean marque un moment important dans ma vie. C'est une sensation incroyable que d'être payée à partager une de mes passions lors de la fête de son "pays" (parce que oui, quand je suis à l'étranger, je dis toujurs que je viens de la partie francaise du Canada...same same, but different!). Je peux vous assurer que je vais maintenant faire des pieds et des mains...pour travailler à la St-Jean!

Je suis privilégiée d'être née ici et je vais toujours l'honorer, même si j'ai besoin de m'en éloigner des fois. Je suis choyée d'avoir du travail, un toît et des gens inspirants (x1000) autour de moi.

Québec : juste au cas où tu en doutes des fois...je t'aime!

La St-Jean-Baptiste, c'est aussi le coup d'envoi de l'été. Cette belle et si magique saison qui nous fait parfois oublier que rien n'est permanent. La saison des festivals, du camping, des molles enrobées de chocolat. La saison des terrasses, des shorts et des gougounes. La saison où on sort enfin de nos cavernes, qu'on recommence à se parler et à vivre plus en communauté.

La québécoise en moi vous souhaite de voir du paysage cet été, parce que ça, ici on en a des kilomètres et des kilomètres carrés. Je vous souhaite des BBQ entre amis, des feux sur une de nos belles grèves, des balades en kayak, en radeau ou en peau.

Je vous souhaite de goûter à tout ce qui fait de nous, québécois, un peuple riche au potentiel incroyable, qui oublie parfois qu'on est né pour autre chose qu'un petit pain...

C'est bon le p'tit pain...mais...

Miam miam miam...les beaux légu-mes...


samedi 10 juin 2017

Montréal, je t'aime d'amour!

Quand j'ai choisi de prendre une autre formation avec mon prof de yoga à Montréal, c'etait un élan du coeur. Pareil pour l'autre formation que j'ai aussi choisie de suivre, qui s'appelle "Vivez votre vision". Dans les 2 cas, c'était une façon de donner du sens à mon retour au Québec, de contribuer à mon besoin d'évoluer, de vivre une nouvelle aventure, mais surtout, de nourrir mon sentiment d'implication chez Om Studio, mon lieu de "travail" du Québec. Je dis travail, mais je ne l'assume pas totalement ; ça sonne un peu faux. C'est tellement plus que ça. Om studio, c'est un projet. Un maudit beau projet. Un projet porteur de sens. Un projet qui a pris forme grâce à un couple d'humains des plus inspirants, rempli d'enthousiasme et de générosité et avec une vision de l'épanouissement hors du commun. Om studio, c'est aussi une équipe. Une équipe de gens motivés, authentiques, qui veulent partager ce qui les rend uniques et qui ont à coeur le rayonnement de tous et chacun.

Une des choses imanquables quand on revient de voyage, c'est la sensation que rien n'a bougé, que rien n'a changé. Ça a été tout le contraire quand j'ai remis les pieds au studio. C'etait marquant combien c'était tout, sauf stagnant! Beaucoup de changements, beaucoup de nouvelles idées, de nouveaux projets. Des petits, des grands. Om studio c'est la créativitė. C'est l'écoute. C'est l'amour. Beaucoup d'amour! En un mot, Om studio se résumerait à vivant (et/ou vivifiant!)  C'est le genre de projet dans lequel tu te sens privilégié de participer. Je me sens encore plus choyée d'y avoir une place malgré le mode de vie plus nomade que je choisis.

Toujours est-il que le doute s'est quand même fait une place dans mon esprit entre le moment où je me suis inscrites aux formations et celui où elles ont commencées. La petite voix de la raison me disait que ça n'avait pas trop d'allure ; j'étais rentrée au Québec pour essayer de remplir mon compte de banque, pas pour le vider à grands coups de chèques à 3 et 4 chiffres...

Mais dès que j'ai mis les 2 pieds dans la réalité de ce que ces formations me faisaient vivre, le petit cadenas que j'avais moi-même installé sur mes ailes, pour soit-disant me protéger, il s'est volatilisé.

Je ne pouvais me faire de plus grands cadeaux! "Vivez votre vision", c'est un outil pour affirmer ce qui est vraiment important pour soi et assumer que nous avons le pouvoir de choisir la direction dans laquelle nous voulons marcher. Je pensais pourtant en avoir une idée assez claire avant la formation, mais au fil des semaines, j'ai compris que le chemin pouvait mener beaucoup plus loin que ce que je croyais. Merci spécial à Amélie pour avoir lancé cette idée et à Jocelyne Lachance d'avoir partagé de nouvelles clefs porteuses de connexion à mon moi profond.

Pour ce qui est de ma formation à Montréal, elle a un impact important sur plusieurs sphères de ma vie. Principalement sur mon corps, évidemment. Je prends contact avec de nouvelles limites que je sens encore les jours suivants. Mais par dessus tout ce que le yoga m'apporte, j'avais oublié combien la vie à Montréal me faisait vibrer. Ici, c'est vivant. Tellement vivant!! J'en fais presque ma nouvelle ville d'accueil depuis quelques semaines. Des shows dehors, des gens partout dans les parcs, qui jonglent, qui jasent, qui mangent... Les vélos, les autos, les piétons. Les familles, les solitaires, les amoureux... Ces contrastes entre le stress et la ferniente, la foule et la solitude, le beau et le moins beau...Moi je les aime. La preuve, ils m'inspirent enfin à passer quelques heures à jouer à mettre en mots ce qui me nourrit...chose que je n'avais pas fait depuis ce qui me semble une éternité.

Montréal, merci de ramener le voyage dans mon quotidien québécois, en attendant ma prochaine aventure en octobre!




lundi 10 avril 2017

Quand y'en a pu, y'en aura encore!

Au milieu de la semaine dernière, alors que j'étais revenue depuis moins d'une semaine, un ami me demandait si je m'ennuyais depuis mon retour...

Les premiers jours, ma réponse était : "Non, ça va super bien, je commence à prendre le "beat". Je vais prendre l'air tous les jours et ça me permet de garder le sourire (la réponse sera quelque peu différente 2 jours plus tard...) "Et de toutes façons, j'ai pas l'temps de m'ennuyer, mes temps libres je les passe au téléphone, soit à attendre qu'on me réponde, soit à répondre à des questions..."

Avant mon départ, j'ai été un peu forcée à annuler mon contrat d'assurances. J'avais fait le choix d'être honnête avec ma compagnie et de leur dire que je sous-louais mon appartement pour quelques mois, au lieu de jouer sur les mots et de dire que quelqu'un s'occupait de "garder" mon appartement pendant mon départ. Résultat : ils me demandaient de mettre fin à mon contrat moi-même, sinon ils allaient refuser de continuer de m'assurer, ce qui un allait faire une tache sur mon dossier pour la suite... Bref...j'étais au pied du mur...tant pis pour eux! Ciao bye!

Mon retour impliquait donc un magasinage d'assurances. Et comme une assurance on paye toujours ça dans le beurre (jusqu'à temps d'en avoir besoin!), oui ça vaut la peine de magasiner. Et magasiner une assurance, ça veut dire demander des soumissions et donc, répondre à 48 000 questions...et ce à chacune des compagnies... Ouu là!!!

Même chose pour mon téléphone...magasiner les options pour essayer de trouver le meilleur "deal", si on peut appeler ça un "deal"... ( Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi ici je dois payer 40$ par mois, excluant les interurbains à l'étranger...et par étranger, ils entendent ailleurs qu'Canada et aux États-Unis...et rendu là...pourquoi considèrent-ils les Américains moins étrangers que les autres?!...alors que là-bas, au Mexique je veux dire, tu peux acheter un forfait de 3 semaines, appels illimités partout en Amérique du Nord...pour la
modique somme de 8$!?!!).

On respire par le nez...ici...maintenant...

Avant (avant quoi?... je ne sais plus...avant cet hiver sûrement), j'avais tendance à penser que c'était plus simple au Québec quand on parle de gestion de choses "importantes" tels qu'aller à l'hôpital ou à la banque. Mais savez-vous quoi? J'ai réalisé dans les derniers jours que c'est une fausse croyance que j'avais. J'ai compris que, ce qui me parait compliqué au final, ce n'est que l'obligation d'entrer dans un système pré-établi...

Parce que oui, nous avons un système. Un gros système. Un monstre de système!! Un système qui, à force de vouloir tout contrôler pour soi-disant nous aider, fini par nous emprisonner et nous cadenasser à notre compte de banque dans un climat de peur, tout en réprimant l'idée de que chacun avons le pouvoir sur notre vie.

Enfin bref, ces jours-ci, je travaille à lâcher-prise sur le système et sur l'argent, avec du temps, de la patience et surtout, de la confiance, comme je peux en avoir au Mexique. Même si je suis dans une période sans travail, je dois me permettre de vivre des choses qui me donnent le sentiment d'avancer.

"L'argent, c'est fait pour circuler", c'est mon amie chilienne Daniela qui me l'a rappelé dans une discussion de plage.

Elle a entièrement raison. L'argent est une monnaie d'ÉCHANGE, elle n'a pas été inventée pour pourrir dans le fond d'un tiroir. À l'époque, c'était des poissons séchés qu'on échangeaient. Dans mon imagination, loin était l'idée dans la tête des gens d'en accumuler trois tonnes et de les échanger dans 10 ans (vous imaginez les conséquences odorantes?!?).

J'ai la chance d'avoir des racines dans un pays riche (au niveau des billets de banque) où j'ai reçu une éducation gratuite (ou presque ; d'ici un an j'aurai fini de payer ma dette universitaire, wouhou!), qui me permet aujourd'hui une ouverture d'esprit et une facilité à trouver du travail sans avoir à trop me préoccuper de demain.

J'ai donc fait un grand pas ce matin : je me suis inscrite à une nouvelle formation de yoga avec mon prof à Montréal.

Si j'ai appris une chose du Mexique dans mon tout premier voyage, c'est que :

"Quand y'en a pu, y'en aura encore".

C'est comme le soleil et la chaleur.

Je vous ai déjà dit que je n'aimais pas parler de la pluie et du beau temps...mais aujourd'hui je fais une exception.

Je parle un langage que vous comprenez, un langage que l'on partage réellement cette fois-ci : celui du printemps québécois. Celui de l'extase que procure la chaleur des rayons de soleil quand le corps (mais aussi l'esprit) est en sérieux manque après plusieurs jours ; près d'une semaine dans mon cas, plusieurs mois dans le vôtre.

Je sais, mon expérience n'a rien à voir avec la vôtre, mais vendredi dernier, j'ai eu un bon petit coup de pelle...un grand coup d'overdose de pluie et de gris. Un coup de "je suis toute crispée par le froid et je ne trouve pas l'énergie pour sortir de mes couvertures chaudes".

Mais comme rien n'est permanent, je me gâte depuis 2 jours, en dansant ma vie près de la rivière, en faisant du yoga sur mon balcon (enfin en shorts et pieds nus!!), en ouvrant toutes les fenêtres de mon appartement, en écoutant les bruits environnants (enfin de la vie autre que le bruit de mon frigo!!) et aussi, en entrant en contact avec des gens dehors. Parce que oui, c'est un des grands effets positifs de la chaleur du soleil, elle nous fait sortir de nos bulles. Elle nous aide à nous ouvrir à l'autre, tout en nous connectant à nous-même.

Profitons-en pour faire le plein du contact direct avec les éléments qui nous entourent ; ils sont nos plus grands maîtres.

Merci printemps québécois!

mardi 4 avril 2017

Le retour...

"La paix intérieure débute avec l'acceptation de ce qui est."
(Nicole Bordeleau)

Retour...en arrière...

Mon premier vol était prévu pour 18h. Ça me réconfortait tellement de savoir que j'allais voir le dernier coucher de soleil. Ok...les fesses sur le cuir d'avion plutôt que dans le sable, mais ce n'était pas de temps de faire des caprices. Au contraire, je me trouvais bien chanceuse de quitter en même temps que cette grande puissance qui nous maintient au chaud.

En attendant dans l'aéroport, je me suis assise sur le rebord de la fenêtre pour être le plus proche du dehors possible et j'ai commencé à écrire ce qui serait ma dernière publication à partir du Mexique. C'était ma façon d'atténuer le fait que je me trouvais à l'air climatisé, à attendre de quitter ce paradis du chaud. Je voyais les minutes passer et le soleil descendre. Mon vol avait du retard. J'ai dû faire le deuil de voir le soleil une "dernière" fois...

Comme toujours, le lâcher-prise a porté fruit! Une fois à plusieurs mètres d'altitude, il avait laissé derrière lui des couleurs chaudes intenses et un tout petit quartier de lune me souriait. Il faisait encore tout juste assez clair pour distinguer la côte dans l'étendue obscure sous l'avion. La mer turquoise claire dans laquelle je m'étais baignée dans la journée, avait mis sa robe de soirée noire aux reflets turquoises sombres. J'ai pu faire mes adieux en bonne et due forme...

Pendant mon deuxième vol, de nuit, dans lequel je me suis rappelé combien on dort mal dans un avion, je me suis réveillée juste un peu avant l'atterrissage à New York, la face dans le hublot, le lever de soleil dans les yeux. C'était ma récompense Air Miles, sans même avoir d'abonnement! Je n'avais pas pu lui dire au revoir, mais le voilà qu'il me disait bonjour. Comme quoi, je ne m'en allais pas seulement vers la fin d'une aventure, mais bien le début d'une autre...

Celle du retour...

Ce retour, dont on ne s'habitue jamais. Ce retour, où le connu nous attend. Où il nous ratrappe un peu dans le détour, à petits ou grands coups de pelle, dans la face ou dans la neige, ça dépend.

Mon premier coup aura été en descendant de l'avion à Montréal. Je devais attendre près de la porte, dans un grand courant d'air glacial du nord...(sûrement du pôle nord!!) mon sac "Carry On" qui ne rentrait pas dans les minuscules compartiments à l'intérieur de l'avion. Déjà que j'avais été gelée tout le long du vol, là, c'était la goutte!

(Bon retour au Québec Elise!)

Mon coeur a fait 4 tours!!

Un de frustration.
Un de panique.
Un de nostalgie.
Et un d'incompréhension...

"MAIS VEUX-TU B'EN ME DIRE À QUOI T'AS PENSÉ DE RENTRER ELISE!!!!"

Si je m'étais laissée réagir à cette émotion qui me criait après, j'aurais crié moi aussi et je me serais laissée échoir sur mes genoux pour pleurer. Comme j'étais entourée de gens, je me suis contenue. J'ai respiré et je me suis contenté de laisser couler quelques larmes chaudes sur mes joues.

...La paix intérieure débute avec [...]

Une fois que j'ai eu récupéré mon sac (ce qui m'a parut une éternité, mais qui a dû prendre 5 minutes...), j'ai senti le besoin de me plonger dans ma bulle pour apaiser la petite colère que j'avais envers moi-même. Ça a rendu ma marche à travers l'aéroport plus dramatique...trop dramatique! Après quelques vagues de grandes émotions, j'ai enlevé mes écouteurs. C'était "too much". Vous savez ce que c'est un film sans musique versus un film avec musique...non? Je devais me ressaisir ; le neutre est toujours plus propice pour faire face aux douaniers.

J'avais été fouillée de fond en comble à New York. Tout ça à cause de mes cerceaux lumineux qui paraissaient louches dans leur machine à tout voir. J'en ai presque manqué mon vol avec tout le zigonnage de changement de terminal et les navettes de JFK.

À Montréal, il devait être écrit dans mon front qu'on m'avait déjà fouillée, parce que je suis passée comme dans du beurre dans 'poêle.

J'avais pourtant des chapulines (des grillons séchés comestibles typiques de l'état de Oaxaca).

Dans le formulaire à remplir, ça demandait si on rapportait des insectes.

J'ai coché "non".
(C'est de la nourriture...)

Et le douanier m'a demandé :
"Avez-vous de la nourriture?"

J'ai dit non...
(C'est des insectes...)

Ciao, bye!
Merci, bonsoir! (Bonjour dans ce cas-ci!)

Je ne suis jamais sortie aussi facilement de l'aéroport de Montréal! Yé!!

Et "Thank God" : il faisait soleil et il ne faisait pas -30! J'allais pouvoir sortir sans me transformer en statue de glace!

J'ai la chance d'être super bien entourée : j'avais au moins 5 propositions à venir me récupérer à l'aéroport. C'est ma précieuse soeur qui a gagné pour venir chercher le "p'tit paquet". J'avais très hâte de la voir!! Digne de son titre de grande soeur, elle avait préparé une bonne 'tite soupe réconfortante. Chaleur dans mon coeur! Ça me préparait à survivre à ce qui s'en venait...

Mon 2e coup de pelle...

L'huile de coco (et mon baume à lèvre!) est devenu mon meilleur ami à l'aéroport de Mexico. J'en suis vite devenue accroc et j'ai décidé d'en abuser au lieu pour éviter de m'enliser dans ma vie de raisin sec. En sortant la bouteille de mon sac...

Et BOoM!!

La voilà toute pognée d'un pain, blanche et dur comme du beurre, au frigo cette fois-ci. Elle était pourtant liquide, douce et translucide il y a quelques heures à peine!

(Meeeer-deeee!!!)

J'avais complètement oublié cette information...

(Bon retour au Québec Elise!)

Je me suis retenue pour ne pas faire une petite crise de larmes, ça n'aurait pas été très mature de ma part...

Il fallait que la vie du retour continue : destination centre-ville de Montréal en autobus et en métro pour rejoindre mes parents qui m'attendaient avec un manteau, des bottes et des gants.

3e coup de pelle!

Après 3 mois en peau et en bikini, dans toute ma féminité, laissez-moi vous dire que je me sens sexy comme un tracteur avec tout cet attirail!!

(Bon retour au Québec Elise!)

Heureusement, être dans ma féminité n'était pas ma priorité cette journée-là, mais plutôt de diriger mon énergie à me maintenir au chaud et réveillée pour profiter des retrouvailles en famille. C'était d'ailleurs une excellente idée de passer du temps en ville, je me sentais encore un peu en voyage.

...Sauf quand nous sommes passés près du centre Bell par un soir de "game". Je me suis surprise en micro crise d'angoisse quand nous nous sommes arrêtés dans la station de train adjacente. La chaleur, le bruit, le murs...et tout ce monde en chandail des Canadiens...

J'étouffais!!

(Bon retour au Québec Elise!)

Vite!! De l'air!!
Je suis sortie dehors presque en courant.
Awhhhh!! Beaucoup mieux!!

Ça m'a permis de comprendre que ce n'est pas le froid qui me dérange au final ; c'est d'être prise entre 4 murs.

Être dehors...c'est définitivement ce qui me manque chaque fois que je reviens. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'avais commencer à faire du Hula Hoop...jouer dehors!

Heureusement, je suis consciente qu'il n'en tient qu'à moi de faire en sorte de combler ce manque. Le mot d'ordre donc des prochaines semaines : dehors.

Dehors.
Dehors.
Dehors.

Quand j'ai regagné mon appartement le lendemain, j'y suis restée...10 minutes. Je n'avais pas envie d'être là, dans mes vieilles affaires. Le ménage à faire, les boîtes à défaire, le courrier à classer...beurk!!

(Bon retour au Québec Elise!)

Dehors s'imposait...

J'ai finalement atterri chez mon ami, qui s'est improvisé mon sauveur sans le savoir, en m'invitant à l'accompagner dans un nouveau resto. J'ai surfé la soirée sur une note d'inconnu : nouveau décor, nouveaux humains, nouvelle bouffe. En plein ce que j'avais besoin!

Lendemain, direction festival de salsa, pour lequel j'avais choisi de rentrer. Ironie du sort : je n'ai finalement presque pas participé. Bien que mon coeur avait vraiment envie d'y être, ma tête elle, était sur une autre planète. Une planète mexicaine je présume. Après 3 mois de mouvements libres, placer la main droite ici, la gauche là, ouvrir les bras en faisant une vague de corps, ne pas plier les coudes, fermer les bras, tourner à gauche là, donner un coup de hanche ici, faire 2 tours, passer dans le dos du partenaire, plier le coude gauche, pencher la tête, étirer le bras, 1 tour à droite...

STOP!!!

C'était beaucoup d'informations techniques à enregistrer et ni mon cerveau ni mon corps n'étaient prêts à enregistrer. Je me sentais lourde et fatiguée. La petite neige du matin et la grisaille de la journée y étaient sans doute pour quelque chose. J'étais déçue de ne pas avoir l'énergie, mais j'ai dû passer en mode acceptation ; j'avais fait un choix très (trop...) ambitieux de rentrer la veille de l'événement. Je me suis donc contenté d'observer et d'apprécier la compagnie de mes amis danseurs. Il n'y avait pas de quoi paniquer ; des pirouettes, j'ai tous les mercredis pour en faire!

Le lendemain, tant qu'à me lancer dans le ménage de mon appartement, j'ai donné un grand coup...de guenille!

Allez! Go!
Ménage de printemps!
On ouvre!
Fait frette?
Pas grave!
Tu frotteras plus fort!!

C'est incroyable combien nettoyer un espace physique nettoie aussi un espace mental. J'avais retrouvé ma légèreté. J'ai pu sortir prendre l'air, non par fuite, mais par envie.

Mon coeur fait encore 3 tours quand j'ai des souvenirs qui "pop". Parce que non, je ne suis plus là-bas. Je suis ici. Maintenant. Alors je transforme ce pincement en papillon et je le remercie d'être venu me visiter.

Tranquillement, je me réconcilie avec mon retour.

Des fois, il m'arrive de me fâcher (inutilement, je sais!) après mon huile de coco endurcie, mais je sais que ce n'est qu'une question de temps...

Je suis encore en réadaptation sociale québécoise.

Ne vous surprenez donc pas si je prends parfois des pauses en parlant, c'est que je cherche mon mot en français. Ou encore si vous avez l'impression que je m'enligne pour vous embrasser sur la bouche...c'est qu'ici, c'est 2 becs en commençant par la joue gauche. Là-bas, c'est un seul sur droite suivi d'un câlin. Ça crée un peu de confusion des fois...

Je m'arrive encore de trouver étrange d'avoir de l'eau chaude, de pouvoir jeter mon papier de toilette DANS la toilette et de pouvoir laver ma vaisselle sans chercher à ultra-méga-optimiser l'eau.

Notre planète se porterait tellement mieux si on allait tous faire l'expérience de vivre plus avec moins. Ce n'est qu'une question de défaire les mauvaises habitudes...mais pour le faire, ça prend du temps et malheureusement c'est ce après quoi les gens courent de nos jours.

Pourtant, le temps n'existe pas. Il existe seulement sur nos appareils technologiques...

J'ai été gâtée par la vie dans les deux derniers jours. La douceur du soleil était au rendez-vous. J'ai passé du temps de qualité. J'ai croisé plein de beaux gens heureux de me revoir. J'ai reçu des grands coups d'amour, de ma famille, de mes amis, des mes élèves...

À mon grand bonheur, les petits plaisirs du Québec me reviennent, dont manger du fromage en grains, boire de la bonne bière et profiter d'un bain chaud après avoir passé du temps sur le bord de "ma" rivière, enroulée dans grosse couverture de laine réconfortante ou dans un cerceau à danser ma vie.

Les jours passent et les coups de pelles diminuent en quantité et en intensité. J'ai même rangé la mienne au placard, sachant très bien qu'elle n'a pas dit son dernier mot ; on est encore juste début avril après tout.

J'en ai la preuve en ce matin gris, venteux, pluvieux...

Une fois (une seule...parce qu'il fait TOUJOURS beau là-bas), il y avait de gros nuages de pluie à l'horizon. J'étais avec Manolo et je lui disais à quel point j'avais envie que ça se passe...combien ce serait cool de vivre un gros orage avant de partir...

Ce matin, je lui ai parlé et je lui ai expliqué la situation météorologique. Il m'a répondu que c'est pourtant ce que j'avais demandé il n'y a pas si longtemps.

Ha-Ha-ha.
Très drôle!

Mais il avait raison : il faut toujours être précis dans nos demandes...

Comme j'ai tout le mois d'avril pour apprivoiser mon Québec à nouveau, je vais prendre le temps. Je vais prendre mon temps. Je vais aller dehors, seule ou entre amis, avec et sans musique, à bouger ou à contempler, afin de rester connectée à ce que j'ai touché encore une fois au Mexique : ma lumière.

Je serai de retour au travail en mai. Om Studio m'a refait une place à l'horaire de printemps ; j'y donnerai 3 cours les lundis. Je suis encore une fois tellement reconnaissante de faire partie de cette équipe, de cette famille. Ça rend le retour plus doux.

Merci de faire partie de mon retour...

jeudi 30 mars 2017

I love youuuuuu!!!

You can forget the details and you can forget the dates, but never forget the moment (The Cat Empire)

...et je n'oublierai jamais cette journée...cette journée qu'on pourrait qualifier de "dernière" si on voulait vraiment la nommer...

Pour ma dernière nuit, j'ai choisi de me "gâter" et de terminer mon voyage comme il a commencé, soit, dans le lit inconfortable (mais avec vue!) de l'appartement du haut puisqu'il était vacant. J'avais oublié combien l'absence de mur avait un impact sur moi. Plus d'air, plus de sons, plus de lumière... Même si j'ai passé une nuit plus ou moins reposante (mes rêves traduisaient mon stress et ma nostalgie du départ), mon réveil était riche d'émotions et de gratitude.

Ma journée a donc naturellement commencée plus tôt que les autres des dernières semaines, c'était parfait parce qu'une dernière journée signifie toujours beaucoup (trop?) de choses sur la "to-do list", particulièrement quand tu t'appelles Elise Vigneault et que tu as une forte tendance à procrastiner. J'ai donc pris mes premières heures matinales pour me faire un café, commencer à paqueter, mais surtout, finaliser les derniers détails pour la maison, soit terminer les feuilles d'instructions et des paniers de bienvenus pour les prochains arrivants.

Pendant que j'étais concentrée à la tâche, j'ai entendu une moto arriver. Manolo!!!!! Je l'espérais depuis 3 jours...

Parce que oui, je l'ai revu!! Vous vous rappelez? Ce beau Manolo que j'ai connu l'an dernier et qui a mis un peu de magie dans mon épisode d'expérimentation du système de santé de Pochutla de février? Et bien, la scène de film s'est répétée. J'étais en train de prendre un verre sur le trottoir d'un resto tenu par un des plus beaux couples du village ; une chilanga (fille de Mexico City) et un italien. Ils se sont rencontrés ici il y a quelques années ; lui en vacances pour surfer et elle, en vacances "pour se retrouver". Je ne sais pas si elle s'est trouvée "elle", mais ils se sont certainement trouvés "eux". Ils sont ultra sympathiques, tranquilles et super inspirants ; ils ont un des plus cute espace du village.

Toujours est-il, que, soudainement...vrooom!...Manolo passe en moto! La suite de l'histoire a été différente que la fois de Pochutla. Les éléments étaient enfin de notre côté pour nous permettre de se voir plus qu'une seconde et quart ; on était au village, il ne circulait pas dans un sens unique et ce n'était pas l'heure de pointe. Il a donc rebroussé chemin pour qu'on puisse jaser. Son sourire dans l'obscurité du soir est encore plus déconcertant! On s'est promis de se voir sur la plage dans les jours suivants...au coucher de soleil après son travail, comme dans "le bon vieux temps" de l'an dernier, à jaser, et à s'entrainer à faire des équilibres sur les mains.

On s'était donné rendez-vous lundi ; pour mon avant-dernier jour, il devait m'apprendre à surfer les vagues en boogie board. Je ne sais pas si j'étais si partante, mais chose certaine, je voulais au moins le voir une fois user de ses talents aquatiques, parce que des talents terrestres, il en déborde. Je ne me tanne jamais de le voir faire ses flips, ses backflips et ses pirouettes, dans le sable, sur les roches ou dans une vague...tout comme je ne me tanne jamais de regarder les surfers en général. Les humains qui sont connectés et habiles avec leur corps m'ont toujours fascinés, comme c'est le cas dans le monde de la danse, du cirque...et maintenant j'ajoute le surf à la liste.

Lundi donc...je l'espérais. Il n'est pas apparu. Mardi, je l'espérais encore. Toujours pas de Manolo. J'étais un peu inquiète, mais je me suis juste rappelée qu'on est au Mexique et qu'un million de choses peuvent faire changer les plans. Tant pis, je le saluerai l'an prochain!

Et c'est ce matin, en entendant sa moto arriver, que j'ai reçu un beau cadeau de départ : son précieux sourire et sa présence. Dimanche, il a eu un accident. Il a glissé dans une courbe. S'il avait été seul, aucun doute qu'avec ses supers réflexes de chat, qu'il serait retombé sur ses pattes sans égratignures. Mais comme c'est un gentlemen bien alerte, il a voulu protéger sa copine assise derrière lui en l'agrippant avec son bras, recevant ainsi tout le choc de la chute avec sa poitrine. Somme toute, il n'a rien de cassé. Son amie non plus, mais elle a laissé un peu de peau sur son passage et requiert des soins plus rigoureux. Il veille donc sur elle à l'hôpital depuis...

Ce matin, il a combattu la douleur de sa poitrine et il a fait la route depuis l'hôpital de Huatulco pour venir me saluer et retourner ensuite au chevet de son amie. Dire qu'il avait pensé venir me saluer à l'aeroport après son travail, jamais on aurait pensé être dans la même ville...pour des raisons aussi différentes. J'étais donc remplie de reconnaissance pour ce moment. Pas que j'étais contente de le voir dans cet état, mais ça me rend toujours un peu triste de ne pas pouvoir prendre le temps de dire au revoir à quelqu'un avec qui j'ai grandi. Parce que oui, j'ai grandi, avec toutes les histoires qu'il m'a confiées dans les derniers jours. Je me sens toujours privilégiée quand quelqu'un m'ouvre une fenêtre aussi intime sur sa vie, ses expériences, ses défis. Pour moi c'est ça le sens de la vie : partager et apprendre à se connaître, à se reconnaître.

Merci Manolo!

J'ai donc pu continuer ma journée plus que remplie, avec une sensation de gratitude et de légerté. Bien que la chaleur d'avril se fait sentir, le vent des derniers jours m'a aidé de profiter du soleil du matin sur la plage. Ce matin, les vagues étaient parfaites dans leur amplitude. Elles étaient rafraîchissantes, presque froides...pour ici! J'ai marché, chanté, dansé. J'ai absorbée tout ce que je pouvais du moment.

Merci la mer! Merci la plage!

J'avais ensuite rendez-vous avec mon amie Emma pour un dernier café. Ce fut un court moment, mais rempli d'amour. Je suis si fière du chemin qu'elle a parcouru en un an. Nous nous supportons beaucoup dans ce que nous vivons en tant qu'étrangères se faisant une place dans le village. Comme elle traverse une passe plus difficile, j'aurais vraiment aimé continuer d'être là pour elle. Je me suis retenue pour ne pas laisser couler le flow de mes émotions, mais j'ai tout de même quitté rapido, sans saluer les gens du café, sinon ça allait être plus que des yeux mouillés, déjà sur le point de déborder.

Merci Emma! (Je t'aime!)

Direction studio de yoga pour dîner avec mes super collègues et amies. Un moment de filles drôle, touchant, et rafraichissant.

Merci Brigitte!
Merci Sharon!
Merci Daniela! (I love youuuuuu!)

Dernière saucette à la mer pour la dernière marche, la dernière course, les dernières acrobaties...la dernière danse...

Merci musique! (Je vous ferai une liste plus précise tantôt!)

Dernière montée vers la maison. Dernières touches de peinture. Dernière douche.

Merci maison! Merci Pablo!

Et Hop dans le taxi!!

Une sortie digne d'une diva version "güerra au Mexique", la moitié du corps sorti par la fenêtre, je criais des "adios" à un, des "nos vemos en diciembre" à d'autres, que je n'avais pas eu la chance de croiser dans la journée. Le taxi s'est même arrêté en plein milieu de la rue pour que je puisse faire un câlin à une.

Une fois sur la route, puisque je commence à connaître les aires, je me suis permis de vivre l'expérience de me mettre de la musique dans les oreilles, dans le tapis! Toujours la fenêtre ouverte, j'ai profité des derniers rayons de soleil, en sortant parfois la main, parfois le bras, et d'autres fois, la face au complet. J'ai tellement goûté à chaque derniers instants, que je n'avais pas pris le moment de penser. Là, j'avais une heure. Une heure pour faire défiler des images, des émotions, des appréhensions. Je n'ai pas pu retenir mon flow cette fois-ci, j'avais 90km/h de vent pour sécher mes joues.

Ça a beau faire la 5e fois que je repars de là, j'ai encore le coeur qui vire "dessour". Un 2e flow s'est déversé en décollant, mais cette fois, c'était mon chandail et mon foulard qui absorbaient le petit déluge. L'arrivée de nuit à Mexico city m'a rempli de magie à nouveau, c'est vraiment impressionnant comme patente! Maintenant, j'attends mon vol pour New York, avant de rentrer à Montréal. Je sens déjà ma peau qui manque d'humidité et de chaleur (je suis déjà plus sec qu'un raison sec!), mais mon coeur lui, ne manque de rien ; il a fait le plein pendant 3 beaux mois et demi.

Merci Mexico!! I love youuuuuuuu!!!

Merci la vie!!

"My heart is beating like a drum!!!"

Merci The Cat Empire pour ta vivifiante musique qui m'a fait danser et chanter sur la plage avec le sourire, particulièrement la pièce "Like a Drum"

Merci Milk & Bone pour ton album entier, et particulièrement la pièce "Pressure".

Merci "Mappemonde" des Soeurs Boulay, je l'ai écouté en boucle pendant plusieurs semaines.

Merci à Xavier Rudd pour tes vibrations profondes, particulièrement à la pièce "Spirit Bird" qui me permet toujours de faire sortir beaucoup d'émotions.

Merci Medicine for the People, c'est encore un groupe que je considère médecine pour l'âme, précisément la pièce "Aloha ke Akua (piano version), qui, peu importe le moment, me rappelle de goûter chaque instant.

Comme j'allais vous envoyer cette publication, toujours en provenance de l'aéroport de Mexico, il m'est arrivé une belle coïncidence que je ne peux m'empêcher de rajouter.

Je me suis levée pour aller vérifier la porte de mon vol et j'ai croisé George. George, c'est un mexicain que j'ai connu en novembre 2015, dans un lift entre Montréal et Victo. Je venais à peine de prendre la décision que j'allais officiellement passer mon premier hiver complet à San Agustinillo. Cette fois-là, je m'étais retrouvée avec 4 personnes sur 6 dans la mini-van qui s'en allait/retournait au Mexique dans le prochain mois. C'était un heureux hasard qui s'est un peu prolongé aujourd'hui.

D'ici quelques heures, je serai de retour dans le "cold and slushy" Montréal.

Mais comme on m'a dit que je faisais maintenant partie des meubles de San Agustinillo, ça ne m'inquiète pas trop de rentrer.

À très bientôt!

"Et si on prenait nos bagages, et qu'on entrait dans nos souliers, le coeur se saurait en voyage"
(Merci à Fred Pellerin - Au commencement du monde)

mardi 21 mars 2017

Las compras de Pochutla

Souvent quand j'arrête d'écrire pendant un bout, je viens à penser que c'est parce que je n'ai rien à dire. Et pourtant, quand je m'y remets ensuite, je suis prise dans un tourbillon d'histoires, qui me demande faire tout un casse-tête pour trouver une façon que ça ne soit pas trop un bordel à suivre.

La publication précédente, j'ai mis 5 séances de travail sur 2 jours pour la terminer. La 1ère, c'était entre 7h du matin et 9h chez moi, passant de mon lit à mon hamac. J'ai pris une pause pour descendre au village. La 2e, c'était au resto, avec un café. J'ai pris une pause pour déjeuner. La 3e, c'était après le déjeuner. J'ai pris une pause pour entretenir ma vie sociale avec une amie qui passait. La 4e, c'était après son départ. J'ai pris une pause parce que la pile de mon téléphone me l'imposait. J'ai horreur de ne pas terminer une histoire quand je la commence ; quand ça arrive, elle reste dormante dans mes notes...et j'en ai déjà quelques unes comme ça! J'ai quand même pris le reste de la journée off parce que j'étais rendue là ; il vient un moment où le cerveau est un vrai bouilli et ne veut plus coopérer à rendre les choses fluides...et aussi un moment où c'est le temps d'aller à la plage.

Bref, cette dernière publication m'a donné envie de battre le fer pendant qu'il est chaud. Et hier, c'était chaud! Je suis allée à Pochutla avec mon amie québécoise Manon. On avait toutes les deux des choses à faire chacune de notre côté. J'y étais allée la semaine dernière pour "magasiner" des articles pour la maison et cette semaine, pour les acheter. Ceux qui me connaissent bien savent que, soit j'achète sur un grand coup de tête (que je regrette souvent après coup) ou soit je regarde TOUTES les options possibles avant de faire un choix. J'ai opté pour la 2e méthode, qui n'est évidemment pas la plus douce quand les magasins sont à 1h de transport collectif. Qui dit Pochutla les lundis, dit marché hebdomadaire avec des centaines de kiosques de toutes sortes d'affaires, passant des fruits, au café, aux chapulines (sauterelles), aux gougounes, aux rallonges électriques, aux brosses à dents, aux pièces de "blender", aux meubles, aux outils, aux bobettes...alouette!

Bref, c'est un bain de foule fascinant, mais chaotique, rempli de vendeurs aux techniques de marketing des plus efficaces, du genre :

"Hay (qui se prononce a-i) Aguaaaaa!! Hay agua de sandia, de jamaica, de melon, de naranja. Hay aguaaaaaa!!!" (Et ce, crié, rapidement, et répété toutes les...2 secondes...!)

Ou une autre technique du genre :

"Guerra! Que te llevas? Guerra?...Guerra!" (Traduction libre sur un ton plus sec que l'autre de la agua) : "Hey la blanche, qu'est-ce que tu te ramènes? Envoye, come on la blanche! Achète-moi quelque chose!)

Ouf!
C'est toujours une...expérience! Mais pour quelqu'un qui aime prendre son temps, fouiner et magasiner...c'est un peu étourdissant, voir même stressant! Quand j'y étais allée la semaine dernière, j'étais remplie d'ambition d'acheter plein de cossins pour la maison. Mais, comme souvent quand je vais à Pochutla, je repars les mains presque vides en me disant que c'est épuisant trainer le stock dans le collectivo et que de toute façon, je peux tout trouver (presque!) au village...pour quelques pesos de plus évidemment.

C'était la 4e fois cette année que j'y allais et je dois avouer que je commence à y reprendre plaisir en le vivant différemment. Avant, j'arrivais, je me débarrassais de tout ce que j'avais à faire et je rentrais chez moi au plus...vite. Maintenant, j'apprends à en profiter. Je prends le temps d'aller boire un café entre 2 achats, de manger "una orden (ou deux!) de tacos" assise sur un petit tabouret de plastique cassé autour du stand ambulant en pleine rue principale quand j'ai faim, de m'acheter una "Agua" à la personne qui criait tantôt quand je finis par avoir soif.

Prendre le temps de passer du "vrai" temps dans Pochutla me permet d'être plus relaxe et d'avoir du fun à faire mes achats. Quand je suis fatiguée et écoeurée, ça finit souvent par : "F**k off! Ça m'tente pas de gosser! Je m'en r'tourne à la plage! Ya!", particulièrement quand c'est pour des choses que je ne suis pas habituée d'acheter et que je ne sais pas trop comment ça marche.

Mais, hier, parce que j'avais la bedaine pleine et le système nerveux plus reposé, j'ai pu acheter des choses moins habituelles, avec le sourire!

La première, ça a été du tissus. C'était un peu long et un peu compliqué comme processus : tu dois demander à un gars pour qu'il coupe ton tissus, qui lui te donne le papier pour que tu passes au gars de la caisse pour payer, qui lui t'envoie au gars du comptoir pour recevoir ton tissus, qui lui revérifie si le premier gars a bien fait sa job (et qui ne manque pas d'user de son statut hiérarchique pour lui faire sentir comme une merde s'il a donné 7cm de trop sur 5m).

En sortant, j'ai vu des beaux rubans, vendus au mètre, qui feraient plaisir à mes amies qui m'ont demandé de leur faire un bijoux de cheveux comme le mien avant de partir. Processus compliqué, prise 2...qui valait la peine : 3 pesos pour 6 mètres (0,19$ peut-être?).

Prochain achat "nouveau" : des clous! Ici, les quincailleries sont loin de ressembler à Réno Dépôt! Principalement, c'est un comptoir où tu demandes ce que tu as besoin, même pour une ampoule ou du tape électrique. Je demande donc comment ça marche pour acheter des clous. Il me pointe une étagère où il y a environ 6 grosseurs de clous...vendus en vrac, au poids.
Mmm...Bon...ok...
Je m'approche et je prends un p'tite poignée de clous. Un peu gênée par l'absurdité de la situation, je demande au monsieur où je dois les mettre. Il me pointe l'énorme balance. J'éclate de rire, du genre "méchante belle touriste Elise avec ta 20aine de clous"! Je les dépose...doublement gênée. Il les met dans un petit sac et me dit, avec un ton d'impuissance, de demander à la caissière combien ça coûtait. J'avais presque compris qu'il me les donnait...mais au final, c'était tout comme :

"...eee...1 peso" qu'elle me dit.

C'était sans aucun doute la première fois qu'ils vendaient assez peu de clous pour que même la balance s'en balance!

Le dernier achat peu commun : du boeuf haché. La seule fois que j'ai eu à acheter de la viande ici, c'était pour faire un pâté chinois à mon ami l'an dernier et c'est sa belle-soeur qui s'en était chargé. Je passe donc dans la section "viande" (suspendue) au marché, à la recherche du comptoir le plus inspirant. Un des vendeur me dit quand je passe devant: "Que te llevas guerra?"

Son comptoir était top clean, son chandail blanc était blanc et il était sympathique. J'ai décidé qu'il méritait mon achat :

"1 kilo de carne molida por favor".

Il me pointe la pièce de viande suspendue entre nous deux, avec une certaine attente d'approbation. Ce que j'ai fait...même si pendant une fraction de seconde, une partie de moi se dit qu'il est rendu 2h de l'après-midi et que le morceau poirotte là depuis le matin. Il m'assure qu'il va la nettoyer avant de la mouliner. Je ne comprends pas trop comment jusqu'à ce qu'il se mette à enlever au couteau le peu de gras visible. J'ai toujours pensé que le boeuf haché était un ramassis de toutes sortes d'affaires. En tous cas, pas dans ce cas-ci! La viande n'avait peut-être pas "l'air fraîche" comme nos standards nous enseignent, mais c'était bel et bien de la qualité! 150 pesos de viande (chaude!) en mains, prête à reconquérir...la route. Je suis rentrée avec Manon...et un giga panier rempli de missions accomplies. On a pris un taxi collectif (un peu plus simple et plus rapide), se partageant chacune une fesse sur le siège avant.

Ce fut une de mes plus belles journées passées à Pochutla.

La viande, c'était encore pour faire un pâté chinois. Depuis que je suis arrivée que je me suis engagée à en refaire un à mon ami. Ici, ça passe très bien, mieux que la poutine! C'est en fait une variation sur le même thème que de ce qu'ils connaissent...patates, maïs et viande... Toujours un peu bizarre par contre de les voir manger ça avec de la sauce forte et...des tortillas! Le chum de Manon tripe là-dessus aussi et ça l'air que c'est moi qui fait le meilleur. Je soupçonne la réussite grâce à mon lègue génétique de faire des bonnes patates pilées. Bref, c'est fait : j'ai mangé mon pâté chinois de l'année! Je peux passer à autre chose!

Le printemps se faire sentir ici aussi, il fait chauuuuud!!! Vivement ma grande terrasse aérée à l'ombre et les vagues rafraichissantes de la mer!

Bon équinoxe de mars!!

lundi 20 mars 2017

Mieux partir...pour mieux revenir...

C'est toujours un peu inconfortable d'acheter un billet de retour. C'est souvent une petite bataille entre :
"Je ne peux pas croire que je suis rendue là", "Je ne me sens pas si prête à partir" et "Il faudra bien rentrer un jour de toute façon".

L'an dernier, je m'étais juré de ne pas rentrer avant avril parce que mars c'est encore trop tôt. Ici tout le monde me dit :
- Oui, mais mars, c'est le printemps non!?
-Oui...mais non! Dans le calendrier oui...dans la nature c'est rarement le cas.

Vous savez de quoi je parle...avec LA tempête de l'hiver que vous avez eu mardi. C'était LE sujet du jour...même ici au restaurant! Malgré la période tranquille et la plage plutôt déserte, il y a encore beaucoup (trop?!) de québécois. J'ai reçu des messages et des photos de vous qui pensiez à moi...merci c'était très touchant (hihi!).

J'adore la neige!! Oh oui!! Je vous jure que j'adore la neige...surtout quand je n'ai pas d'obligations envers elle...du genre déneiger et conduire l'auto! Je me serais bien téléportée au Québec le temps de me pitcher dans un banc de neige, de faire de la raquette, de descendre un piste de poudreuse en snowboard, de dessiner un géant mandala sur la rivière et de m'asseoir en combines sur le bord d'un poêle à bois.

Mais cette journée-là de tempête, je n'ai pas eu le courage d'ouvrir facebook plus que 10 secondes. Une fuite peut-être...mais c'était surtout "just too much" sur un seul et même sujet. Et comme je ne suis pas fan des discussions sur la pluie et le beau temps, j'ai préféré profiter des moments ici (pas pour vous écoeurer là)...avec la plage, la chaleur et la mer...

Avril donc, c'est le mois que j'avais projeté pour rentrer. C'est le mois où le contrat de sous-location de mon cocon au Québec se termine, et payer 2 loyers en même temps ne faisait pas parti de mon plan, ni logique, ni monétaire (après tout, depuis décembre que je me gâte ici!).

Avril, c'est aussi le mois de la "semana santa" (semaine sainte). Les mexicains viennent à la plage profiter de leurs vacances...et c'est loin d'être sain! C'est plutôt la folie...c'est plutôt bof!

Alors que je commençais à penser que peut-être il serait temps de regarder une date de retour, j'ai vu passer l'annonce d'un festival de salsa organisé par mes profs du Québec...le 1er avril. Moi qui voulais rentrer en avril...il faut toujours faire attention à ce qu'on demande, non? J'aimais bien i'idée de revenir pour danser dans un festival en compagnie de mes précieux amis de salsa, mais ça impliquait que je rentre AVANT avril. Je n'étais pas encore convaincue...

Mais il vient un moment où les événements parlent. Cette fois-ci, ils m'ont chuchoté, que parfois, il vaut "mieux partir", pour "mieux revenir".

Je vous en ai déjà parlé ; ici, je me sens chez moi..."home"...

La première fois que je suis passée sur cette partie de la côte, j'ai senti que j'avais trouvé "ma" place. Cette année, ce sentiment est plus fort que jamais. Ici, je peux plonger, nager et baigner dans ma créativité, mes émotions et mes passions. J'ai trouvé une place, même deux, où je peux offrir autant que je peux recevoir. Tout ça contribue à nourrir mon sentiment d'accomplissement ; un besoin essentiel à mon bonheur.

Une des places qui me fait sentir à "ma" place, s'appelle "Casa de Pablo". Pablo c'est le propriétaire de la maison où j'habite. Je l'ai rencontré ici l'hiver dernier quand il était de passage pour des vacances dans sa maison. Quand il est parti, je lui ai proposé de recevoir les futurs voyageurs qui parlaient anglais pour faciliter la communication. C'est là que je suis tombée en amour avec le principe de AirBnB : j'aime tellement prendre soins des espaces de vie et de ses occupants, que ça me donnait envie d'en faire plus.

Par un heureux hasard (mais puisqu'il n'y a pas de hasard, mais que des rendez-vous), disons plutôt...
par un heureux rendez-vous, quand j'ai contacté Pablo en novembre pour louer la maison, elle était toujours disponible. J'ai donc loué l'appartement du haut un mois avec mon amie Marie-Pierre, tout en ayant la chance de jouer à l'hôte avec les locataires de l'appartement du bas.

Je suis ensuite déménagée dans mon hôtel fournie pour la durée de mon contrat de travail. J'aurais pu y rester plus longtemps, mais la vie tranquille de la maison retirée en montagne me manquait. Encore un beau hasard/rendez-vous : l'appartement du haut était loué, mais celui du bas était disponible.

Après avoir ouvert toutes (il y en a plusieurs!) les fenêtres, déplacé quelques trucs et installé une branche pour suspendre mes vêtements, c'est devenu "chez moi". Un beau cocon qui me ressemble. Petit, simple et coloré... À ma grande surprise, je m'y sens encore mieux qu'en haut! J'ai moins de vue, mais autant d'air, sinon plus, et j'ai une terrasse immense qui me sert de salle à manger, de salon, d'atelier, de salle de yoga...

Cette maison m'a donné l'élan de me remettre à une de mes grandes passions : observer l'espace, le réfléchir. Trouver des façons simples de l'organiser, de l'aménager, pour le rendre plus cute, plus fonctionnel et plus confortable.

Ça fait quelques années que je cherche un moyen d'en faire mon travail, mais comme le "homestaging "n'est pas populaire au Québec, je pense avoir trouvé une solution ici :
j'ai proposé à Pablo de m'occuper de quelques trucs, ce qu'il a accepté en m'accordant toute sa confiance. J'ai ressorti la peinture restante de mon projet de murale de l'an dernier et je me suis amusée à mettre un peu d'amour ici et là.

Au fil des messages que nous avons partagés, Pablo est devenu un ami. Je me sens très choyée de cet échange ; habiter et s'occuper de la maison de la personne qui l'a construite et qui rêve d'y vivre, c'est une opportunité très nourrissante.

Le comble? C'est que je peux continuer à jouer à l'hôte en m'occupant des locataires d'en haut. La dernière famille qui est venue a d'ailleurs été très inspirante. Des ontariens fort sympathiques, relaxes, intéressants et intéressés. J'ai même pu pratiquer mes techniques de maquillage sur le visage de la petite Avielle, la plus cute, tranquille et adorable des enfants. Maintenant qu'ils sont partis, je m'ennuie un peu de leur présence, particulièrement la nuit, où un simple craquement de branche me met parfois en mode "sur mes gardes".

J'ai tellement d'idées, de projets et de motivation pour cette maison, que je commençais à sentir qu'avril viendrait beaucoup trop vite et que je manquerais de temps pour tout faire.

Comme la vie fait bien les choses, un matin, tout s'est éclairci.

Je suis descendue à mon resto préféré. Préféré à cause des tables qui sont sur la plage (et donc mes pieds dans le sable), à cause des beaux souvenirs que ce lieu commence à emmagasiner, mais aussi à cause du café, des cocktails....et...du wifi.

Je me suis donc mise à écrire à Pablo : j'avais envie de lui proposer mon aide pour gérer le site AirBnB de la maison. Chose qu'il a acceptée et qui m'a vraiment fait plaisir. C'est tellement satisfaisant de savoir qu'on aide quelqu'un en faisant quelque chose qu'on aime par dessus le marché! Ça commençait bien la journée!

Ensuite, je suis montée au studio de yoga pour voir Brigitte : j'avais une offre à lui faire suite à mon expérience d'assistante, que j'ai a-do-rée!

Bien sûr, comme toute première fois, je n'étais pas toujours tout à fait comme un poisson dans l'eau. J'ai rencontré certaines de mes limites (du moment), particulièrement quand est venu le temps de jouer à la traductrice...parce que oui, j'ai dû le voir comme un jeu pour éviter de me juger dans ce qui n'était pas le plus fluide, le plus confortable, ni le plus réussie de ma vie. Mais j'ai aussi rencontré mes forces ; j'ai acquis une quantité, mais surtout une qualité d'informations au cours de mes formations et je prends un réel plaisir à les partager.

(Merci spécialement à Hervé Blondon de Satyam Yoga à Montréal pour les enseignement qu'il m'a transmis. Il m'ont permis de me sentir plus solide et de créer un climat de confiance autour de moi).

Les élèves l'ont apprécié. Brigitte aussi. Au point de me demander de l'assister dans la retraite qui suivait immédiatement la formation...ce que j'ai accepté sur le champs! Elle m'a aussi lancé l'idée de donner des cours à l'horaire régulier de la prochaine saison, chose que je n'ai pas refusée ni acceptée, étant donné que je n'avais toujours pas de plan pour l'hiver prochain.

Ce matin-là donc, je me sentais prête à lui proposer de l'aider à enseigner dans une future formation de prof, considérant que j'ai les connaissances, les aptitudes et la motivation nécessaires pour le faire.

Avant même que je prononce un mot, elle me dit (en anglais ou en espagnol...je ne sais plus! Il vient un temps où toutes les langues deviennent la même...) :

- "J'aimerais que tu me dises si tu veux officiellement donner des cours l'hiver prochain. Aussi, j'aimerais savoir si tu peux m'assister à la prochaine formation de février. "

- ... (moment de silence dans mon coeur)

Une pierre, deux coups.
Touché, coulé.

J'ai évidemment accepté, en plus de lui parler de ma proposition. Je ne sais pas si je serai vraiment prof dans la formation de profs, mais au moins, ma flèche est lancée. Le temps me dira si elle passe au travers des réflexions de Brigitte pour atteindre la cible de ses besoins. Chose certaine, me voici, de nouveau, avec un plan pour le prochain hiver, dans ce lieu de ressourcement, que je considère le refuge de mon âme.

J'ai toujours rêvé de passer plusieurs mois sur le bord de la mer et depuis que j'ai fait ma formation de prof ici, je m'imaginais y revenir pour travailler. Parfois ce qu'on désir nous crée des attentes, et qui dit attentes, dit souvent déceptions. Pas dans ce cas-ci! Au contraire... Peut-être parce que cette vision était crée par les yeux de mon coeur...et ce qui vient réellement du coeur ne vient pas avec des attentes (?).

J'arrive à peine à croire que ça se passe.

Il y a de ces choses qui viennent à nous, parfois qui sont au delà de nos attentes, au delà de nos demandes, et qui confirment que nous sommes à la bonne place.

Je peux affirmer aujourd'hui que, en plus de "ma" maison, j'ai aussi trouvé ma famille ici, celle de Solstice Yoga.

Gratitude.

Donc, si tout continue dans la même direction, en plus d'avoir du travail l'hiver prochain, je pourrai continuer de m'occuper de la maison de Pablo et de ses visiteurs.

Cette journée-là, j'ai senti que je pouvais partir...pour mieux revenir...

J'ai acheté mon billet de retour le jour suivant.

Je rentre donc le 30 mars au Québec...mais Chuuuut!!
Ne le dites pas à ma gang de salsa, c'est une surprise...

P.S. Il semble que le doux soleil du printemps est finalement bel et bien arrivé avec la date sur le calendrier. Je suis bien heureuse pour vous! Et si ce n'était pas qu'il me reste moins de 2 semaines ici, je me permettrais presque d'être jalouse, c'est un feeling incroyable de vivre la fin de l'hibernation. Mais connaissant Dame Nature, elle risque de garder des surprises pour mon retour...

lundi 6 mars 2017

Welcome Home!

Vendredi, en milieu d'après-midi, je suis descendue au village pour publier le billet de blogue que j'avais mis plus que la matinée à pitonner. Chaque fois, c'est un moment particulier de peser sur "envoyer". Plus souvent qu'autrement, après avoir manié tant d'idées et de mots sur plusieurs heures, c'est un sentiment de satisfaction qui m'habite. Parfois, c'est aussi un sentiment d'inconfort. Même si je le fais plus que tout pour moi, il reste que partager publiquement un bout de mes pensées me place dans une certaine position de vulnérabilité ; l'humain est conditionné à juger selon le critère "j'aime" ou "j'aime pas". Et, on ne se le cachera pas, il cherche à...
Eeeee non, je me reprends...(technique de meilleure communication oblige) : MOI je cherche à, entre autre...m'exprimer librement sur ce que je suis, sur comment je me sens.

Toujours est-il, qu'après voir publié sur mon blog, je vois dans ma boîte de courriels, une invitation qui date du matin, à me joindre à des amis de Victo dans une ville à 1h30 d'ici, pour une soirée qui s'annonçait super.

Ma voix d'instinct (voix #1) me dit :
"Yeahhhh vamos!!"

L'autre petite voix, elle (voix#2), celle de l'insécure-perfectionniste que j'ai déjà été (et que je suis encore par moments), n'a pas perdu de temps pour rouspéter :
"Ouin...mais tu viens d'arriver à la plage et ton plan s'était de te baigner...

Et s'ensuit le dialogue entre les deux :

Voix #1 :
Tu ne mourras pas si tu manques la plage...pour 1 journée! Et c'est pas comme si tu n'en avais pas profité depuis décembre...et qu'il ne te restait pas encore plusieurs semaines ici. En plus, les vagues sont encore gigantesques aujourd'hui, tu n'auras même pas tant de fun!" Et là-bas aussi il y a la mer!! Pfff!

Voix #2 : Il est déjà un peu tard...
Voix #1 : Euh...il est juste 15h!!

Voix #2 : D'habitude tu préfères te déplacer le matin.
Voix #1 : JUSTEMENT, t'es ici pour travailler à briser les habitudes...

Voix #2 : Tes bagages ne sont pas fait...
Voix #1 : Quels bagages?! T'as besoin d'un bikini, ta brosse à dents et des bobettes!

Voix #2 : Ah oui pis, pis t'avais prévu assister aux shows de cirque ici le soir.
Voix #1 : PRÉVU...c'est justement un mot que tu dois apprendre à utiliser avec parcimonie. Il faut bien sauter dans le bateau quand il passe...

Voix #2 : ...

Voix #1 : Gna gna! 5-0 pour moi! VAAMONOSS!!

Je sais, c'était un beaucoup trop long dialogue, voir même monologue, pour rien, mais je travaille fort à réduire l'espace disponible pour la parfois-trop-fameuse voix #2.

Bref, une heure plus tard, j'étais douchée, "coquettée". J'avais bien barricadé mon appartement contre les voleurs et les bestioles qui auraient voulues explorer mon refuge en constatant mon absence prolongée (surtout qu'en sortant mon sac j'ai vu la plus grosse des araignées de ma petite vie d'aventureuse...que vous savez, n'est rien comparée à un safari en Afrique ou du camping en pleine jungle (je vous épargne l'histoire avec l'araignée...vous me connaissez un peu, vous pouvez vous imaginez un scénario...). J'avais aussi géré le départ du locataire d'en haut que j'aurais normalement fait le lendemain, mon (mini)sac était fait et j'avais les fesses dans la boîte de pick-up, prête pour l'aventure...

Wouhouu....grosse aventure je sais!! C'est juste à 1h30 d'ici et c'est une ville où je suis déjà allée sporadiquement dans le passé, mais l'excitation de sortir de mon petit patelin (et de ma grosse, parfois trop grosse, bulle), et d'aller voir des amis était bel et bien là!

C'était tellement satisfaisant de partir avec presque rien (encore moins que d'habitude) et une idée plutôt vague d'où je m'en allais, sans même ressentir une seule pointe d'insécurité. C'est beau (et nécessaire!) de sortir de sa zone de confort de temps à autre, mais c'est aussi super intéressant de pouvoir surfer sur du "juste un peu connu". C'est juste assez pour avoir besoin d'entrer en contact avec quelqu'un dans la rue pour demander son chemin, et pas trop pour être chargée d'un stress qui empêche parfois d'apprécier la magie du moment.

J'ai passé 3 belles journées super bien entourée. J'ai rencontré des beaux jeunes bénévoles à l'auberge. J'ai découvert (et redécouvert) des plages. J'ai marché dans des quartiers qui longent la mer ; des baraques de riches protégées par du barbelée, qui donnent des frissons tellement pour moi ça ressemblent à des prisons. J'ai mangé de l'excellente bouffe de France, d'Italie et du Moyen Orient. J'ai même retrouvé "LA" place avec le meilleur gelato au monde que j'avais goûté il y a 7 ans (comme quoi les souvenirs trafiquent parfois la réalité...ou les choses changent tout simplement...parce que c'était vraiment un excellent gelato, mais je ne suis pas tombée par terre comme dans ce que je me souvenais). J'ai vu de la bonne musique live, dont le chanteur du groupe se (nous) gâtait par son attitude, sa voix, ses "moves"...en bedaine (mais surtout, en "pas-de-bedaine!). J'ai replongé dans les joies de marcher dans les rues d'une "ville", avec toute sa splendeur 100% mexicaine. J'ai vu le plus beau coucher de soleil (soleil de couche comme a si bien traduit notre ami anglophone Joseph) depuis plusieurs semaines. J'ai vécu un des plus sweet matin à boire un café sur une pointe surplombant la mer, à savourer la chaleur du soleil et la fraîcheur des éclaboussements des vagues sur les rochers, et à observer les arc-en-ciel formées par la brume au dessus de ces énormes et bruyants rouleaux blancs.

J'ai des amis motivés, inspirants et avec un très grand coeur et je suis choyée d'avoir vécue des précieux moments en leur compagnie.

Parce que toute bonne chose a une fin (qui disent!), je suis revenue, 3 jours plus tard. Avec beaucoup d'émotions, un peu de nostalgie et aussi d'excitation, je suis rentrée "chez moi", dans mon petit village tranquille qui inspire l'introspection.

Le coeur un peu gros, pour différentes raisons, je suis partie marcher sur la plage, avec l'intention de plonger dans cette Mer, cette mère, cette guérisseuse.

Presqu'au bout de la plage, une amie, anglophone, sort de l'eau, seins nus, en me disant :
"Oh my God!! I was just thinking about you!!".

Au même moment, une autre amie, chilienne, elle, apparait, flambette nue (vive la tranquilité du village en mars!) :
"Estuve pensando a ti en este momento!!"

Cette vague de "je pensais justement à toi" m'a fait plonger dans ma tristesse d'être partie, mais aussi dans ma joie d'être de retour, parmi ces femmes de coeur. Elles m'ont offert leur présence, tout simplement.

Une après l'autre, elle ont dû partir. Je pouvais et je devais rester. La dernière à quitter, l'anglophone, se retourna un peu plus loin, pour me crier avec toute son empathie :

"Welcome home!!"

J'ai re-pleuré.
De tristesse.
Mais aussi de joie.
Encore.

Tout est tellement relatif...

What is home?
Where is home?

They say : "Home is wherever your heart is"...

I agree...

Et oui, mon coeur est aussi au Québec. Salutations chaleureuses à vous, gens du pays, gens de mon pays, qui plongez de nouveau dans l'hiver. Patience, je ramènerai beaucoup de chaleur dans mes petits bagages.

vendredi 3 mars 2017

Un matin...ici...là où...

Un matin comme je les aime.
Un matin qui fait du bien.
Un matin qui me donne envie d'écrire.

Un matin qui me rappelle pourquoi je suis ici...
Parce que, oui, il m'arrive de l'oublier.

Hier, j'ai eu la chance de vivre la plus belle et unique cérémonie funéraire! Nous enterrions, sur la plage, une partie des cendres de la fille de Sharon, décédée subitement en septembre. Sharon femme (et prof de yoga) extraordinaire qui habite à Vancouver. Elle travaille avec Brigitte (et la BackMitra) depuis des années. Je l'ai connue à Montréal en 2014, lorsqu'elle m'avait contacté pour l'aider à parler, en français, de la BackMitra dans une convention de yoga thérapeutique. Je la comprends d'avoir voulu célébrer cette personne ici. C'était une cérémonie très intense, mais remplie d'offrandes, de douceur et d'espoir. Le genre de cérémonie que je nous souhaite tous quand nous quitterons ce monde physique.

Ici, tout est intense...

Autant il m'arrive de flotter, de voir clair, de me sentir complète et en confiance sur mon parcours.

Autant il m'arrive de nager dans l'incertitude et l'incompréhension et de plonger dans des parties plus sombres de ma personne.

J'en parlais avec Brigitte hier après la cérémonie. Voici ce qu'elle m'a répondu, elle qui vit ici plusieurs mois par année depuis plus de 20 ans :

"Elise, you know, here, there is darkness. But there is also light."

Quelques mots, qui m'ont beaucoup parlé...

Parce que oui, partout où il y a de la lumière, il y a de l'ombre.
Et d'une certaine façon, l'ombre, c'est aussi la lumière...

Au Québec, j'ai tendance à me sentir en cage, avec nos maisons, notre climat et nos habitudes de société. Quand j'ai visité le Mexique pour la première fois il y a 7 ans, j'ai compris que cette cage, elle est à l'intérieur, non pas à l'extérieur. Que ce n'est qu'une illusion et que j'ai le pouvoir de m'en libérer. Même si ce concept est devenu clair pour moi, j'aurai toujours besoin de me le rappeler, parce qu'un pattern, ça revient rapidement si on ne s'en occupe pas.

Et une des façons de me le rappeler, c'est de choisir de passer du temps ici.

Ici...
Là où il y a un je-ne-sais-quoi qui, au final, est à la fois guérisseur et énergisant.

Là où tout est brut et sans fla fla.

Là où les maisons n'ont peu, ou pas de mur.
Là où tu entends les écureuils ou les iguanes se promener sur le toit de feuilles de palmier.
Là où les cuisines ont 3 bols, 1 assiette, 2 verres, 1 fourchette, 4 cuillères et 6 couteaux...dont 1 qui coupe...si t'es chanceux!
Là où tu entends le bruit de tes casseroles suspendues la nuit parce qu'un chat est passé par là.
Là où tu ne peux taire le son de la mer (fiou!)...ni celui de la radio du voisin ou de la scie des travailleurs d'à côté.
Là où tu entends et tu vois toujours un oiseau quelque part, du plus mélodique chant, au plus gigantesque et épouvantable jacassement. Je me suis d'ailleurs surprise à maintenant être capable de reconnaître le cri des colibris. Cool, non? Ah oui...et vous pouvez me dire d'où ça sort que les coqs chantent juste au soleil levant?!
Ici...
Là où les fleurs sont, la plupart du temps, la seule chose restante sur les arbustes secs et dénudés, suite à plusieurs mois sans aucune goutte de pluie (comme quoi la beauté n'émerge pas juste dans l'abondance).
Là où quand tu as besoin d'eau potable, tu fais confiance à tes muscles et tu montes un 20 litres d'eau dans le sentier jusqu'à ta maison dans la montagne.
Là où tu as besoin d'une lampe de poche (ou d'un cell parce qu'on est en 2017!) pour rentrer chez toi quand ce n'est pas la pleine lune.
Là où parfois, un chien sauvage t'accueille chez toi en jappant et qu'à force de te connaître, t'accepte sur son territoire et devient ton protecteur...

Bref...
Ici...
Là où tu es exposé au monde extérieur, sans filtre et parfois même sans refuge.
Là où tu reçois tout...en plein visage.
Parfois les vagues,
Parfois les moustiques
Parfois les émotions...

Bien que ce ne soit toujours pas la fin de cette aventure, je sens que j'ai déjà surfé sur beaucoup d'émotions cette année. La mer est si différente depuis mon arrivée, elle m'aide à me rappeler que tout est un unique et perpétuel mouvement de changement.

Une des choses qui m'aide à entrer dans ce mouvement, c'est inévitablement, la musique.

Si mon matin a été si magique, c'est sans aucun doute grâce à la mer, oui, mais aussi grâce à la musique. J'adore aller au lever de soleil sur la plage avec mon iPod, le temps d'une marche et de quelques postures de yoga. Tant pis pour le silence et l'alignement parfait, le sable dans les yeux et dans la bouche...Il faut aussi se faire plaisir...

Et pour moi, le plaisir passe souvent par la musique.
De la bonne musique.

Mais qu'est-ce que de la bonne musique?

J'ai un ami qui m'a dit récemment :
"De la bonne musique, ça doit donner envie de baiser. "

Ça m'a fait sourire, parce qu'il n'a pas tout à fait tort. J'aurais envie de nuancer avec ma propre définition de "bonne" musique :

C'est celle qui vient me chercher dans les tripes.
C'est celle qui me fait danser.
Parfois avec mon corps.
Parfois avec mes idées.
Celle qui me connecte à mon être primaire...voir même primate...
Celle qui me rappelle que je suis en vie.

C'est quoi pour toi de la "bonne" musique? ;)

dimanche 12 février 2017

Le tiroir

Quand j'étais enfant...
Bon ok...j'ai peut-être encore un corps d'enfant, et souvent un coeur d'enfant, mais il fut une époque où j'avais aussi l'âge d'un enfant...

Et à cette époque, la concrétisation du phénomène abstrait de la mémoire passait par la visualisation de mon cerveau comme une série de tiroirs que je pouvais ouvrir et fermer comme bon me semblait, par le biais de mon si-spacieux front. Je ne sais pas à quel moment, mais il fut un temps le besoin de mimer l'action d'écrire sur un papier ce que je voulais me rappeler pour le mettre ensuite dans un de mes tiroirs a disparu. C'était une belle idée d'enfant, mais entre vous et moi, le phénomène de la mémoire est beaucoup plus complexe que quelques mots imaginairement écrits sur un papier. On ne choisit pas toujours ce qui entre dans ces tiroirs, pas plus que ce qui ressort. C'est peut-être pour cette raison que je prends autant plaisir à mettre des mots sur mes histoires...une façon de mettre certains moments, dans certains tiroirs.

Vendredi 10 février 2017...
Une journée que je mets dans celui des souvenirs spéciaux...muy muy muy spéciaux!! Le tiroir d'en haut complètement. Celui que peu ont le privilège d'y être rangés. ...

C'est la journée qui clôturait la formation à laquelle j'ai participé.

Cette journée a commencée comme tous les autres matins du mois (sauf les dimanches) :

5h25 : réveil et courte préparation, tel un brossage de dents et un choix de vêtements, assez simple étant donné le peu que j'ai ici!

5h29 : passage de mon hôtel au site de yoga de l'autre côté de la rue pour faire acte de présence durant la demie-heure qui est accordée pour prendre le thé et se décoller les yeux, en silence. Chaque matin était pareil, mais différent. Les élèves arrivaient peu à peu, doucement. Parfois seuls, parfois par deux ou trois, toujours en silence. Seul le bruit de leurs pas sur le gravier annonçait leur arrivée.

Ce matin là, du 10 février 2016, je me suis installée dehors. Bon ok, tout est dehors ici...mais par dehors, je veux dire, en dehors de l'énorme toit de feuilles de palmier qui protège la salle à manger. J'avais envie de voir la (pleine) lune! (Magie #1)

Déjà, je sentais que cette journée allait être spéciale. Normalement les gens s'éparpillent sur le site, ayant besoin de leur propre espace. Ce matin-là était différent. De la façon la plus fluide et naturelle du monde, peu à peu j'ai senti que les élèves se rapprochaient dans l'espace où je me trouvais. C'était palpable ; tous et chacun étaient habités par un sentiment de nostalgie, que nous tentions de réconforter avec la lune, avec une tasse de thé chaud entre les mains, mais aussi, avec la présence de nos collègues (devenus notre famille!) à nos côtés. Le besoin d'espace personnel était présent, oui, mais oh combien réduit ce matin-là! (Magie #2)

5h50 : Clochette.
Gustavo, l'autre assistant, s'occupe comme d'habitude de sonner la clochette pour nous inviter à monter dans la salle de yoga et nous installer sur les tapis, placés la veille par l'équipe d'élèves qui, en échange d'un prix réduit pour la formation, avaient quelques tâches quotidiennes à faire pour le centre.

Surprise! Les tapis sont disposés d'une façon totalement différente qu'à l'habitude. Au lieu d'être placés tout autour de la salle avec une extrémité pour Brigitte et l'autre pour Gustavo et moi, les tapis était tous dans la même direction et ceux en avant étaient réservés pour les profs et assistants. Au centre, une femme était installée avec ses bols de cristal.

6h00 : Méditation
Brigitte nous a guidés au travers de la puissance de la vibration des sons. Difficile d'avoir un plus beau dernier moment de méditation de groupe! (Magie #3)

7h00 : Séance de postures...la dernière.
Tout le reste du mois, je n'ai pas fait les postures, ou presque. J'étais debout, à me promener au travers des élèves, à les ajuster. Ce matin-là, je me suis gâtée, je suis restée sur mon tapis, à partager la pratique avec eux. J'ai pris quelques pauses pour prendre des photos. Ça m'a permis de voir avec un plus grand angle la beauté du moment, sous la lumière du soleil levant. (Magie #3)

8h30 : Vient le moment de fermer la séance. Jamais je n'oublierai cette image, ou plutôt la sensation de ce moment.
À ma gauche : Brigitte. La grande, l'adorable et humble Brigitte. Celle qui m'a remis mon premier diplôme de prof de yoga en 2011.
À sa gauche : Gustavo. Un collègue d'une sensibilité et d'une douceur hors du commun.
À ma droite : Susana. Une des profs avec qui j'ai commencé à faire du yoga, ici sur la costa chica du Mexique.

Et devant moi... : 25 personnes.
25 merveilleuses personnes d'un peu partout sur le globe (Chili, Honduras, Nicaragua, Colombie, France, Swiss, Allemagne, Hollande, Chine, États-Unis, et bien sûr Mexique)

25 humains...
25 beaux humains...avec chacun leur bagage, leur parcours et leurs défis.
25 humains qui se sont engagées dans un processus d'exploration personnelle à travers des enseignements, parfois physiques, parfois philosophiques, parfois même scientifiques.

25 humains...qui, au fil des semaines, se sont fait une place dans mon coeur, à chacun leur manière.

Tous, devant moi, devant nous.
Les mains jointes devant le coeur.
En signe de reconnaissance de nos différences et nos ressemblances.
Les yeux pétillants, pour la plupart larmoyants.
Remplis de gratitude.
Conscients de la richesse et de l'impermanence du moment.
(Magie #4)

S'ensuit plusieurs minutes d'applaudissements. À eux. À nous. À Brigitte surtout.
Des cris, des rires, des larmes.
Des accolades. Plusieurs accolades. Coeur contre coeur, un par un, nous nous sommes remerciés.
(Magie #...ça me me tente plus de compter rendu là, mais vous comprenez le principe!)

Vivre une formation intensive en groupe est une expérience puissante et transformatrice. Je sais ce que c'est, je l'ai vécu. Je ne remercierai jamais assez la Vie de la chance que j'ai eu de le vivre en 2011...et encore moins celle de l'avoir vécu de nouveau, à travers des yeux d'assistante cette fois-ci!

J'ai travaillé fort pour contenir mes émotions. Je sentais qu'en tant qu'assistante, j'avais besoin de rester le plus neutre possible. Évidemment j'étais remplie de joie et de nostalgie, mais ces émotions leurs appartenaient plus à eux qu'à moi ; ce n'était pas "ma" formation. Et somme toute, je suis fière d'avoir réussi à m'en détacher un peu!

Mais Ouf!!...la journée ne faisait que commencer!

Le déjeuner était festif, léger et remplis de complicité.

9h30 : Dernier cours de David McAmmond. Un Canadien (de l'Alberta) de plus de 70 ans, qui était aussi invité dans ma formation il y a 5 ans. Pour ceux qui trouvent que je raconte bien les histoires, je vous jure que je suis une crotte de nez à côté de lui! Un grand sage, possédant un savoir incalculable, mais surtout une personnalité des plus attachantes. Pour mes yogis québécois, je vais faire mon possible pour qu'on puisse le recevoir à Montréal avant qu'il ne puisse plus se déplacer aussi loin. Tout au long de la semaine, il nous a transmis ses connaissances techniques, historiques et philosophiques en lien avec le yoga, par le biais d'histoires tantôt drôles, tantôt mystiques, tantôt scientifiques. Rebelle dans l'âme, enfant dans le coeur, il nous a fait terminé la formation par différentes postures en équipe, parfois à deux, parfois en pyramides de 5 ou 8 personnes. J'ai eu la chance de faire une démo avec lui. Ce n'est pas tous les jours que je peux faire un handstand dans le dos David McAmmond et mettre mes pieds de chaque côté de sa tête pour qu'il se plie en 2 pour me soulever avec son dos et me déposer debout ensuite! Wouhouu!! Bon ok, ici un vidéo serait de mise, mais "no tengo"!

L'horaire de cette journée était un peu différente des autres pour la suite. Après le dîner, nous avions l'après-midi libre pour profiter de la playa (o cualquier cosa) et nous étions convoqués à 19h pour le souper et la fiesta de fermeture.

Les choses ont beaucoup évoluées en 5 ans! Nous avons eu droit à rien de moins qu'un spectacle privé, sur mesure, de la troupe réputée de Mermejita Circus. Heu...wow!! Vous connaissez mon amour pour le cirque...

Ensuite a eu lieu la remise des diplômes. Brigitte avait quelques mots pour chaque élève. Encore une fois de me tenir devant tout ce beau monde heureux et fier d'avoir accompli leu mission était un grand privilège.

Pour reprendre les mots de notre "querida maestra" Brigitte en remettant les diplômes aux élèves : "This world will be a better world, because there is now 25 more yoga teachers".

La suite...et bien c'était la fiesta! Les gens étaient si beaux, si heureux!! On a dansé, beaucoup dansé. J'ai été gâté : mon ami qui dansait la salsa est venu, j'en ai presque abusé (mes orteils me l'ont signalé le lendemain). On a fait du hula hoop, on s'est baigné, on a re-dansé. Mais par dessus tout, on s'est aimé.

C'était une fête parfaite quoi!!
Comme toute bonne chose a une fin, j'ai regagné mon lit aux petites heures...

...et j'ai refermé le tiroir...

L'immensité dans sa plus grande beauté

L'immensité dans sa plus grande beauté