jeudi 26 janvier 2017

Murciélago : chauve-souris

La bonne chose des péripéties en voyages, c'est qu'elles te forcent à apprendre du nouveau vocabulaire. Le mot que j'ai appris à traduire cette nuit, c'est chauve-souris.

Comme je me couche très tôt ces jours-ci (pour me lever aussi très tôt), il n'est pas rare que je me réveille à 1h du matin pensant que mon cadran va bientôt sonner. C'est toujours une satisfaction de voir l'heure et se constater qu'il me reste encore 4h de sommeil. La nuit dernière a été différente...

2h...Comme j'étais plutôt bien réveillée, je me botte le derrière et j'allume ma lampe de chevet pour aller aux toilettes et prendre une gorgée d'eau. En revenant dans ma chambre, je vois un gecko au plafond et ça me fait sourire.

J'adore les geckos.

Une des choses que j'aime beaucoup ici c'est le sentiment de vivre dehors. Un plancher, un toit, un lit, un moustiquaire, une douche, une toilette...ça me suffit! Même dans la maison que j'ai louée en décembre, j'ai préféré dormir dans le lit inconfortable, mais à l'étage sans mur avec vue sur la mer. Comme m'a dit le propriétaire : "oui, mais Elise, la nuit tu dors...on s'en fout de la vue!" Oui...et non! Juste de me réveiller avec les couleurs du lever de soleil, ça fait ma journée!

C'est fou combien 4 murs peuvent changer la donne! Tu sais, une mouche dehors, c'est un peu banal...mais une mouche dans une maison hermétique du Québec, c'est perturbant.

Same same but different here!

Quand je suis arrivée dans ma nouvelle chambre pour la formation, bien qu'elle soit plus luxueuse que ce que je suis habituée, j'ai su que j'allais trouver ça bizarre par moments.

Le gros point : pas de moustiquaire pour le lit puisqu'il y a un gros ventilateur au plafond. Vent = anti-moustique. Ok, fine! Mais on s'entend que pour éloigner les moustiques, ça ne prend pas juste une petite brise. Donc, il faut s'habituer au vacarme du ventilateur à pleine puissance, au détriment du son des vagues. J'ai pensé leur demander un mouatiquaire, mais l'air passe moins, donc plus chaud, donc besoin du ventilateur quand même. Les jours passent et je commence à m'ennuyer du petit cocon sécurisant du moustiquaire! C'est fou combien je me sens à l'abri de tout là-dedans!

Bien que j'aie une méga grande fenêtre/ouverture qui donne sur ma terrasse, j'ai le sentiment de vivre dans un espace plus clos qu'à l'habitude et c'est plus dérangeant de le partager avec des insectes (ou animaux!).

Alors, si je reviens au gecko, ça m'a fait bizarre de le voir pendant une fraction de seconde.

En me retournant vers mon lit, j'aperçois un motton noir au plafond. Je me rapproche, semi-curieuse...

Mmm...
c'est...
Mmmm...
Mmmmmerde!!!
Une chauve-souris perchée!!

Je la fixe...je me demande quoi faire. Mais quand est-ce qu'elle a bien pu entrer (pendant dans la nuit ou pendant mon escapade aux toilettes?)

Mais ça ne changeait rien au fait qu'elle était là...live...and alive!

Comme le ventilateur prend une bonne partie de la superficie du plafond, je crains un peu le moment qu'elle voudra partir, mais comme c'est hors de mon contrôle, je vois bien que la seule chose que je peux faire, c'est essayer de de rendormir.

Dans ma chambre il y a 2 lits simples que j'ai collés pour avoir plus d'espace et aussi pour être plus sous le ventilateur contre les moustiques.

En me couchant je me suis dit : je vais me mettre plus vers l'autre lit pour être protégée par le ventilateur au cas où...alors j'ai mis mon oreiller à côté de l'autre un peu plus bas... Je me suis couchée un peu en boule, j'ai fermé ma lampe de chevet et pour m'aider à m'endormir je me suis mise un film sur netflix. Advienne que pourra! Ironiquement mon film m'a tenu à moitié réveillée...mais heureusement!!

Ce que je craignais arriva...mais avec une finale inattendue : j'ai entendu un petit pouk (au plafond) et poum (près de moi...sur le lit!!)

Noonnn!! J'ose espérer que ce n'est pas ce que je pense!!!

J'allume la lumière...

En une fraction de seconde j'étais debout...à dire ark ark ark!!

Elle était là, sur l'oreiller voisine à la mienne...à 30 cm d'où se trouvait ma tête il y a 2 secondes!!

La chauve-souris a dû vouloir partir, s'est fait ramassée par une pale de ventilateur et a été projetée vers le lit.

J'ai regardé la chauve-souris pendant 2 min (elle ne bougeait plus!) me demandant quoi faire... Pas envie de gérer ça maintenant..mais pas pentoute!

D'la marde! J'ai pogné mon oreiller et je me suis réfugiée dans mon hamac dehors, à me faire bouffer par les moustiques et écrire ma péripétie...tant qu'à être réveillée! Ici je n'ai pas de ventilateur, mais au moins je n'ai pas de chance de recevoir une chauve-souris par la tête!

Déjà 5h, c'est l'heure d'aller travailler..et de réfléchir à ce que je vais faire de ma nouvelle coloc.

Ark.

dimanche 22 janvier 2017

Le cheveu sacré

Jusqu'à maintenant, j'adore mon expérience en tant qu'assistante! J'ai la sensation d'être en exploration et en expression de mon plein potentiel. Déjà une première semaine de passée! J'en reparlerai sans doute plus en détail prochainement, mais voici ce que j'ai à dire sur le sujet aujourd'hui :

Normalement je ne suis pas du type "piscine" quand il y a l'océan à quelques pas. Mais, comme il fait un vent de fou depuis 3 jours, comme rester sur la plage c'est un constant exfoliant au sable, comme je ne peux pas faire de hula hoop sans avoir l'air de me battre avec...ET...comme il y a une piscine déserte où je suis hébergée pour la formation, j'ai décidé de profiter de ce qui m'était offert (un fou d'une poche qu'ils disent?!). J'ai pogné un 2 minutes en réalisant, les fesses dans l'eau, une sangria à la main et la face dans le soleil, que c'est le plus beau des contrats de travail que j'ai eu jusqu'à maintenant! Ça fait longtemps que je rêvais de vivre quelque chose dans le genre...et bien voilà! Ça se passe!! C'est un peu fou être payée pour vivre cette expérience. Merci la vie!

Aujourd'hui dimanche, día de descanso (repos), le seul de la semaine. J'ai utilisé une partie de cette journée pour conclure le rituel du cheveu que j'ai reçu il y a quelques semaines de ça.

Un rituel du cheveu.
Oui oui!
C'est flyé, je sais, je l'assume.

Voici, en partie, l'histoire :

J'ai constaté encore cette année que mon chignon de cheveux longs mouillés me crée des tensions dans la nuque quand je fais du yoga. Quelques jours après mon arrivée, l'idée de faire couper mes cheveux faisait son chemin. C'est alors que je rencontre une femme qui offre un soins/rituel entourant la coupe des cheveux. C'est bien le genre d'expérience qui me parle quand je suis ici, d'autant plus que je ne suis pas une grande fan des salons de coiffure anyways! J'ai donc choisi de m'offrir cette expérience. Je garde les détails pour moi, mais en gros, c'était un travail de libération de vieux liens qui ne sont plus pertinents pour la suite des choses et c'est symbolisé au final par la coupe. En plus simple : c'est un travail sur le lâcher-prise.

À la fin de la séance, Vanessa m'a remis mes cheveux en me donnant la mission de créer la dernière partie du rituel moi-même. Je devais choisir la façon et le lieu dont j'avais envie de m'en départir. La scène me paru claire immédiatement et c'est aujourd'hui qu'elle s'est concrétisée.

Je ne cesserai jamais de dire que, malgré tout ce qui peut se passer, la vie fait bien les choses. Comme ce matin était ma seule journée de congé et qu'il faisait encore un vent de boeuf, le moment était plus qu'idéal pour faire une randonnée et faire virevolter mes boucles au dessus de l'océan, sans compter que je vis présentement une situation en lien avec le thème que j'ai traité lors du rituel.

La magie du Mexique s'est manifestée, encore une fois. J'ai eu la sensation d'être une petite fille qui faisait des bulles dans le vent au sommet d'une colline. La différence? C'est que j'ai 32 ans, que c'était des cheveux et que je me trouvais sur un bout de terre sacrée qui symbolise la maison de mon âme.

Ce moment m'a remis un lien avec un texte que j'ai mis en plan cet automne. Un texte sur le lâcher-prise, dont, ironiquement, j'ai une certaine résistance à publier. Je choisis donc, ici, maintenant, de lâcher-prise.

Le lâcher-prise.
Pas celui qui s'apparente à l'abandon,
Mais plutôt à son cousin, "s'abandon".
Parce que lâcher-prise, ce n'est pas abandonner, c'est s'abandonner.

S'abandonner, c'est faire confiance.
Faire confiance à la Vie.
Faire confiance à la voix qui nous habite et qui nous guide quand on sait de l'écouter.

Vous savez, la fameuse petite voix? Et bien pour savoir l'écouter, il faut lui permettre de s'exprimer.

Et pour s'exprimer, elle a besoin de disponibilité.
Pour être disponible, il faut créer de l'espace.
Pour créer de l'espace, il faut que ça respire.

(Tiens donc, je reconnais ici un des grands principes de design que j'ai tant étudier à l'université...comme quoi rien n'est jamais perdu!)

Respirer.
Une action qui semble banale et naturelle, mais pourtant très étudiée (du moins, en yoga!).
Trop souvent, le stress, la routine, la fatigue, la mauvaise posture (name it!) font en sorte que nous n'utilisons pas nos poumons (et nous-même) dans leur plein potentiel.

Avec un peu d'effort, mais surtout beaucoup de conscience, on peut arriver à assouplir la cage thoracique pour donner plus d'amplitude à notre respiration et mieux recevoir cet oxygène si précieux à notre vitalité. Ainsi, le mental arrive à se calmer et la clarté peut apparaitre.

Apprendre à respirer...cela demande de la patience.

La patience.
Celle qui permet de calmer l'envie de tout contrôler, tout de suite.
Celle qui permet d'accepter de ne pas tout savoir, ni de tout comprendre maintenant.
Celle qui permet de prendre le temps.
Celle qui permet de prendre du recul.
Celle qui permet de laisser la Vie faire son travail.

Apprendre à s'abandonner avec patience pour être en mesure de s'ouvrir et laisser les choses se produire demande un effort, certes, mais n'est-ce pas la base de tout ce que l'on peut s'offrir de mieux? Et si on apprenait à prendre le temps de mettre de l'air dans nos vies et pas juste dans nos poumons?

Un projet, une idée, une intention, une relation...
C'est comme un feu.
Et un feu sans air n'est pas un feu. C'est une flamme que l'on étouffe.

Le calme après la tempête...le vent semble s'être calmé. La plage m'attends, on se voit trop peu souvent maintenant...

mardi 10 janvier 2017

El telefono!!

Vous ne devinerez jamais quoi!? J'ai retrouvé mon téléphone...3 jours plus tard!!! Je dois encore me pincer pour y croire...

C'est vrai, vous ne connaissez pas l'histoire. Je ne vous l'avais pas racontée et ce, pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'en ayant perdu mon téléphone, je devais écrire sur un clavier d'ordinateur mexicain dans un local très peu charmant où il fait 1000 degrés et ça n'inspire pas les vraiment bons mots. La deuxième, c'est que je me sens dans un tourbillon de gens et d'activités et je manque de temps pour écrire. Oui, je suis d'accord, c'est absurde! Avoir une amie avec moi ici change l'expérience sur plusieurs niveaux. Je rencontre beaucoup plus de gens qu'à l'habitude. Il faut dire que Marie-Pierre, étant jolie, drôle, intelligente et très motivée, a un pas pire "social appeal" et ça multiplie les possibilités. J'ai l'habitude de faire de super belles rencontres quand je suis seule, mais elles sont plus ponctuelles et individuelles. Là c'est différent, très différent. J'ai rencontré des québécois. Plein de québécois! Des québécois qui ont des maisons ici, des québécois qui viennent souvent en vacances ici, des québécois qui sont ici pour la première fois... Bref, beaucoup de "cois" qui s'amourachent de l'endroit. Qui se ressemble s'assemble, non? Dans tous les cas, ce sont de beaux humains avec qui c'est tentant de passer du temps. C'est bien la première fois que ça m'arrive en voyage et c'est intéressant d'avoir la chance d'apprendre à connaître les gens, de partager et de créer des liens dans sa propre langue.

Alors...mon téléphone.

Je le pensais rendu au paradis des cellulaires/iPod perdus-trop vieux-pu assez récents pour être "in". Un soir, on a pris une ride dans la boîte d'un pickup vers le village voisin pour souper. Rendue au resto, je réalise que ma poche de pantalons est vide. En refaisant le film, je me vois assise au fond du pickup et j'imagine très bien la possibilité que mon téléphone ait glissé de ma poche et se soit doucement échoué sur le coussin qui recevait mes fesses, qui, soit dit en passant, est un méchant gros luxe pour une ride du genre (le coussin j'veux dire!). Bref, cette famille-là s'en allait à Pochutla, alors mon deuil a été plutôt instantané :

Bye bye cellulaire.
Repose en paix.
Que tes retrouvailles avec mon iPod soient heureuses!

Bah! De toute façon, c'était un vieux truc qui s'en allait vers une mort certaine. Je perdais quelques photos, ma musique (encore!!!) et quelques notes pour mon blog, mais rien qui n'affecte mon réel bonheur...

Comme j'ai toujours été contre le fait de mettre un code de sécurité pour ouvrir mon téléphone, j'allais avoir à changer tous mes mots de passe et me trouver un nouveau téléphone. J'ai connu pire. Ça me donnerait une raison pour aller à Puerto Escondido dans les prochains jours.

Le lendemain matin, un ami (québécois!) s'en allait à Puerto Escondido justement. Nice!! Un ride!! Encore plus nice : en lui expliquant la raison de mon périple, il m'annonce qu'il a un cell en backup et qu'il peut me le refiler. Boom! Comme ça! Réglé!

Dans le même ordre d'idées, il faut que je vous raconte mon histoire de bikini. Un jour, je décide que j'en ai marre de mes vieux maillots. Marie et moi on part magasiner au village voisin. Triste nouvelle, il n'y a rien de beau nulle part. Comme il n'y a pas beaucoup d'autres options, je fais le deuil d'un nouveau maillot, vive les vieilles affaires. Ce même après-midi, en marchant sur la plage, une fille (de Montréal!!) nous court après et nous propose de participer à un shooting photos pour sa compagnie de bikinis (Karü). En échange, on gardait le dit bikini. Heeeee....sérieux là?? De même?! Le shooting a eu lieu lendemain matin, le même matin que je me suis faite offrir un nouveau téléphone. Soyez bien avisé que c'était loin du shooting stéréotype de la fille qui se roule dans le sable et que je ne compte pas en faire une carrière non plus!!

Demandez et vous recevrez...
Voilà!

Je m'installe donc dans le shop d'internet et j'attaque la "simple" tâche des mots de passe et de l'appropriation de mon nouveau téléphone (byebye Apple, bonjour Androïd). Ihhhhh bo-boy!!! De quoi travailler ma patience! Les ordis sont tellement lents ici, c'est à se demander si ce n'est pas volontaire pour qu'on passe plus de temps et donc que ce soit plus payant! Je pense que ça m'a pris 1 heure changer mes 2 courriels et mon facebook. Je commençais déjà à m'ennuyer de mon vieux iPhone 4!!! Vous comprendrez que je m'en suis tenue à l'essentiel au niveau des communications par la suite.

Et puis voilà qu'hier soir, j'ai gagné le concours des circonstances...et haut la main à part ça!! Grâce à mon super nouveau téléphone, je prends mes courriels avant de remonter à la maison et je vois que mon amie Emma m'a envoyé un message disant qu'un gars avait mon téléphone et que je n'avais qu'à passer le chercher à "x" resto...

WHAT?!??!!
Tu me ni-ai-ses?!?

J'ai vraiment des anges qui me suivent des fois. En tous cas, ce gars là en était un!

Il a trouvé mon cell dans la rue à Mazunte. En plus d'être cute, il est pas pire perspicace et loyal! Il a fouillé dans mon cell jusqu'à trouver, dans mon application "notes", le numéro de téléphone de mon amie Emma, que j'avais noté dans une situation un peu d'urgence et que je n'avais pas pris le temps de rentrer dans mes contacts. Le gars a appelé Emma et comme elle ne pouvait pas lui confirmer mon modèle de téléphone, il a joué safe en me donnant un point de rencontre plutôt que de lui remettre directement. Quand je suis arrivée au resto, j'ai croisé le gars dans les marches, il s'en allait. Il m'a remis mon cell. J'ai dit merci avec mon plus beau sourire. Il ne voulait rien de plus en retour. JE CA-PO-TAIS!! Après 2 minutes de capotage, je suis retournée le voir pour prendre le temps de jaser, c'était trop fou comme affaire. Il m'a raconté qu'il était sur le point de partir et qu'il aurait laissé mon cell à la police de Puerto Escondido. Et là, on s'entend, on oublie le projet de le retrouver! Jamais je serais allée voir la police pour ça, surtout pas à 1h d'ici!!

Morale de cette histoire : ne pas mettre de code sur son téléphone c'est une excellent façon de se faire retrouver!

J'ai commencé à gagner un peu d'argent (très symboliquement!) avec des cours de hula hoop. Une autre chose de cochée sur ma liste. Mais le plus beaux des cadeaux, elle s'appelle Romy. Une jeune adulte qui se cherche et qui a plus-que-besoin de prendre confiance en la vie. Je pense que le hula, même après une heure, a déjà commencé à changer une partie de sa vie, comme ça a été le cas pour moi il y a 6 ans. Reprendre confiance en soi par une discipline qui oblige à entrer dans le moment présent, dans la conscience corporelle et le plaisir ; c'était un beau cadeau de le vivre, mais ça l'est encore plus de le partager à quelqu'un et de le voir d'un oeil extérieur.

La vie est un continuel mouvement et le hula hoop sera toujours un de mes meilleurs guides.

Je vous souhaite de trouver les vôtres.

Avec amour.

samedi 31 décembre 2016

Om Narayana Shanti Om



Dernier jour de 2016...

Quelle fabuleuse sensation que de terminer l'année au même endroit où je l'ai commencée. Ce lieu rempli de magie, où tout vibre dans une intensité et une authenticité hors du commun.

C'était important pour moi de souligner ce moment. Voici comment j'ai choisi de le faire aujourd'hui :

Départ en bateau à 5h30, dans l'obscurité de la nuit, sous le regard de milliers d'étoiles, à la rencontre du feu, se levant à la ligne "d'eau-rizon". Les dauphins ont devancé le précieux moment nous faisant cadeau de leurs plus belles danses et voltiges. Un de ces moments qui te pousse le coin des lèvres hautement vers le ciel et qui mouille tes yeux de gratitude.

Se faire des cadeaux comme celui-là, ceux qui te donne "el piel de gallina" et qui te font sentir foutrement vivant, c'est la base pour s'aimer...et pour semer...

J'ai la chance d'avoir la plage et l'océan comme environnement pour faire un retour sur l'année qui se termine et aussi pour me préparer à accueillir celle qui commence.

J'ai pris une longue marche ce midi, avec la musique de mon téléphone dans les oreilles. Avant de partir du Québec, j'ai voulu le mettre à jour. Un peu pressée par le temps (et oui, j'arrive encore à procrastiner), semble-t-il que j'ai fait ça un peu tout croche ; je me retrouve avec toutes sortes de morceaux (pas toujours bons!) de mon répertoire musical entier, dont je n'avais pas nécessairement choisi pour m'accompagner au Mexique. Comme il n'y a pas de hasard, mais que des rendez-vous, mon téléphone a décidé de me faire écouter LA "toune" dont j'avais besoin durant ma marche de rétrospective annuelle. C'est une pièce de type mantra : Om Narayana (par Wade Imre Morissette), que je vous encourage à écouter en même temps que ce qui suit.

Je vous transcrits les passages en anglais parce qu'ils résonnent beaucoup en ce temps de bilan et de projections. J'irais même jusqu'à m'en approprier les mots pour vous les offrir en souhaits pour cette nouvelle année 2017.


"Om Narayana (Santi Om)

Joy on the inside,
Peace on the outside

Loving on the inside
Laughing on the outside

Kissing on the inside
Hilling on the outside

Flowing on the inside
Thriving on the outside

Clearing all the inside
Accepting the outside

Shining on the inside
Shining some more on the outside

Om Narayana
Shanti Om"


J'espère que vous aurez l'occasion de faire craquer la neige sous vos pieds le temps d'une marche en plein air pour vous ressourcer vous aussi dans notre beau coin de pays qu'est le Québec.

Merci de votre présence en 2016! Je vous souhaite un beau passage à la nouvelle année. Prenez soins de vous! Je vous envoie plein d'amour de mon coeur au Mexique!!!

jeudi 29 décembre 2016

Rien n'est permanent

La semaine dernière j'ai vécu un grand drame! Ok j'exagère...juste quelque chose de plate, de b'en plate, qui m'a demandé quelques heures pour ventiler et dé-dramatiser. Le genre de situation qui m'arrive de moins en moins, parce que j'arrive de plus en plus à accepter les choses telles qu'elles sont.

J'ai perdu mon iPod Shuffle.
Pouf!
Gone!
Disparu!

Juste ça?
Oui oui, juste ça!
Mais sur le moment, c'était "toute ça"!!

Je suis très peu attachée à des biens matériels dans la vie, mais cette petite chose, grosse comme un 2$, occupait une place de choix dans mon quotidien! Quand j'ai découvert son existence il y a 6 ans, ma vie de hoopeuse a changée! Elle était parfaite! Petite, discrète et efficace! Toujours accrochée à mon pantalon, ma camisole ou mon bikini, elle m'accompagnait dans chacune (et je dis bien chacune!) de mes pratiques de hula hoop. C'est elle qui me donnait le rythme et l'émotion à transmettre avec mon corps et mes cerceaux. Sans musique, mon art n'est pas le même. Il manque de cohérence, de saveur, de profondeur. Je rends donc hommage aujourd'hui à ce petit objet et je le remercie pour sa fidélité et son grand apport dans mon évolution de hoopeuse.

J'ose espérer que c'est quelqu'un qui l'a trouvé et pas mère Océan qui se l'est approprié dans une de ses marées. C'est déjà une très grande musicienne...elle est loin d'avoir besoin de ce genre de musique en plastique pour faire ressortir la profondeur de son âme.

Pour vous garder dans la magie du bord de mer, je vous glisse quelques mots sur notre cadeau de Noël du 25 au matin : un petit tour de paddle board entre amis, accompagnés des baleines! La magie était au rendez-vous, comme très souvent ici!

La magie s'est poursuivie : j'en ai eu pour 3 jours à avoir de la difficulté à marcher à cause de mes cuisses qui ont absorbé les vagues et mon inconfort de la première fois! Ouille!!

Ça m'a aussi permis de vivre l'expérience d'une visite chez le médecin. Mon oreille s'est mise à me faire horriblement mal en revenant du Paddle à cause du vent et de l'eau. Elle s'est bouchée à nouveau. Mon ami Mémo n'a pas voulu me laisser aller consulter seule comme une vraie québécoise ; il m'a gentiment accompagné avec sa moto au village voisin. Quel grand coeur ils ont les mexicains!! Se sentir aussi bien accompagnée à autant de kilomètre de chez soi, ça aide à comprendre la beauté du monde!

Je suis ressortie avec une prescription de gouttes antibiotiques, soulagée de ne pas avoir à prendre d'antibiotiques oraux. 4 jours plus tard, mon oreille est encore bouché et je commence à en avoir vraiment marre de faire répéter tout le monde et de ne pas pouvoir vaquer à mes occupations, soit me baigner et faire du yoga. Je sais, c'est dur la vie ici! Alors je vous le concède :

"Quand on se compare, on se console".

J'ai le plus beau des contextes pour me reposer et laisser le temps à mon corps de guérir. Rien n'est permanent...et c'est important de se le rappeler régulièrement!

mardi 20 décembre 2016

Graines Fleurs Fruits

"On récolte ce que l'on sème."

Une phrase que ma mère m'avait dite quand j'étais petite et qui m'avait beaucoup marquée. À cette époque, je comprenais ce concept d'un point de vue uniquement "relationnel" ; si tu traites bien tes amis, ils te traiteront bien en retour.

Aujourd'hui je réalise que,

1 : J'avais mal compris. Être gentil avec les autres en espérant qu'ils soient gentils en retour, c'est une grave erreur. Il faut être gentil. Point.

2: J'avais sous-estimé l'ampleur de cette phrase. La portée est beaucoup plus grande que ce que je m'imaginais, celle qui touche l'univers de nos rêves et nos aspirations!

Heureusement j'ai tout de même appliqué le concept au sens large depuis plusieurs années.

"Vivre l'hiver au Mexique" : c'est un rêve qui a pris forme il y a 7 ans lors de mon premier voyage. Mon intention de le réaliser est devenue claire il y a un an et demie, après mes formations chez Satyam à Montréal, dans lesquelles j'ai travaillé à créer de l'espace en moi pour laisser parler ma petite voix. Une fois que la petite voix a parlé, difficile de l'ignorer. Il faut l'assumer et entrer dans l'action. J'ai donc commencé à semé quelques graines, en commençant par me libérer de mes responsabilités du travail, sans trop m'attacher à l'idée, ni à la forme de sa réalisation. Quelques mois plus tard, le projet commençait à germer. J'avais envie qu'il nourrisse mon besoin d'accomplissement. J'ai donc proposé à ma prof Brigitte de l'aider dans un prochaine formation qu'elle offrait. Devant l'absence de réponse de sa part, j'ai longtemps hésité, mais j'ai finalement décidé d'aller au bout de mon projet et d'acheter un billet d'avion.

Et là, les fleurs ont commencé à apparaître.

Quelques jours après mon arrivée, je vais prendre une classe avec Brigitte. À la fin du cours,
elle m'offre de participer à la prochaine retraite. Wow!! Je flotte! Littéralement! La côte entre le studio et le village n'a jamais été aussi facile et plaisante à descendre. Aucun doute, j'avais pris la bonne décision de venir!

Au cours de la retraite la semaine suivante, elle me demande de prendre en charge le groupe pour l'excursion prévue à l'horaire... Ce n'était pas l'aide que j'avais projeté lui offrir, mais c'était tout de même de l'aide au final! Et je suis convaincue que c'est exactement ce que j'avais besoin de vivre pour établir le lien de confiance avec Brigitte. J'ai aussi tissé des liens forts avec certains élèves, avec qui j'ai gardé contact par la suite. Cette expérience m'a donné des ailes pour continuer de m'accomplir durant le reste de mon séjour. Le projet murale a pris forme. J'ai vécu un mois de création très intense et libérateur. J'ai pu explorer une partie en moi qui avait besoin d'être réveillée.

Avant de rentrer au Québec l'an dernier, j'ai réitéré mon offre d'assistance à Brigitte pour la prochaine année. Ce qu'elle a acceptée sur le champs!

Je me retrouve donc ici, dans une maison, "ma" maison (bon ok...elle est louée...mais le sentiment est semblable), à profiter de la vie avec une précieuse amie, en attendant que mon contrat de travail commence à la mi-janvier. Contrat qui s'est finalement-officiellement officialisé quand j'ai croisé Brigitte par hasard dans un café à mon premier matin ici. Yé!!!

Les retrouvailles sont nombreuses et chaleureuses. Des amis étrangers qui vivent ici, des amis mexicains, des amis de yoga qui sont de retour, des anciens voisins... Les "Bienvenida!" qui fusent de partout me font sentir chez moi.

C'est-tu pas "marvelous" ça?

Je peux vous dire que les fruits que je récolte dans la dernière année, ils sont doux, juteux et combien savoureux!!

Et le plus beau dans tout ça? C'est que dans chaque fruit se trouve une multitude de nouvelles graines...

Merci d'être dans ma vie.

Vous êtes,
parfois la terre,
parfois les nutriments,
parfois l'eau,
parfois la lumière,
qui contribuent à faire pousser tous ces petits bonheurs.

J'ai envie de terminer avec la phrase qui débute le livre que je viens d'entamer. C'est un souhait que je partage profondément avec l'auteure :

"Je rêve que chacun puisse prendre la mesure de ses talents et la responsabilité de son bonheur, car il n'est rien de plus important que de vivre une vie à la hauteur de ses rêves d'enfant..." (Raphaëlle Giordano)

vendredi 16 décembre 2016

Home!!!

Ahhh l'hiver!! Il s'est emparé de la porte du cargo de l'avion à mon départ de Montréal. Résultat : j'ai failli manquer ma connexion pour Huatulco encore cette année!! Mais bon...qu'est-ce que j'avais tant de plus à faire que de me ramasser dans une autre ville et prendre des autobus de nuit pour me rendre à destination?...rien! So ..."Enjoy the ride!" que je me suis dit! Finalement, comme ma correspondance se faisait avec la même compagnie, ils ont attendus. Yéé! J'ai quand même eu la chance de vivre pour la première fois ce qu'on voit dans les films : courir à l'autre bout de l'aéroport sous la pression de la voix au micro qui dit "derniers appels/appel final pour le vol 2514 en destination de..." Merci santé cardio-vasculaire! Merci yoga de m'avoir si bien appris à me laisser porter par les choses.

Me voilà donc arrivée à bon port, dans un état...qui doit ressembler celui qu'on peut avoir en marchant sur la lune. Ça me rappelle la sensation que j'avais après mon premier saut en parachute. J'ai eu des vols très difficiles au niveau de la pression à cause de mon rhume. J'ai l'oreille gauche complètement bouchée. C'est niaiseux, mais ça affecte ma capacité de présence et de communication...en plus de ne pas bien entendre, je m'entends parler!! Et s'entendre parler, on n'aime jamais ça, encore moins quand c'est dans des langues qui ne sont pas les nôtres!! Je vais devoir me prendre quelques vagues pour que l'eau salée fasse son travail dans mes sinus!!

J'ai beau être venue ici à plusieurs reprises, mais j'ai encore un petit choc culturel...on est loin de la stimulation omniprésente de chez nous...chez vous! Je dois réapprendre à ne rien faire, à marcher à une vitesse de 0.5km/h, à vivre avec pas grand chose... Je suis habituée vous me direz, mais ici c'est quand même une coche de plus!

Hier soir, je me demandais un peu ce que je faisais ici, comme à chacun des premiers jours quand je pars voyager seule. Quand je me suis couchée dans mon lit avec la brise de la mer, le bruit des vagues et les chants des oiseaux et des insectes, ça m'est revenu!!

Vivre au rythme de la nature, c'est ça que je suis venue faire ici! Voir le soleil se lever (et se coucher!) dans la mer, il n'y a pas de plus grand cadeau!!

C'est un sentiment bien étrange de revenir cette année : revoir tous ces gens que j'ai eu le temps de connaître l'hiver dernier. Certains me reconnaissent et pour d'autres, je ne suis qu'une nouvelle touriste blanche. Le village a un peu changé. Des commercent ont fermés, d'autres se sont crées. Des nouvelles maisons sont construites, d'autres abandonnées. Les mamans ont des nouvelles bedaines, les enfants ont grandis, mais pas tant que ça... C'est la petite routine... "Same same, but different" que disent mes profs!

C'est une grande richesse que nous avons au Québec d'avoir les moyens de faire des projets, de vivre des nouvelles expériences, de voir de nouvelles choses. Merci la vie! Je me sens vraiment choyée de pouvoir goûter à ces 2 mondes et de pouvoir en retirer le meilleur et en faire la part des choses. Trouver l'équilibre entre être stimulée et déposée à la fois, c'est très précieux!

L'accès internet est toujours aussi limité ici. C'est excellent pour casser la dépendance et se mettre le nez dans un livre ou simplement regarder les pélicans pêcher. Je reviens donc à ma vieille méthode pour mon blog : écrire en différé dans un endroit paradisiaque (genre sur la plage ou sur ma terrasse qui surplombe la mer) et descendre ensuite au village prendre un café et peser sur "envoyer".

Mon amie Marie-Pierre arrive samedi, je suis vraiment excitée. Bien que j'adore voyager seule, ici je me sens dans mes pantoufle et le fait de partager ça avec quelqu'un me donne le sentiment de faire évoluer ma relation avec le lieu.

Comme promis, je prends du soleil et de la chaleur pour vous. Je suis consciente de la chance j'ai d'être ici.

Je vous dis à bientôt!

jeudi 20 octobre 2016

Au clair de la super lune.


Samedi dernier, c'était la pleine lune d'octobre. La super lune!

Les jours précédents, sans savoir pourquoi, j'avais un intense besoin de la regarder. De la regarder, droit dans le blanc de l'oeil, comme si je sentais qu'elle avait quelque chose à me dire.

La veille de la-dite-pleine-lune, au petit matin, je touchai à un brin de clarté sur la situation.

Ce jour là marquait en fait la fin d'un cycle. 40 jours plus tôt, je recevais mon nom d'initié par mon prof/maître/guide (vous vous rappelez?)  Sans trop entrer dans les détails, c'est une cérémonie dans laquelle on reçoit un nouveau nom. Un nom qui a une signification. Un nom qui traduit un aspect qui est présent en nous. Un aspect qui demande parfois d'être développé, parfois d'être assumé, parfois d'être accompagné.

Après 40 jours de pratique et d'observations, je commence à peine à comprendre le sens de mon "nouveau" nom.

Bhārgavī.
Le discernement.
C'est le nom que j'ai reçu.

Discerner, c'est voir sainement les choses. C'est voir avec clarté. C'est voir le sens profond des choses, au delà de l'illusion et de voir la vérité qu'elles portent.

La vérité.
C'est SATYAM, en sanskrit.

SATYAM, c'est l'un des 5 nyamas. Les nyamas constituent l'une des 8 branches du yoga, dont font partie les asanas (les postures).

SATYAM, c'est le nom de l'école de yoga où je suis élève à Montréal. SATYAM, c'est aussi le nom de la formation niveau 1 qui y est offerte.

SATYAM : révéler le vrai.

SATYAM est un concept d'une importance majeure dans l'évolution de l'Humain que nous sommes. C'est un sujet qui revient souvent dans mes réflexions depuis 2 ans.

Être honnête envers les autres est une chose.
Mais être honnête envers soi-même, c'en est une toute autre...

Tout cela m'a mené vers le concept de l'intuition ; voir avec le coeur, avec la profondeur et la pureté de son être.

L'intuition,
Nous la portons tous en nous.
C'est notre aspect féminin.
C'est le coté gauche du corps, droit du cerveau.
C'est le yin, par opposition (ou plutôt complément) du yang.

C'est aussi l'aspect LUNAIRE de notre être...

Vous me suivez?

Ce matin de pré-pleine-lune fait partie d'une des scènes marquantes dans mon film personnel. T'sais, ce film de vie qu'on se permet parfois de voir et de revoir. Dans l'ordre ou dans le désordre.

Ce matin là était un beau cadeau de la vie. T'sais les cadeaux "De : moi, À : moi"...

Je venais de réaliser que j'avais bel et bien les pieds sur le chemin de quelque chose que je m'étais souhaitée, au dernier jour de 2015, en regardant l'océan des possibilités que me fait voir le Mexique.

Ces choses, c'est "Chi ("Tchi"), qui les avait semées dans mon monde de possibilités.

Chi est un être presque mythique de mon voyage. C'est un jeune asiatique-américain, rencontré dans un village voisin, que j'ai croisé à d'innombrables reprises, toujours dans le plus grand des hasards.

Par un après-midi où le soleil se préparait à nous quitter jusqu'au lendemain, Chi s'étale dans le sable à mes côtés. Jusque là, nous n'avions jamais eu la chance de discuter en profondeur. Nous nous contentions de grands coups de :

"Hey hi!!!!
(gros callin)
You, again?!?
How is it going?"

Ce jour là, un bel échange a lieu. Il me partage son parcours de presque moine, ses idées novatrices d'entrepreneur et sa vision de l'importance de la douceur dans ce monde. De fil en aiguille, avec une assurance déconcertante, il fait ressortir un besoin que je porte en moi, celui de développer mon aspect féminin, ma créativité.

Le temps s'arrête.
Le ciel de feu apparait.
Chi se lève pour plonger à la mer.
Je me lève pour dire au revoir.
Je l'observe un instant danser avec les vagues ; on dirait un mélange entre un dauphin et une sirène.
Une des plus belles créatures que j'ai vues.
J'inspire avec mes yeux.
J'expire avec mon être.
Et repars avec la sensation de voler, tout en ayant les pieds bien encrés dans ce sable chaud et réconfortant.

Je continuai de croiser Chi par la suite, mais cette scène fut la seule longue conversation que j'aurai eu avec lui. Je pense souvent à lui. Ça me rappelle l'importance de voir au delà des choses pour comprendre la valeur du passage des gens dans nos vie, que ce soit pour une minute, une heure ou une année.

...

Et si on arrivait à écouter notre petite voix de l'intuition? T'sais, celle qui, sur notre autoroute de pensées, nous amène, le temps d'un clignement de yeux, à un feu rouge? T'sais, ce clignement de yeux qu'on choisi de prolonger, afin d'entrer dans l'illusion et de se faire croire que c'était juste un feu jaune. Un jaune qui tirait sur le vert...vert comme dans "la vie continue comme si un rien n'était?" Et si notre plus grande infraction était de ne pas s'arrêter à ce message que nous nous auto-envoyions?

La vérité.
La douceur.
L'intuition.

C'est ce que je souhaite pour ce prochain cycle de lune, déjà bien entamé.





samedi 15 octobre 2016

Aller quelque part...

Aujourd'hui, je reviens à un vieux truc, t'sais ce genre de truc qu'on a, à un moment donné, abandonné, sans trop savoir pourquoi, et qui nous revient avec le temps, parce qu'on se rappelle que ça nous plaisait bien. Je reviens donc à un vieil amour, celui de pitonner mes histoires sur mon clavier de iPhone et les publier sur mon blog. Bon ok, à l'époque c'était un iPod, mais 5 ans plus tard, je peux quand même me permettre une évolution technologique! J'ai voulu changer le sous-titre de ma page, parce qu'à l'époque, c'était pour partager mes expériences en voyage au Mexique, mais je dois me rendre à l'évidence ; il existe encore un lien avec mes histoires et ce pays gravé sur mon coeur. Alors ça va comme suit :

L'autre jour, il y a une semaine, je suis allée prendre un cours de yoga avec mon prof/guide/maître à Montréal. Chose que je fais trop peu souvent, mais qui, chaque fois, sème une nouvelle graine de bien-être dans mon jardin. Pendant que je tenais ma jambe en l'air dans une posture qui m'est plus que familière, "supta padangustasana" pour les intimes, je reçois une indication qui a raisonné instantanément en moi :

"Bien que vous ayez l'habitude de cette posture, assurez-vous de lui donner une direction. Vos postures doivent aller quelque part. Tout comme votre vie, elle doit aller quelque part."

Et boom! Touché!...mais pas coulé! Bien au contraire, un sourire émerge dans la totalité de mon être, pas juste dans ma face. Je me sens soudainement flotter. Je me sens flotter parce qu'en rejouant le film de ma dernière année en accéléré, en ultra accéléré, je constate que j'ai fait des choix. Des petits, des grands...et des moyens aussi! Mais des choix. Des choix qui m'ont donné le sentiment d'avancer, le sentiment de me réaliser, le sentiment d'être à la bonne place au bon moment. Bien que j'aie la sensation que la fluidité s'est installée dans ma vie grâce à ces choix, je vois aussi le travail derrière cette vague de bon-vent-qui-me-mène. Celui d'affronter des peurs et de faire confiance en la vie.

Résultat :
Aujourd'hui 15 octobre 2016, je suis à 2 mois d'avoir les fesses dans un avion vers le Mexique. Mon billet (aller seulement) est acheté depuis plus d'un mois déjà. L'achat m'a rendue très inconfortable (c'est teeeeelllllement loin!!), mais j'ai choisi de l'assumer. D'assumer que j'ai, par mes actions, choisi de me donner une direction. J'ai décroché un contrat de travail : j'assisterai ma première prof de yoga dans une formation d'un mois. (C'est d'ailleurs son anniversaire aujourd'hui : bonne fête Brigittw Longueville! Merci d'être entrée dans mon parcours et de l'avoir influencé vers la liberté).

J'aurai donc la chance d'accompagner un groupe de futurs profs dans leur puissante et intense expérience que sera la formation.

C'est beau.
C'est bucolique.
Pas vrai?

Mais, j'ai la chienne...Oh! Oui! J'ai la chienne!!

Il y a ma tête qui me dit "Traduire de l'anglais à l'espagnol et vice versa...?! Mais tu n'as jamais fait ça!! P'is ton espagnol appris sur le tas, et ton anglais qui n'est pas parfait...?!"

Et mon coeur lui, qui me dit : "On n'apprend pas à courir en restant assis sur nos...ischions! Alors fonce."

Ça ne sera pas facile. Oh non!
Mais c'est quoi le pire qui pourra arriver? Et b'en...
RIEN!
La terre va continuer de tourner.

Du moment que je me rappelle cette dynamique de l'univers, la paix s'installe dans le discours entre ma tête et mon coeur. Le Mexique a encore beaucoup à m'apprendre et je me sens choyée de m'y sentir appelée une fois de plus.

Aller quelque part, que disait mon prof....et bien, ce même matin de yoga, je me suis aussi demandé quelle était ma direction à court terme, celle entre maintenant et décembre... Pas même sortie du studio après le-dit-cours, que la vie me met son clignotant en pleine figure : un ami me propose de me mettre en lien avec une danseuse pour un future show. Le lendemain, je reçois la proposition :

Un numéro solo.
Dans le show "Il était une fois la nuit. Late Night Tales"
À la Sala Rossa, rue Saint-Laurent.
Le 17 novembre prochain.
C'est dans un mois...

J'ai la chienne...Oh! Oui! J'ai la chienne!!...

Mais vous connaissez la suite...

Et vous savez où me trouver le soir du 17 novembre prochain.

mardi 30 août 2011

Aurevoir Zipolite!

Après que tout le monde ait quitté dimanche (il ne reste plus que Johan et moi ici), j'ai regardé Ziplite de mon hamac et j'ai réalisé une chose...

La première fois que je suis venue ici, j'avais senti quelque chose de spécial, quelque chose de fort, de profond.... Quitter avait été difficile...j'avais l'impression que je n'avais pas terminé ici.. C'était pour le mieux : je n'aurais pas pu trouver une meilleure raison qu'une formation professorale de yoga pour concrétiser mon besoin de revenir. Sans doute la plus belle expérience... L'énergie du groupe était belle, légère...vibrante. Évidemment je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes quand est venu le temps des départs, mais ce n'était pas de la tristesse...c'était plutôt de la gratitude pour avoir partagé ce moment avec eux.

Maintenant que je suis seule de nouveau (en plus que la saison touristique mexicaine est terminée), j'ai l'impression d'être dans un village fantôme. Ma perception de Zipolite a changé... Bien sûr que l'énergie ici sera toujours particulière, mais je sens que les gens avec qui j'ai vécu les 6 dernières semaine ont laissé derrière eux une légèreté que je n'arrivais pas à percevoir avant. Je pense que ça y est, "I'm done" : je peux partir d'ici en paix.

Et c'est demain que ça se passe, on part à Puerto Escondido rejoindre une partie de la bande : bien heureuse d'avoir l'opportunité de partager encore quelques moments avec eux!

P.S. Je suis allée à Mazunte hier. C'était magnifique sur l'océan : c'était noir tempête! En attendant la camioneta pour le retour, si je vous disais "chiens"...vous devineriez la suite pas vrai? Grrrr...

samedi 27 août 2011

Y ya, maestra!!

Y ya! (expression mexicaine que j'adore!) : me voilà certifiée professeur/teacher/maestra de yoga!

Le semaine (le cours en entier!!!) a passé tellement vite! Quel bonheur de retrouver notre prof cette semaine. Elle nous avait un peu manquée ces dernières semaines à cause des professeurs invités. Même si on pouvait ressentir la fatigue après cinq semaines intenses, je pense qu'on a tous savouré la dernière avec beaucoup d'amour. Les liens du groupe se sont resserrés. Difficile de décrire ce qui planait dans l'air...quelque chose qui venait du cœur de chacun d'entre nous...beaucoup d'accolades, beaucoup de clins d'oeil, beaucoup de sourires ; bref, une profonde amitié et un grand respect pour l'autre.

J'ai hoopé presque chaque jour, souvent avec Kia, mais aussi avec d'autres qui se joignaient à nous de temps en temps. Les enfants sur la plage nous attendaient, nous demandant "me prestas este aro?" dès qu'un cerceau était un disponible. C'était magique de les voir...

Lundi je donnais mon cours officiel ouvert à tous : ça a encore super bien été, la classe était remplie de zipoliteins! Mercredi c'était une drôle de fin de journée. La dernière équipe donnait le dernier cours offert à la population, et vraiment, l'énergie qui planait était cahotique. En soirée, Kia, à qui j'ai transmis mon addiction pour le hula hoop, a beaucoup insisté pour que j'aille souper avec eux. Bueno! Vamonos! Tant pis pour l'étude Elise, tu sais que tu maîtrises très bien le sujet. Je suis donc allée rejoindre la bande. Il pleuvait, beaucoup! Kia devait faire booster son auto avant de partir. En reculant, son jeep a dérapée dans la boue et...a callé! À cause des montagnes, les rues en terre battue deviennent plutôt des rivières de boue quand il pleut. Notre prof nous disait souvent qu'elle ne pouvait pas venir en auto parce qu'elle pouvait rester prise assez sérieusement...maintenant je comprends! C'est pire que rester pris dans une tempête de neige!!!! On a mis 1h30 à essayer de la sortir de là...et...pas moyen, même à 6 personnes! On a fini par abandonner le jeep jusqu'au lendemain, histoire de laisser sécher la terre et de demander du renfort. Je suis finalement rentré chez moi, trop tard et trop fatiguée pour sortir manger au village. Mais une soirée mémorable!!! Pour couronner le chaos, j'ai super mal dormi. Je me suis réveillée plusieurs fois, dont la dernière : à 4h30. J'étais sur le point de me rendormir pour la dernière demie heure qui me restait, quand j'ai eu un flash! C'était ma soirée de karma yoga du studio la veille et j'avais complètement oublié! (Une journée par semaine, on devait nettoyer le studio de yoga et le préparer pour le lendemain, ce qui veut dire placer tous les tapis et les accessoires). Conséquence : je me lève et je vais placer le studio avant que les gens arrivent. Même si j'avais l'habitude d'arriver plus tôt à la méditation chaque matin, cette fois-ci j'étais la première arrivée. Je m'étais donné comme défi cette semaine de persévérer dans les séances de méditation. Sans m'éterniser sur le sujet, j'ai beaucoup à apprendre à rester assise sans bouger, peu importe ce que mon corps a envie de me dire. Ce matin-là, en plus d'avoir commencé une demie heure plus tôt, mon prof nous a fait vivre la plus longue méditation du cours. Moi qui voulait persévérer...j'en ai eu l'opportunité et ça n'a pas été facile. Je pense que je ne vais jamais oublier ce matin là. La méditation c'est tout qu'un art : être ici, maintenant, dans l'idée que rien n'est permanent, c'est beaucoup de travail. Dommage qu'il y ait autant de préjugés sur cette pratique!

Jeudi après mon dernier examen j'ai du faire un périple à Pochutla pour faire des provisions d'argent, de pâtisseries et de guayabas...Mmmmmmm! Ça faisait plus qu'une semaine que j'en cherchais. J'ai su que les agglomérations ont changé depuis l'an dernier, voilà pourquoi il faut maintenant attendre aussi longtemps pour une camioneta (transport collectif). Conséquence : retour à Zipolite dans une camioneta remplie...de seize mexicains, deux touristes, des tonnes de sacs remplis de nourriture, six bidons à essence...et moi! En soirée, souper de groupe au village pour célébrer la fin des examen. Ça faisait du bien de nous voir tous réunis autour d'une table. Tout le monde était si beau!!

Vendredi, dernier matin à se lever à 5h pour la dernière pratique. Normalement j'aime bien tout vous raconter, parce que j'ai envie de partager. Mais vous savez quoi? Cette fois-ci, du moins, pour l'instant, je me fais un cadeau : je garde la magie de la dernière journée juste pour moi...aucun mot ne serait à la hauteur pour exprimer la gratitude qui m'habite en ce moment.

Simplement, je vous laisse sur cette image : dix-huit yogis, dans leur plus beaux atouts...tous plus beaux les uns que les autres...marchant, gougounes à la main, d'un pas plus que décontracté, dans le ruisseau menant à la maison de Brigitte, au fond de la jungle, pour la fiesta de graduation...

NAMASTE.

samedi 20 août 2011

...la suite de la suite ou la pré-suite de la suite...je ne sais plus!

Et oui encore une petite suite à mon histoire de scorpion, mais rien d'aussi "palpitant"...

Jeudi j'ai croisé la femme de chambre et de fil en aiguille, elle m'a dit que la semaine dernière, elle avait trouvé 2 bébés scorpions...DANS MON LIT!!! Elle avait voulu me demander si je m'étais fait piquer, mais comme je n'avais parlé de rien en la voyant, elle avait laissé tombé. Je l'ai remiercié de ne rien m'avoir dit... Mais maintenant que je le sais, je peux vous garantir que je regarde dans mon lit avant de me coucher et que je m'assure que ma moustiquaire est bel et bien "hermétique" partout, ce que je faisais sommairement avant, mais quand même...

Jeudi matin on a eu une averse vraiment intense pendant la matinée : l'ambiance dans le studio était particulièrement magique... Après les cours, on est allé hooper sur la plage. L'amie que je m'étais faite la semaine dernière (elle m'avait demandé de jouer avec elle dans le sable après que je lui aies prêté un cerceau...) est venue me demander un cerceau. Le mâche-patates de lui arrêtait pas : questions, par dessus-questions, par-dessus propositions de jeu... Après avoir joué à fais-moi un dessin dans le sable (mon grand classique!) et après avoir construit une "île" avec elle, je suis rentrée...sans finalement avoir vraiment hoopé! Pour rester dans le thème, vendredi c'était notre formation de yoga pour enfants. Quelques uns sont venus pour qu'on se pratique. Je me demande qui, entre les étudiants (nous!) et les enfants, ont eu le plus de fun...c'était vraiment très drôle!!

Dernier weekend pour faire une activité tous ensemble. Aujourd'hui on se paye une sortie de groupe : un pêcheur nous fait un lift à bord de sa chaloupe à une plage voisine presque déserte. Ça sent la plaisir à plein nez...avant la journée d'étude de dimanche!

mercredi 17 août 2011

Aracran...la suite...

Voici (déjà!) la suite de mon histoire de scorpion. Je ne pensais pas la vivre quelques heures seulement après vous avoir raconté la première partie!

Le lendemain matin après avoir commis mon meurtre armée de mes converse, je sors de ma moustiquaire en prenant soins d'examiner où je mettais les pieds...et les mains. Rien de spécial à l'horizon. Je déjeune tranquille dans mon hamac. Je me prépare lentement pour aller rejoindre mes amies allemandes pour la journée. Je vais (un peu de reculons) rappatrier mes livres et mon sac à dos, qui sont sur la fameuse table des lieux du meurtre. EH MERDE! J'aperçois un drôle de motton sur la table. J'examine de plus près...MERDE MERDE MERDE!!! Une agglomération de mini-scorpions qui semblent plus ou moins vivants!!! Je les envoie dans ma poubelle et j'envoie ma poubelle dehors. Bon!...une chose de faite...mais ensuite? Je suis supposée faire quoi? Chercher une autre agglomération? un nid? des oeufs? Je n'ai aucune idée du mode de reproduction des scorpions, mais j'ai un peu la chienne d'une épidémie. Je veux demander à la responsable des lieux, mais elle n'est pas là. Déjà l'heure de rejoindre les filles...je règlerai le cas des scorpions plus tard. Je leur raconte ma bataille. Un gars, qui n'était pas loin a entendu mon histoire et m'a demandé si j'avais vraiment tué le scorpion..Ohh hoo...Malaise!!! Je réponds un timide "Ehhh oui..." sachant très bien que c'était sans doute une mauvaise réponse. Il me raconte qu'ici, on dit qu'il ne faut jamais tuer un scorpion parce que tu vas te faire piquer ensuite... Moi qui me sentais déjà mal...rien pour aider! Je continue de raconter mon histoire de bébés scorpions aux filles. Le gars nous explique qu'une femelle scorpion peut trainer sur son dos jusqu'à 80 bébés scorpions... Ahhhhhh!!! J'ai donc eu une partie de la reponse à ma question sur leurs habitudes "d'élevage" : j'ai probablement tué une femelle et en la manquant le premier coup, les bébés sont tombés sur ma table. Une des allemande m'a expliqué en après-midi que c'est une des raisons pourquoi elle s'était fait dire de ne pas les tuer, dangereux que les bébés se répandent partout. C'est bon à savoir maintenant...

La fin de semaine a passé vite. Je suis retournée à une lagune que j'avais visitée l'an dernier. En passant par Mazunte j'ai évidemment demandé au taxi d'arrêter à la panaderia, j'avais plus qu'envie d'un "pan de chocolate". Je pensais attendre les filles sur la plage, mais pour 35 pesos ce n'était pas une grosse affaire de refaire le tour, surtout que la saison étant différente. Le guide a dit qu'il se rappelait de moi...moi non. On a parlé de Juan : il me disait qu'il était venu il y a 2 semaines...comme quoi c'est facile de perdre la notion du temps ici, ça fait 4 semaines que je suis ici et Juan était venu bien avant ça!

On a terminé la journée sur une autre plage entre Zipolite et Mazunte. Des pêcheurs sont rentrés avec une bonne vingtaine de gros requins...vraiment impressionnant!

Dimanche d'étude "traditionnel" à Nice Place On The Beach ...le serveur Teyo est toujours aussi sympathique! En fin d'après-midi, petit cours de hooping sur la plage. Belle journée!

La semaine a commencé sous la pluie, j'ai donc eu d'autres colocs (crabes). Le soleil est maintenant de retour et le hooping aussi!! A+

samedi 13 août 2011

Aracran : merci converse!

Moi qui m'en venais calmement me coucher après cette dure semaine...le petit rush d'adrenaline que la poule mouillée en moi vient de vivre m'a poussée à écrire...

Je pense que je vais être raquée demain...après avoir littéralement "vargé" de toutes mes forces sur l'intrus (pour ne pas dire LE SCORPION!!!) qui a osé prendre ma maison pour sa maison ce soir. Il faut dire que j'ai eu la chance de m'aclimater cette semaine...

En déroulant mon tapis de yoga dans le studio lundi j'ai vu une petite bibitte qui s'était cachée dedans. En m'approchant, j'ai vu que c'était un mini-mini-scorpion. Fiou! Il est au moins "mort". Je décide quand même de m'informer auprès de mes collègues mexicaines si la maman pouvait se tenir proche (le tapis était dans ma chambre...). Elles me rassurent et me disent que non, en théorie, la maman ne se tient pas proche. Bon, autre Fiou! Je me tourne la tête vers mon tapis...!!!! Pus de mini-scorpion!!! Merde!! Il était vivant. On finit par le retrouver (et une fois en mouvement, il est moins mini qu'il en avait l'air) et après consensus, on décide de mettre fin à ses jours même si ce n'est pas très, yogiquement parlant, "correcte" de faire du mal à un autre... Il parrait que des scorpions ça se tient toujours en couple...j'avais appris ça l'an dernier pour nous "rassurer" quand on en avait eu un sur le bar. Je rentre donc chez moi cette journée là, je dépose mon tapis sur la table et tadammm! : sa douce moitié est sur mon mur. Bang! : pu de douce moitié!

La semaine continue...on a travaillé une claque sur des postures très physiques que je ne pensais jamais être capable de faire. Beau défi et très énergisant malgré tout : j'ai même pu hooper quelques fois sur la plage pendant mes pauses. Pour finir la semaine (de 6 jours!!! Je vous rappelle qu'elle a commencé dimanche...), on devait donner un cours à tout le groupe, en équipe de deux. Ouf! Ça aussi un beau défi, avec chacun notre propre bagage et style de yoga... Je ne peux pas vraiment cacher que j'ai trouvé la semaine assez éprouvante, mais elle s'est bien terminée : on a reçu de super bons commentaires et on a même eu droit à des applaudissements. C'est la plus belle récompense qu'on pouvait recevoir. Personne n'était fâché vendredi à 19h quand la semaine s'est officiellement terminée : 7 heures de yoga dans une journée après la semaine qu'on avait eu, on avait plus que besoin d'une fin de semaine de pause!

Pour célébrer ou plutôt relaxer, Johan et moi on décide de se payer une sortie en "ville" : toute une soirée à parler en français...c'était "bien marrant"! Et là je rentre chez moi, plus que contente d'aller retrouver mon lit. J'entre dans ma moustiquaire, je m'installe pour lire un peu, et du coin de l'oeil, j'aperçois une étrange tache foncée sur le mur devant...MERDE....! Je me redresse dans mon lit pour mieux regarder au cas où ma fatigue me laisserait imaginer des choses...MERDE POUR DE VRAI...!!! Évidemment c'est un scorpion...et pas un petit là! Un gros! Il me semblait bien que je ne pouvais pas m'en sauver non plus, ici presque tout le monde a son histoire de scorpion déjà. J'hésite entre sortir de mon lit, me rhabiller et affronter le scorpion (pas trop tentant!) ou, le laisser là en me disant que je suis en sécurité dans ma moustiquaire et qu'il serait probablement parti demain (pas vraiment meilleure comme option...qui sait où il déciderait d'aller se cacher en attendant que je le retrouve...). Tout le monde me dit que les foncés (appellés aracran) ne sont pas super dangereux...mais quand même! Je décide que ça vaut la peine de me relever. Je suis soudainement VRAIMENT contente d'avoir mes converse dans un sac à portée de main, parce qu'on s'entend qu'une gougoune mince ce n'est pas ce qui a le plus de force d'impact. Moi qui avait passé proche de les ranger pour de bon aujourd'hui parce que je ne les porte pas ici...merci Elise d'avoir changé d'idée! (Maintenant, je mets mon ego et ma dignité de coté pour vous raconter la suite...) Donc, je prends mon courage (et mes converse!) à deux mains, je respire, et BANG!...je le manque!! Je ne sais pas trop comment j'ai pu le manquer...j'imagine que trop de force c'est comme pas assez... Bref, il tombe par terre, va se cacher dans le coin derrière une patte de table. "Heureusement" il continue son chemin vers mon lit (sinon j'aurais passé la nuit à attendre qu'il sorte de sa cachette) et passe sous la table...et LÀ!!! : BANG! BANG! BANG! BANG! (il est maintenant coupé en 2)...BANG! BANG!...juste pour être sûre...BANG encore!! Ouf, petit coup de chaleur...un peu plus que je me disloquais l'épaule!!! (Je vous laisse ici le plaisir de vous créer vos propres images de la situation...!) Je sais maintenant que j'ai la moitié de la partie de gagnée...ils se tiennent toujours en couple...?!

À suivre donc...

dimanche 31 juillet 2011

El show!!

J'ai eu droit à un des plus beaux spectacles ce samedi soir (ça bat presque le Cirque du Soleil) : un, je de devrais plutôt dire des, orages au dessus de la mer, avec une étoile filante en prime.

Je n'ai pas réussi à étudier beaucoup (partie remise à dimanche sur la plage), j'étais très fatiguée et c'est sur le point d'être dangereux d'avoir un hamac avec une si belle vue : j'y ai passé la majeure partie de la journée, à fermer un oeil de temps en temps, parfois deux. En soirée je suis allée au studio en pyjamas pour faire quelques postures pour aider mes lombaires : ça a bien l'air que j'ai deux vertèbres presque fusionnées alors j'ai beaucoup de détente musculaire à faire dans cette région pour retrouver ma mobilité. Pendant ma séance, j'ai senti une genre de présence dans le studio malgré mes écouteurs. Quand j'ai ouvert les yeux, j'ai eu droit à la danse des chauves-souris qui se perchent toujours dans le toit, elles volaient très près du sol. C'était beau! Quand je suis redescendue du studio, mes amis étaient tous en train de se concocter une bouffe avec du poisson fraichement pêché. J'ai donc partagé un verre de vin et quelques bouchées avec eux, avant de retourner "chez moi". Je n'ai pas pu m'empêcher de m'étendre de nouveau dans mon hamac, malgré mon profond désir d'aller dormir, le spectacle des orages était trop beau, et ce n'était pas du côté de la vue que j'ai de mon lit. J'aurais bien passé la nuit dans mon hamac, mais j'aurais fait un trop grand cadeau aux maringouins...

De retour dans ma chambre donc, et surprise : nouveau coloc! Je ne comprends toujours pas pourquoi les crabes s'entêtent à rentrer dans ma chambre, alors qu'on est presque à l'extérieur de toute façon et que, en plus, il y a un danger évident de mourir de faim sous ma bibliothèque! Je trouverai peut-être la réponse à ma question d'ici 4 semaines...

samedi 30 juillet 2011

Thank god it's friday!

Hier vendredi, la semaine s'est terminée en beauté. On pouvait sentir l'ambiance décontractée du weekend même dans le dernier cours : le prof nous a parlé beaucoup d'elle, de son parcours, de yoga...bref, le cours s'est terminé une heure plus tard et je pense qu'on serait tous restés plus longtemps à l'écouter : c'est une femme fascinante, inspirante et avec un très grand cœur.

Après le cours, je devais satisfaire mon besoin de hooper que je n'avais pas pu combler suffisamment dans le break d'après-midi sur ma super terrasse. Direction plage cette fois-ci! Mmm...rico! J'ai rencontré quelques personnes du cours à mon retour et voici le plan pour les prochaines semaines : trouver du tuyau, fabriquer plein de cerceaux (définitivement ça me suit partout!) pour ensuite donner un cours...ça a piqué la curiosité de plusieurs!

En soirée, on s'est payé une bouffe à un des meilleurs restos en ville : c'était une belle et bonne récompense! On a terminé la soirée dans un bar avec un band de musique "en vivo". L'image était particulière, mais belle : un bar remplis de mexicains (pas beaucoup de touristes étrangers ici l'été) avec au centre, sur la piste de danse, une gang de yogis, majoritairement blancs, dansant, disons-le...comme des poulets (si on compare aux mexicains)! Danser nu-pieds me procure toujours une petite jouissance :) C'etait une belle soirée!

Mon espagnol revient tranquillement et je vois une sérieuse différence quant à mon dernier voyage : je me surprends enfin à prendre plaisir à jaser avec n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, que ce soit le vendeur de colliers ou le vendeur de pantalons sur la plage, le gars de la pizzeria assis au coin du bar, ou du monde en vacances...sans avoir à réfléchir à chaque deux mots...

Mon toît est supposément réparé. Semblerait-il que la pluie s'infiltre parce que les iguanes se faufilent entre les tuiles du plafond et les déplacent. Il y a eu un orage cette nuit et jusqu'à maintenant, todo bien! On verra si la pluie persiste, je soupçonne le ciment de ne pas être encore sec...

On se fait une séance amicale ce matin, histoire de commencer à se pratiquer entre nous. Je serai etudiante cette fois-ci, et ce sera suffisant, après une nuit plutôt courte...mon tour viendra bien assez vite de toute façon!

jeudi 28 juillet 2011

Ok...je prends quelques minutes pour donner des nouvelles parce que ça fait un bail! Mon dernier post date en fait du dernier samedi avant le début de mon cours. Le dimanche, je me suis gâtée dans les restos et sur la plage parce que je me doutais que ce moments deviendraient plutôt rares. Effectivement, dès la veille, dimanche, il y avait une première rencontre pour faire connaissance et clarifier le fonctionnement du cours. Vraiment un super beau groupe : moitié de mexicaines, quelques américaines, quelques européennes...et une canadienne (moi!). Je parle au féminin parce que c'est plus que la grande majorité : il y a deux gars sur vingt élèves!

En gros, la première semaine a été intense sur tout les plans!! Physique : notre prof voulait réveiller nos muscles et voir de quoi on était capable, cérébral : beaucoup d'informations à assimiler et social : pour moi, l'intégration à un groupe de vingt personnes dans deux langues étranges me demandait un certain effort. On peut dire que cette semaine là, j'ai réalisé que je m'étais payé un méchant gros défi! Bien que, pas tellement confortable, c'est une heureuse constatation! La semaine s'est donc finalement très bien déroulée : j'ai un peu tout le monde à travers divers rassemblements en soirée, les cours s'annonçaient vraiment intéressant et la magie commençait déjà à opérer...le tout dans un climat plus que propice à la sudation!!

Vendredi soir dernier, je suis partie à Puerto Escondido, une ville voisine, avec Claudia, une amie du cours. Le programme était d'aller voir une compétition de surf samedi matin, mais on l'a ratté ; mon amie était malade et c'était plus sage de prendre ça molo. On s'est quand même payé du bon temps, même qu'on a dû se contrôler pour de pas rester là-bas et faire la fête avec les profs de surfs de Claudia! Je dois avouer que cette escapade m'a refait tomber en amour...avec le Mexique bien sûr! Nous sommes revenues samedi soir, en plein orage!! Difficile de trouver un taxi entre Pochutla et Zipolite tellement il faisait mauvais : ils avaient tous doublé leur prix! En presque mexicaine que je deviens, j'ai réussi à en dealer un. La route était effectivement très mauvaise...mon amie a même eu les pieds mouillés lors d'un passage où et il avait beaucoup d'eau. En arrivant "chez nous" : panne d'électricité. C'était super beau de voir l'orage sur la plage dans l'obscurité!

Dimanche matin, beau gros soleil : parfait pour aller étudier devant un petit-déjeuner de "Nice Place On The Beach", la place où j'avais "travaillé" l'an dernier. J'y ai (enfin!!) revu mon ami Kevin qui était revenu la veille. Quel bonheur de le revoir!! Étude donc tout l'avant-midi et rencontre pour un travail d'équipe en après-midi. J'avais le cerveau en jello!! Pas de meilleur remède à ça qu'une petite session de hooping et de jonglage sur la plage, suivi d'enchiladas mole de Shambala!

La 2e semaine est toujours aussi intense, sinon plus! Beaucoups de choses se passent et chaque jour est different. Voici un aperçu de mon horaire, qui lui, ne change pas : 5h30 le cadran sonne, 6h la journée commence dans le silence (et le noir) avec des exercices de méditation et de respiration, 7h à 9h travail physique intense, ensuite déjeuner, 9h45 cours d'anatomie, 12h30 dîner, pause jusqu'à 2h30 ou 3h30 (qui sert parfois à faire des travaux, mais plus souvent pour une sieste dans mon hamac ou un petit tour rapide à la plage), ensuite cours théorique jusqu'à 5h. Vient vite l'heure de souper et encore plus le moment de dormir...alors voilà pourquoi je n'ai pas trop le temps de bloguer!

Il fait plutôt beau depuis le début du cours, quelques petits épisodes de pluie seulement, dont un pas pire en ce moment. Toujours quelques fuites d'eau dans ma chambre qui me donne un peu l'impression de faire du camping, mais ça devrait se régler sous peu.

Pas vraiment de nouvelles histoires de chiens, ils sont plus gentils à Zipolite qu'à Mazunte on dirait...

C'est plutôt les histoires de crabes qui m'alimentent ici : j'ai eu mon coloc longtemps (le fameux crabe du début...) mais la femme de ménage m'a annoncé qu'elle l'avait trouvé mort sous mon armoire la semaine dernière...moi qui cherchait d'où provenait l'odeur de cadavre dans ma chambre, ça m'a bien fait rire de l'apprendre. Pendant une nuit de pluie, j'ai entendu tic tic tic au dessus de moi (qui est en fait la jonction du mur et du plafond, mais qui n'est pas fermé)... Je n'ai pas pu m'empêcher d'allumer ma lampe frontale pour voir à quel genre d'ami j'avais affaire... Vous ne serez pas surpris d'apprendre que c'était un crabe, mais pas n'importe lequel : il était immense!!! Il a eu l'air de décidé de rester dehors, je ne l'ai pas revu dans ma chambre. L'autre crabe qui avait décidé d'occuper le lavabo dans ma douche a un jour décidé qu'il avait envie de faire quelque chose de ses pinces : il a tout bousillé ma barre de savon à linge! Je l'ai pogné sur le fait évidemment...et j'ai vu dans sa face qu'il trouvait, lui aussi, qu'il avait l'air pas mal innocent avec la face et les pinces pleins de savon! Je présume que la femme de chambre l'a chassé, il n'est plus là.

Alors en bref : je vais bien, je vis toutes sortes d'experiences et je suis très reconnaissante d'être ici. Bientôt le weekend : je compte rester au village. Profiter de la plage et possiblement faire la fête un peu avant de passer aux choses sérieuses...comme mettre le nez dans mes livres en dejeunant sur la plage! :)

Hasta luego!

samedi 16 juillet 2011

Lluvia...

Hier je me suis réessayée...dernière chance de prendre une classe de yoga à Mazunte avant le début du cours officiel lundi. Il ne pleuvait pas...pas encore, alors j'avais espoir que la prof serait au rendez-vous. En attendant la camioneta, un (taxi) collectivo est passé en nous offrant la course pour 8 pesos...c'est là que j'ai réalisé que, depuis que je suis arrivée, je donne 10 pesos pour la camioneta...alors qu'en réalité, et ça m'est revenu au même moment, ça en coûte seulement 5! Bref, j'ai donné des gros pourboires jusqu'à maintenant et j'ai eu l'impression de faire un deal en prenant le collectivo ce matin là!

Izascun était là pour la classe, yééé! Elle m'a reconnue : toujours aussi sympathique! Quand je lui ai dit que j'étais dans le coin pour le teacher training, elle est devenue tellement excitée...ça m'a donné vraiment hâte de commencer! Pour la classe donc, elle ne s'attendait pas à avoir du monde parce que l'été c'est plutôt mort...on était finalement 4 : elle nous a gâtés avec un cours de...2h40...plutôt que 1h30! Ce n'est pas exagéré de dire que je suis raquée ce matin!

Marion la belge était aussi revenue pour le cours. Charlotte et elle avaient comme projets d'aller dans un temazcal (genre de sona traditionnel et naturel) dans l'après-midi. J'avais envie de vivre ça aussi, alors après déjeuner, je les accompagne dans la montagne pour voir si c'est possible. Il n'y avait personne...à part quelques chiens redoutables évidemment. La pluie s'est mise de la partie... On est revenue au village bredouille...et trempée. Le plan b était d'aller voir à Zipolite. On s'est donc donné rendez-vous plus tard dans l'après-midi. En attendant, j'avais une mission à accomplir à Mazunte : Edgar m'avait demandé d'aller porter 2 t-shirts à son ami. Il m'avait dessiné un plan...mais comme c'était retiré du centre, et donc dans des chemins de terre battue, je doutais un peu de la facilité à trouver. Rendue dans le coin, je décide de m'informer, il ne doit pas y avoir des tonnes de "Joel, el radio technico". La dame semble hésiter...et finit par me dire que oui, je dois revenir sur mes pas et aller tout droit. Elle a dû lire dans mes yeux que j'aurais de la difficulté à trouver alors elle me propose de m'y conduire, mais avant elle doit aller au petit magasin. Elle m'invite à m'asseoir sur la roche en l'attendant, ce que je fais! J'entends son chien s'en venir...merde!!!! Il jappe après je ne sais quoi, maispas après moi. Je pensais m'en sauver...mais non, il finit par me voir! Double merde!! Et rien pour me rassurer la dame arrive et lui dit : ne mords pas! Ahhhhhh! Je fais la danse de "j'ai la trouille des chiens au Mexique" et la gentille dame vient le chasser. Fiou!!! Bon! Alors nous voilà maintenant en chemin pour la maison de Joel. Elle m'explique que ça lui a pris du temps à savoir de qui je parlais parce qu'il ne sort jamais dans la rue...ça augure bien! On arrive à une dizaine de mètres de la cabane turquoise, barricadée, plutôt louche...et elle me dit : vas-y et cogne à la porte. Bon...merci madame vous êtes très aimable. Maintenant à moi de jouer. Toc toc toc! C'est qui? Je m'appelle Elise et j'ai quelque chose pour vous de la part de Edgar... Je me demande comment ça va finir... J'entends finalement du bruit...il vient m'ouvrir. Il a l'air assez bizarre le bonhomme : définitivement il ne sort pas souvent de chez lui. Je lui répète que j'ai quelque chose pour lui. Il est méfiant. C'est quoi? Ce sont des t-shirts de la part de Edgar. Je crois voir un sourire timide apparaitre. Il me dit merci. Je ne traine pas, je dis aurevoir et je m'en vais! Edgar m'avait dit qu'il serait vraiment content...j'imagine qu'il l'était! L'important c'est que j'ai tenu ma promesse, le reste ne m'appartient pas. Retour à Zipolite sous la pluie.Déjà l'heure du rendez-vous avec les filles pour le temazcal. On va voir celui que j'avais vu l'an dernier : il n'y a personne. Je m'informe à des gens que je connais : on me dit que ça n'ira pas avant 10 jours...mais qu'il y en a aussi un à la Loma Linda. Pour vrai? C'est là que j'habite et je n'en ai jamais entendu parlé! On retraverse donc le village. Je vais demander à Laura, celle qui s'occupe des chambres. Elle me propose d'appeler à l'endroit qu'elle connait : il n'y en a pas aujourd'hui à cause de la pluie. Bon...notre chien est mort, les filles quittent ce soir. On retourne au village pour manger et on se dit aurevoir. Les adieux en voyage sont toujours aussi particuliers. Tu rencontres des gens extraordinaires, tu passe plusieurs heures en leur compagnie comme si tu les avais toujours connus et puis c'est le temps de dire aurevoir, en sachant que tu ne les reverras probablement jamais.

Je rentre chez moi. Je vois que d'autres étudiants commencent à arriver sur le site, la magie commence à opérer.

Je me couche tôt. Il pleut toute la nuit. Je me lève tard, il pleut toujours, pas mal à part ça. Il n'y a pas trop de fuite dans ma chambre. J'en profite pour me reposer : je suis un peu malade depuis cette nuit et je ne suis pas top shape. Dame nature a bien choisi sa journée pour déverser tout ce qu'elle avait sur le coeur... J'espère qu'elle en aura le cœur net demain! :)

jeudi 14 juillet 2011

développement VS crise...

Avertissement : ceci est le roman #2! L'envie d'écrire m'est visiblement revenue, probablement avec le retour à la vie en solitaire.

Hier, après une nuit orageuse (j'ai un peu eu la chienne au début, mais j'ai fini par trouver ça plutôt cool!), j'ai entrepris un périple vers les villages voisins. Primero : Mazunte, pour faire une provision de granola, pour déguster un fameux "pan de chocolate" (je me croisais les doigts pour que la boulangerie existe toujours!) et aussi pour un cours de yoga (l'école où j'allais l'an dernier, qui est en fait la même école, mais dans le village voisin, parce que présentement il n'y a pas de cours à Zipolite). Secundo : Pochutla pour faire quelques provisions de bouffe, mais surtout d'argent (pas de guichet ni à Mazunte ni à Zipolite). Je suis partie assez tôt pour m'assurer de croiser une camioneta, ce qui n'a finalement pas été si difficile...cette fois-ci! Je suis donc arrivée très tôt avant le début du cours. J'en ai profité pour arrêter à la tienda du coin pour faire une provision de granola. Je fais le tour deux fois pour être certaine : pas de granola! Bon...ok...respire et informe-toi! La dame m'explique que la personne n'est pas en production en basse saison. Dé-cep-tion!...mais bon...je devrais survivre! Je descends donc la rue qui mène au bord de mer. La terre battue a laissé place à un pavé bien rustique : pas pire cute! Mazunte est en plein développement, mais réussit à garder son petit cachet bien à lui. (Edgar m'avait demandé ce que je ferais si je gagnais beaucoup d'argent : et bien je confirme, c'est bel et bien ici que je construirais une petite maison...écologique évidemment!). J'ai le temps de gâter mes papilles avec café avant le début du cours. Je monte au studio : pas de trace d'Iza... On est cinq à attendre le prof. Je me fais demander si je suis le prof...non pas encore! L'idée me fait sourire. Une madame américaine m'explique, dans un espagnol typiquement américain, qu'étant donné qu'il pleut, il y a de fortes chances que le prof ne vienne pas parce que le studio devient mouillé. Bon... Je décide d'attendre quand même un peu parce qu'on est au Mexique et que 9h...ça peut aussi vouloir dire 9h15... En attendant, je fais la connaissance d'un fille bien sympathique, une Belge. On est resté là à jaser un bon moment pour se rendre à l'évidence : le cours est réellement annulé. Elle me propose d'aller déjeuner avec elle et son amie, qu'elle alla réveiller. Excellente idée : je dois me rendre à Pochutla...mais il pleut beaucoup alors ça laissera le temps à dame nature de se calmer. Marion et Charlotte étaient de bien bonnes candidates pour passer le déjeuner. Elles dormaient dans ces fameux lits suspendus dont j'étais tombée en amour l'an dernier, vous vous souvenez? (Marion a d'ailleurs trouvé ça très mignon qu'on dise "tomber en amour" au Québec, plutôt que "tomber amoureux"). J'étais donc très curieuse de savoir comment elles avaient vécu l'orage, moi qui avait un peu eu la trouille entre quatre murs. Semblerait-il que ce n'était pas si mal, quoi que la pluie se faisait, disons...rafraichissante. Enfin bref, après le déjeuner, la pluie ayant cessée, le périple peut continuer. Je remonte la rue...destination boulangerie (je me croise les doigts!). Alleluia!!! Je vois quelqu'un descendre la rue avec un de ces gros paniers habrillé, rempli de pains encore chauds!! Même si je viens de déjeuner, mes papilles s'activent et mon cœur palpite! Maintenant, les pains au chocolat ressemblent plutôt à des chocolatines : j'en achète un que je garde pour plus tard, parce que mon pain doré au yogourt et au fruit était déjà très satisfaisant! Je décide d'aller faire mon tour au magasin de cosmétiques naturels de Mazunte. Fait étrange : il y a deux autobus voyageurs garés devant! Plutôt spécial dans un micro village comme Mazunte. C'est donc rempli de touristes. Évidemment, je ne peux m'empêcher de prendre quelques produits au passage. Alleluia #2!!!! DU GRANOLA!!! Ils vendent du granola!!! Yihooo! Je décide de faire la file pour la toilette avant de partir et j'ai droit à un beau spectacle pendant l'attente : une colonie de chauves-souris sont nichées et se promènent dans la mezzanine au-dessus des toilettes.

Maintenant l'étape de l'attente de la camioneta pour Pochutla...ça a dû prendre un bon 45 minutes avant qu'il en passe une...pour en plus se faire descendre à la jonction de deux routes à l'entrée de la ville : encore donc 20 minutes de marche pour atteindre le centro...comme quoi ils ont vraiment changé les trajets! Je passe donc à la banque et croyez-moi que j'ai retiré le maximum que je pouvais parce que non, je n'avais pas l'intention de revenir à toutes les semaines! Je fais aussi la file pour demander du change : le guichet donne presque juste des billets de 500 pesos. Dans un village où tu te fais demander "tu n'as pas de change?" quand tu présentes un billet de 100 pesos (qui équivaut à 10$ CAN)...ce n'est même pas une option de faire faire du change à la banque. Elle peut seulement me donner des billets de 100...mais c'est mieux que rien. Me voilà donc avec un méchant motton de billets. Je vais fouiner au marché, dans les rues, les petits magasins et les épiceries et je décide de retourner jusqu'à l'entrée de la ville en espérant augmenter mes chances de croiser une camioneta. Je croise des chiens...grrr...je croise aussi un monsieur qui me dit que je marche vite (c'est la 2e fois qu'on me dit ça depuis que je suis arrivée et j'ai pourtant l'impression d'avoir baissé ma vitesse de moitié au moins!), mais je ne croise pas de camioneta! Alors vous devinerez que...j'attends...! Il y en a finalement une qui arrive!!! Yihooo!

De retour "chez moi" : la terrasse est vide, la table et le hamac sont en train de sécher ailleurs. Tiens tiens...méchant beau spot pour hooper ça!!! J'ai donc enfin sorti mes cerceaux, mes poi et mes balles de jonglerie! Encore Yihooo! En allant souper au village, je finis par trouver April, son amie a ouvert un nouveau café. Je réussis à revenir sans trop me faire casser les pieds par les chiens.

Ce matin, j'ai fait la grasse-matinée : bientôt je devrai me lever à 5h30 presque tous les jours. Jus d'orange dans mon hamac, lavage, révision d'espagnol...bref une matinée assez relaxe! J'ai aussi décidé que l'époque de mes gougounes était terminée, c'est tellement plus plaisant de se promener nu-pieds! Il fait un peu soleil : je vais me taper un déjeuner du Shambala au bout de la baie...mmm! Il y a des gens qui se baignent aujourd'hui : ils sont fous ou quoi!! La mer est vraiment violente! La semaine prochaine commence une grosse compétition de surf à Puerto Escondido, où les vagues sont déjà immenses en temps normal, j'ai bien hâte de voir ça à ce temps-ci de l'année. Après le déjeuner, je monte sur la montagne à mon spot préféré du village. Je vois des lézards partout, des papillons, des crabes... Le chemin est recouvert de végétation...et de vie! Le palapa du sommet est, lui aussi, en mille morceaux. L'énergie de cet endroit est vraiment particulière...et tellement intense! Même cet endroit, aussi parfait soit-il, a été endommagée...

Au retour sur la plage, un type me fait signe d'aller les rejoindre lui et son amie. Il a l'air dans les vapes pas à peu près le mec : les yeux plutôt vides, pas beaucoup de dents...il me fait une accolade et m'offre sa chaise. Son amie n'a pas l'air bien plus à jeun. Le mec m'offre une gorgée de coke, "c'est juste du coca" qu'il me dit! Messemble ouais! J'ai l'impression qu'ils espéraient avoir trouvé une candidate pour leur acheter quelques sortes de drogue qu'il soit...ils se sont rendus compte bien assez vite qu'ils allaient devoir passer à un autre appel... Je suis quand même restée jaser avec eux un peu. Ils ont mis des mots sur ce que j'avais réalisé quelques instants plus tôt : Zipolite est en crise. Il y a un petit sentiment de tristesse...ou plutôt d'impuissance qui plane. Pas que ce soit déprimant, au contraire, seulement la constatation d'une réalité...que rien n'est permanent, que tout est à reconstruire...et ici je ne parle pas seulement de bâtiments évidemment.

Un gros contraste donc, entre Mazunte, qui est en plein essor parce qu'il a été épargné, et Zipolite, où tout est à refaire.

Ma mère me demandait ce que je faisais de mes journées. Alors voilà : de la lecture, du cerceau, et mon nouveau dada, apprendre à jongler...parce que, ça aussi, ça me colle un sourire au visage à tout coup! Quand le plaisir y est, c'est fou de quoi est capable l'être humain...

Les journées sont plutôt grises et pluvieuses, mais je ne pourrais me sentir plus à ma place, ici, maintenant!

mercredi 13 juillet 2011

Todo cambio!

Voici un "post" qui est disons-le, assez long! Prière de passer go si vous n'avez pas le temps ou l'envie de lire un petit roman...

Voici une phrase qui faisait le front page d'un journal d'art de Mexico : "Las cosas mas bellas de la vida son gratis". Je suis de plus en plus d'accord avec cette affirmation, mais, est-ce qu'on peut considérer 22 pesos (1.80$ CAN) comme gratuit pour une ride d'une heure genre "montagne russe" entre Huatulco et Pochutla?

Même si en général, l'Homme n'aime pas le changement, il est quand même fait pour s'y adapter. Heureusement que j'aime le changement : j'ai été bien servie avec mon retour en terrain "connu", qui me paraît finalement inconnu et c'est bien tant mieux! C'est impressionnant de voir comment de si petits villages peuvent changer en aussi peu de temps!

En arrivant à Pochutla, je fais donc "comme d'habitude" : j'attends la camioneta qui va à Zipolite! J'attends...j'attends...j'en vois une...qui s'en va à Puerto Angel...alors j'attends...une autre qui s'en va à Tomatlan... j'attends encore... Un hippi avec la boîte de pick up remplie d'un arbre (si ce n'est pas deux!) coupé en morceaux me demande où je vais. Il me dit que je peux prendre un taxi, mais me suggère la camioneta. J'attends toujours... Un gentil monsieur me demande où je vais et me dit qu'il n'y a pas de camioneta pour Zipolite qui passe par ici. Je suis un peu surprise et je lui explique que je me fiais à l'an dernier. Il me dit que ça a changé et m'explique où aller. C'est vrai que la ville a changé : il y a maintenant un super marché. Ça clash avec la petite ville! Je change donc de rue et je confirme ma position avec une demoiselle. Et là encore, j'attends... Un taxi essaie de me faire croire qu'il n'y a pas de camioneta à cet endroit...je lui dis que oui, que j'ai confirmé avec quelqu'un...il me dit que ça va être long...je lui dis que je ne suis pas pressée..il me fait un prix...je lui dis que la camioneta c'est moins cher...il est déçu que je sois trop au courant...il finit par s'en aller. Alors j'attends...

La camioneta finit par arriver! Yé! Parce que traîner un sac de 13kg (c'est beaucoup trop je sais!) sur des épaules rouge-homard...c'est toujours le fun quand ça arrête! La route paraît bien différente avec la végétation gorgée d'humidité! La senteur elle? Toujours la même : ça sent la côte de Oaxaca, ça sent les souvenirs, ça sent bon! Des gens sympatiques entrent dans la camioneta, on jase un peu, mais j'arrive déjà à destination. J'oublie comment dire "sonnette" en espagnol...je demande. On sonne pour moi et on me répond tous de bon cœur : el timbre! Je ne devrais plus l'oublier maintenant...

Je monte donc jusqu'en haut de la colline dans les escaliers labyrinthiques (je vais compter les marches pour le fun, juste ça, c'est un excellent exercice!). Laura est là pour m'accueillir et me montre mon espace. WOW!! Sur ma terrasse, pourvue d'une table, d'un hamac et d'un arbre qui me fournira de l'ombre pour la sieste d'après-midi, la vue est vraiment débile! La mer est haute et puissante comme je ne l'ai jamais vue! Ma chambre, elle, est assez minuscule, quoi que parfaite : il y a un lit pour dormir avec une fenêtre donnant sur le lever du soleil en prime! Aussi : douche en plein air avec vue sur la mer...je ne pouvais pas vraiment demander mieux comme "appartement" pour l'été.

En défaisant mon sac, j'ai aperçu un crabe dans le coin de ma chambre...je l'ai suivi du regard jusqu'à ce que Theresa, la femme de chambre, me parle sous le seuil de la porte. Vous devinez que j'ai perdu le crabe de vue... Mais bon...pas vraiment grave...même si mon lit est au niveau du sol, je me dis qu'il est surement sorti par la fenêtre...

L'heure était enfin venue de manger : Youuhooouu! Au programme : marcher jusqu'à l'autre bout de la baie pour un fameux enchiladas de mole du Shambala (j'en ai presque rêvé depuis un an!). En chemin, je constate que presque la moitié de toutes les constructions (sommaires!) sur le bord de la plage a été ravagée par la mer. Tout a tellement changé! Même le chemin pour monter à Shambala : il y a tellement de végétation à ce temps-ci qu'on dirait que le chemin est deux fois plus étroit. J'ai presque du mal à me reconnaître. Le bedaine pleine (mmm...c'est toujours aussi bon!), je croise Martin, celui qui m'avait fait mes boucles d'oreilles. Il me reconnait. Je demande ce qui se passe avec la mer...il me dit que le courant est exceptionnel cette année. Je retourne vers la plage à la recherche des gens que je connais. Premier stop : le bar où j'ai travaillé. April la gérante ne travaille plus là. Bon... Deuxième stop : trouver le bar que mes deux amis ont ouvert après mon départ. Rien! Un gars m'explique que depuis que la mer a ravagé la côte il y a un mois, le bar n'existe plus. Bon... Il me reste encore six semaines pour les trouver s'ils habitent encore le village...

Je vais me chercher des légumes frais pour souper, je prends une douche, je relaxe dans mon hamac. J'entends les chiens japper : je suis dont-bien-tu contente d'être perchée en haut! Quoi que je ne tarderai surement pas à ajouter une aventure à ma liste dans la catégorie "maudits chiens errants de plage"...

Vient le temps d'aller au lit. J'allume la lumière et me prépare à entrer dans mon moustiquaire...qui-que-je-ne-vois-tu-pas à la base de ma tête de lit? Plaqué au mur, immobile comme s'il venait de se faire pogner les culottes à terre...le crabe évidemment! Vous auriez dû lui voir la face... Je me suis faufilée dans mon moustiquaire, en espérant que ça lui tente d'aller jouer dehors cette nuit!

Ne reste plus qu'à m'endormir au son des vagues qui cassent à toute allure sur la plage.

L'immensité dans sa plus grande beauté

L'immensité dans sa plus grande beauté