mardi 21 mars 2017

Las compras de Pochutla

Souvent quand j'arrête d'écrire pendant un bout, je viens à penser que c'est parce que je n'ai rien à dire. Et pourtant, quand je m'y remets ensuite, je suis prise dans un tourbillon d'histoires, qui me demande faire tout un casse-tête pour trouver une façon que ça ne soit pas trop un bordel à suivre.

La publication précédente, j'ai mis 5 séances de travail sur 2 jours pour la terminer. La 1ère, c'était entre 7h du matin et 9h chez moi, passant de mon lit à mon hamac. J'ai pris une pause pour descendre au village. La 2e, c'était au resto, avec un café. J'ai pris une pause pour déjeuner. La 3e, c'était après le déjeuner. J'ai pris une pause pour entretenir ma vie sociale avec une amie qui passait. La 4e, c'était après son départ. J'ai pris une pause parce que la pile de mon téléphone me l'imposait. J'ai horreur de ne pas terminer une histoire quand je la commence ; quand ça arrive, elle reste dormante dans mes notes...et j'en ai déjà quelques unes comme ça! J'ai quand même pris le reste de la journée off parce que j'étais rendue là ; il vient un moment où le cerveau est un vrai bouilli et ne veut plus coopérer à rendre les choses fluides...et aussi un moment où c'est le temps d'aller à la plage.

Bref, cette dernière publication m'a donné envie de battre le fer pendant qu'il est chaud. Et hier, c'était chaud! Je suis allée à Pochutla avec mon amie québécoise Manon. On avait toutes les deux des choses à faire chacune de notre côté. J'y étais allée la semaine dernière pour "magasiner" des articles pour la maison et cette semaine, pour les acheter. Ceux qui me connaissent bien savent que, soit j'achète sur un grand coup de tête (que je regrette souvent après coup) ou soit je regarde TOUTES les options possibles avant de faire un choix. J'ai opté pour la 2e méthode, qui n'est évidemment pas la plus douce quand les magasins sont à 1h de transport collectif. Qui dit Pochutla les lundis, dit marché hebdomadaire avec des centaines de kiosques de toutes sortes d'affaires, passant des fruits, au café, aux chapulines (sauterelles), aux gougounes, aux rallonges électriques, aux brosses à dents, aux pièces de "blender", aux meubles, aux outils, aux bobettes...alouette!

Bref, c'est un bain de foule fascinant, mais chaotique, rempli de vendeurs aux techniques de marketing des plus efficaces, du genre :

"Hay (qui se prononce a-i) Aguaaaaa!! Hay agua de sandia, de jamaica, de melon, de naranja. Hay aguaaaaaa!!!" (Et ce, crié, rapidement, et répété toutes les...2 secondes...!)

Ou une autre technique du genre :

"Guerra! Que te llevas? Guerra?...Guerra!" (Traduction libre sur un ton plus sec que l'autre de la agua) : "Hey la blanche, qu'est-ce que tu te ramènes? Envoye, come on la blanche! Achète-moi quelque chose!)

Ouf!
C'est toujours une...expérience! Mais pour quelqu'un qui aime prendre son temps, fouiner et magasiner...c'est un peu étourdissant, voir même stressant! Quand j'y étais allée la semaine dernière, j'étais remplie d'ambition d'acheter plein de cossins pour la maison. Mais, comme souvent quand je vais à Pochutla, je repars les mains presque vides en me disant que c'est épuisant trainer le stock dans le collectivo et que de toute façon, je peux tout trouver (presque!) au village...pour quelques pesos de plus évidemment.

C'était la 4e fois cette année que j'y allais et je dois avouer que je commence à y reprendre plaisir en le vivant différemment. Avant, j'arrivais, je me débarrassais de tout ce que j'avais à faire et je rentrais chez moi au plus...vite. Maintenant, j'apprends à en profiter. Je prends le temps d'aller boire un café entre 2 achats, de manger "una orden (ou deux!) de tacos" assise sur un petit tabouret de plastique cassé autour du stand ambulant en pleine rue principale quand j'ai faim, de m'acheter una "Agua" à la personne qui criait tantôt quand je finis par avoir soif.

Prendre le temps de passer du "vrai" temps dans Pochutla me permet d'être plus relaxe et d'avoir du fun à faire mes achats. Quand je suis fatiguée et écoeurée, ça finit souvent par : "F**k off! Ça m'tente pas de gosser! Je m'en r'tourne à la plage! Ya!", particulièrement quand c'est pour des choses que je ne suis pas habituée d'acheter et que je ne sais pas trop comment ça marche.

Mais, hier, parce que j'avais la bedaine pleine et le système nerveux plus reposé, j'ai pu acheter des choses moins habituelles, avec le sourire!

La première, ça a été du tissus. C'était un peu long et un peu compliqué comme processus : tu dois demander à un gars pour qu'il coupe ton tissus, qui lui te donne le papier pour que tu passes au gars de la caisse pour payer, qui lui t'envoie au gars du comptoir pour recevoir ton tissus, qui lui revérifie si le premier gars a bien fait sa job (et qui ne manque pas d'user de son statut hiérarchique pour lui faire sentir comme une merde s'il a donné 7cm de trop sur 5m).

En sortant, j'ai vu des beaux rubans, vendus au mètre, qui feraient plaisir à mes amies qui m'ont demandé de leur faire un bijoux de cheveux comme le mien avant de partir. Processus compliqué, prise 2...qui valait la peine : 3 pesos pour 6 mètres (0,19$ peut-être?).

Prochain achat "nouveau" : des clous! Ici, les quincailleries sont loin de ressembler à Réno Dépôt! Principalement, c'est un comptoir où tu demandes ce que tu as besoin, même pour une ampoule ou du tape électrique. Je demande donc comment ça marche pour acheter des clous. Il me pointe une étagère où il y a environ 6 grosseurs de clous...vendus en vrac, au poids.
Mmm...Bon...ok...
Je m'approche et je prends un p'tite poignée de clous. Un peu gênée par l'absurdité de la situation, je demande au monsieur où je dois les mettre. Il me pointe l'énorme balance. J'éclate de rire, du genre "méchante belle touriste Elise avec ta 20aine de clous"! Je les dépose...doublement gênée. Il les met dans un petit sac et me dit, avec un ton d'impuissance, de demander à la caissière combien ça coûtait. J'avais presque compris qu'il me les donnait...mais au final, c'était tout comme :

"...eee...1 peso" qu'elle me dit.

C'était sans aucun doute la première fois qu'ils vendaient assez peu de clous pour que même la balance s'en balance!

Le dernier achat peu commun : du boeuf haché. La seule fois que j'ai eu à acheter de la viande ici, c'était pour faire un pâté chinois à mon ami l'an dernier et c'est sa belle-soeur qui s'en était chargé. Je passe donc dans la section "viande" (suspendue) au marché, à la recherche du comptoir le plus inspirant. Un des vendeur me dit quand je passe devant: "Que te llevas guerra?"

Son comptoir était top clean, son chandail blanc était blanc et il était sympathique. J'ai décidé qu'il méritait mon achat :

"1 kilo de carne molida por favor".

Il me pointe la pièce de viande suspendue entre nous deux, avec une certaine attente d'approbation. Ce que j'ai fait...même si pendant une fraction de seconde, une partie de moi se dit qu'il est rendu 2h de l'après-midi et que le morceau poirotte là depuis le matin. Il m'assure qu'il va la nettoyer avant de la mouliner. Je ne comprends pas trop comment jusqu'à ce qu'il se mette à enlever au couteau le peu de gras visible. J'ai toujours pensé que le boeuf haché était un ramassis de toutes sortes d'affaires. En tous cas, pas dans ce cas-ci! La viande n'avait peut-être pas "l'air fraîche" comme nos standards nous enseignent, mais c'était bel et bien de la qualité! 150 pesos de viande (chaude!) en mains, prête à reconquérir...la route. Je suis rentrée avec Manon...et un giga panier rempli de missions accomplies. On a pris un taxi collectif (un peu plus simple et plus rapide), se partageant chacune une fesse sur le siège avant.

Ce fut une de mes plus belles journées passées à Pochutla.

La viande, c'était encore pour faire un pâté chinois. Depuis que je suis arrivée que je me suis engagée à en refaire un à mon ami. Ici, ça passe très bien, mieux que la poutine! C'est en fait une variation sur le même thème que de ce qu'ils connaissent...patates, maïs et viande... Toujours un peu bizarre par contre de les voir manger ça avec de la sauce forte et...des tortillas! Le chum de Manon tripe là-dessus aussi et ça l'air que c'est moi qui fait le meilleur. Je soupçonne la réussite grâce à mon lègue génétique de faire des bonnes patates pilées. Bref, c'est fait : j'ai mangé mon pâté chinois de l'année! Je peux passer à autre chose!

Le printemps se faire sentir ici aussi, il fait chauuuuud!!! Vivement ma grande terrasse aérée à l'ombre et les vagues rafraichissantes de la mer!

Bon équinoxe de mars!!

lundi 20 mars 2017

Mieux partir...pour mieux revenir...

C'est toujours un peu inconfortable d'acheter un billet de retour. C'est souvent une petite bataille entre :
"Je ne peux pas croire que je suis rendue là", "Je ne me sens pas si prête à partir" et "Il faudra bien rentrer un jour de toute façon".

L'an dernier, je m'étais juré de ne pas rentrer avant avril parce que mars c'est encore trop tôt. Ici tout le monde me dit :
- Oui, mais mars, c'est le printemps non!?
-Oui...mais non! Dans le calendrier oui...dans la nature c'est rarement le cas.

Vous savez de quoi je parle...avec LA tempête de l'hiver que vous avez eu mardi. C'était LE sujet du jour...même ici au restaurant! Malgré la période tranquille et la plage plutôt déserte, il y a encore beaucoup (trop?!) de québécois. J'ai reçu des messages et des photos de vous qui pensiez à moi...merci c'était très touchant (hihi!).

J'adore la neige!! Oh oui!! Je vous jure que j'adore la neige...surtout quand je n'ai pas d'obligations envers elle...du genre déneiger et conduire l'auto! Je me serais bien téléportée au Québec le temps de me pitcher dans un banc de neige, de faire de la raquette, de descendre un piste de poudreuse en snowboard, de dessiner un géant mandala sur la rivière et de m'asseoir en combines sur le bord d'un poêle à bois.

Mais cette journée-là de tempête, je n'ai pas eu le courage d'ouvrir facebook plus que 10 secondes. Une fuite peut-être...mais c'était surtout "just too much" sur un seul et même sujet. Et comme je ne suis pas fan des discussions sur la pluie et le beau temps, j'ai préféré profiter des moments ici (pas pour vous écoeurer là)...avec la plage, la chaleur et la mer...

Avril donc, c'est le mois que j'avais projeté pour rentrer. C'est le mois où le contrat de sous-location de mon cocon au Québec se termine, et payer 2 loyers en même temps ne faisait pas parti de mon plan, ni logique, ni monétaire (après tout, depuis décembre que je me gâte ici!).

Avril, c'est aussi le mois de la "semana santa" (semaine sainte). Les mexicains viennent à la plage profiter de leurs vacances...et c'est loin d'être sain! C'est plutôt la folie...c'est plutôt bof!

Alors que je commençais à penser que peut-être il serait temps de regarder une date de retour, j'ai vu passer l'annonce d'un festival de salsa organisé par mes profs du Québec...le 1er avril. Moi qui voulais rentrer en avril...il faut toujours faire attention à ce qu'on demande, non? J'aimais bien i'idée de revenir pour danser dans un festival en compagnie de mes précieux amis de salsa, mais ça impliquait que je rentre AVANT avril. Je n'étais pas encore convaincue...

Mais il vient un moment où les événements parlent. Cette fois-ci, ils m'ont chuchoté, que parfois, il vaut "mieux partir", pour "mieux revenir".

Je vous en ai déjà parlé ; ici, je me sens chez moi..."home"...

La première fois que je suis passée sur cette partie de la côte, j'ai senti que j'avais trouvé "ma" place. Cette année, ce sentiment est plus fort que jamais. Ici, je peux plonger, nager et baigner dans ma créativité, mes émotions et mes passions. J'ai trouvé une place, même deux, où je peux offrir autant que je peux recevoir. Tout ça contribue à nourrir mon sentiment d'accomplissement ; un besoin essentiel à mon bonheur.

Une des places qui me fait sentir à "ma" place, s'appelle "Casa de Pablo". Pablo c'est le propriétaire de la maison où j'habite. Je l'ai rencontré ici l'hiver dernier quand il était de passage pour des vacances dans sa maison. Quand il est parti, je lui ai proposé de recevoir les futurs voyageurs qui parlaient anglais pour faciliter la communication. C'est là que je suis tombée en amour avec le principe de AirBnB : j'aime tellement prendre soins des espaces de vie et de ses occupants, que ça me donnait envie d'en faire plus.

Par un heureux hasard (mais puisqu'il n'y a pas de hasard, mais que des rendez-vous), disons plutôt...
par un heureux rendez-vous, quand j'ai contacté Pablo en novembre pour louer la maison, elle était toujours disponible. J'ai donc loué l'appartement du haut un mois avec mon amie Marie-Pierre, tout en ayant la chance de jouer à l'hôte avec les locataires de l'appartement du bas.

Je suis ensuite déménagée dans mon hôtel fournie pour la durée de mon contrat de travail. J'aurais pu y rester plus longtemps, mais la vie tranquille de la maison retirée en montagne me manquait. Encore un beau hasard/rendez-vous : l'appartement du haut était loué, mais celui du bas était disponible.

Après avoir ouvert toutes (il y en a plusieurs!) les fenêtres, déplacé quelques trucs et installé une branche pour suspendre mes vêtements, c'est devenu "chez moi". Un beau cocon qui me ressemble. Petit, simple et coloré... À ma grande surprise, je m'y sens encore mieux qu'en haut! J'ai moins de vue, mais autant d'air, sinon plus, et j'ai une terrasse immense qui me sert de salle à manger, de salon, d'atelier, de salle de yoga...

Cette maison m'a donné l'élan de me remettre à une de mes grandes passions : observer l'espace, le réfléchir. Trouver des façons simples de l'organiser, de l'aménager, pour le rendre plus cute, plus fonctionnel et plus confortable.

Ça fait quelques années que je cherche un moyen d'en faire mon travail, mais comme le "homestaging "n'est pas populaire au Québec, je pense avoir trouvé une solution ici :
j'ai proposé à Pablo de m'occuper de quelques trucs, ce qu'il a accepté en m'accordant toute sa confiance. J'ai ressorti la peinture restante de mon projet de murale de l'an dernier et je me suis amusée à mettre un peu d'amour ici et là.

Au fil des messages que nous avons partagés, Pablo est devenu un ami. Je me sens très choyée de cet échange ; habiter et s'occuper de la maison de la personne qui l'a construite et qui rêve d'y vivre, c'est une opportunité très nourrissante.

Le comble? C'est que je peux continuer à jouer à l'hôte en m'occupant des locataires d'en haut. La dernière famille qui est venue a d'ailleurs été très inspirante. Des ontariens fort sympathiques, relaxes, intéressants et intéressés. J'ai même pu pratiquer mes techniques de maquillage sur le visage de la petite Avielle, la plus cute, tranquille et adorable des enfants. Maintenant qu'ils sont partis, je m'ennuie un peu de leur présence, particulièrement la nuit, où un simple craquement de branche me met parfois en mode "sur mes gardes".

J'ai tellement d'idées, de projets et de motivation pour cette maison, que je commençais à sentir qu'avril viendrait beaucoup trop vite et que je manquerais de temps pour tout faire.

Comme la vie fait bien les choses, un matin, tout s'est éclairci.

Je suis descendue à mon resto préféré. Préféré à cause des tables qui sont sur la plage (et donc mes pieds dans le sable), à cause des beaux souvenirs que ce lieu commence à emmagasiner, mais aussi à cause du café, des cocktails....et...du wifi.

Je me suis donc mise à écrire à Pablo : j'avais envie de lui proposer mon aide pour gérer le site AirBnB de la maison. Chose qu'il a acceptée et qui m'a vraiment fait plaisir. C'est tellement satisfaisant de savoir qu'on aide quelqu'un en faisant quelque chose qu'on aime par dessus le marché! Ça commençait bien la journée!

Ensuite, je suis montée au studio de yoga pour voir Brigitte : j'avais une offre à lui faire suite à mon expérience d'assistante, que j'ai a-do-rée!

Bien sûr, comme toute première fois, je n'étais pas toujours tout à fait comme un poisson dans l'eau. J'ai rencontré certaines de mes limites (du moment), particulièrement quand est venu le temps de jouer à la traductrice...parce que oui, j'ai dû le voir comme un jeu pour éviter de me juger dans ce qui n'était pas le plus fluide, le plus confortable, ni le plus réussie de ma vie. Mais j'ai aussi rencontré mes forces ; j'ai acquis une quantité, mais surtout une qualité d'informations au cours de mes formations et je prends un réel plaisir à les partager.

(Merci spécialement à Hervé Blondon de Satyam Yoga à Montréal pour les enseignement qu'il m'a transmis. Il m'ont permis de me sentir plus solide et de créer un climat de confiance autour de moi).

Les élèves l'ont apprécié. Brigitte aussi. Au point de me demander de l'assister dans la retraite qui suivait immédiatement la formation...ce que j'ai accepté sur le champs! Elle m'a aussi lancé l'idée de donner des cours à l'horaire régulier de la prochaine saison, chose que je n'ai pas refusée ni acceptée, étant donné que je n'avais toujours pas de plan pour l'hiver prochain.

Ce matin-là donc, je me sentais prête à lui proposer de l'aider à enseigner dans une future formation de prof, considérant que j'ai les connaissances, les aptitudes et la motivation nécessaires pour le faire.

Avant même que je prononce un mot, elle me dit (en anglais ou en espagnol...je ne sais plus! Il vient un temps où toutes les langues deviennent la même...) :

- "J'aimerais que tu me dises si tu veux officiellement donner des cours l'hiver prochain. Aussi, j'aimerais savoir si tu peux m'assister à la prochaine formation de février. "

- ... (moment de silence dans mon coeur)

Une pierre, deux coups.
Touché, coulé.

J'ai évidemment accepté, en plus de lui parler de ma proposition. Je ne sais pas si je serai vraiment prof dans la formation de profs, mais au moins, ma flèche est lancée. Le temps me dira si elle passe au travers des réflexions de Brigitte pour atteindre la cible de ses besoins. Chose certaine, me voici, de nouveau, avec un plan pour le prochain hiver, dans ce lieu de ressourcement, que je considère le refuge de mon âme.

J'ai toujours rêvé de passer plusieurs mois sur le bord de la mer et depuis que j'ai fait ma formation de prof ici, je m'imaginais y revenir pour travailler. Parfois ce qu'on désir nous crée des attentes, et qui dit attentes, dit souvent déceptions. Pas dans ce cas-ci! Au contraire... Peut-être parce que cette vision était crée par les yeux de mon coeur...et ce qui vient réellement du coeur ne vient pas avec des attentes (?).

J'arrive à peine à croire que ça se passe.

Il y a de ces choses qui viennent à nous, parfois qui sont au delà de nos attentes, au delà de nos demandes, et qui confirment que nous sommes à la bonne place.

Je peux affirmer aujourd'hui que, en plus de "ma" maison, j'ai aussi trouvé ma famille ici, celle de Solstice Yoga.

Gratitude.

Donc, si tout continue dans la même direction, en plus d'avoir du travail l'hiver prochain, je pourrai continuer de m'occuper de la maison de Pablo et de ses visiteurs.

Cette journée-là, j'ai senti que je pouvais partir...pour mieux revenir...

J'ai acheté mon billet de retour le jour suivant.

Je rentre donc le 30 mars au Québec...mais Chuuuut!!
Ne le dites pas à ma gang de salsa, c'est une surprise...

P.S. Il semble que le doux soleil du printemps est finalement bel et bien arrivé avec la date sur le calendrier. Je suis bien heureuse pour vous! Et si ce n'était pas qu'il me reste moins de 2 semaines ici, je me permettrais presque d'être jalouse, c'est un feeling incroyable de vivre la fin de l'hibernation. Mais connaissant Dame Nature, elle risque de garder des surprises pour mon retour...

lundi 6 mars 2017

Welcome Home!

Vendredi, en milieu d'après-midi, je suis descendue au village pour publier le billet de blogue que j'avais mis plus que la matinée à pitonner. Chaque fois, c'est un moment particulier de peser sur "envoyer". Plus souvent qu'autrement, après avoir manié tant d'idées et de mots sur plusieurs heures, c'est un sentiment de satisfaction qui m'habite. Parfois, c'est aussi un sentiment d'inconfort. Même si je le fais plus que tout pour moi, il reste que partager publiquement un bout de mes pensées me place dans une certaine position de vulnérabilité ; l'humain est conditionné à juger selon le critère "j'aime" ou "j'aime pas". Et, on ne se le cachera pas, il cherche à...
Eeeee non, je me reprends...(technique de meilleure communication oblige) : MOI je cherche à, entre autre...m'exprimer librement sur ce que je suis, sur comment je me sens.

Toujours est-il, qu'après voir publié sur mon blog, je vois dans ma boîte de courriels, une invitation qui date du matin, à me joindre à des amis de Victo dans une ville à 1h30 d'ici, pour une soirée qui s'annonçait super.

Ma voix d'instinct (voix #1) me dit :
"Yeahhhh vamos!!"

L'autre petite voix, elle (voix#2), celle de l'insécure-perfectionniste que j'ai déjà été (et que je suis encore par moments), n'a pas perdu de temps pour rouspéter :
"Ouin...mais tu viens d'arriver à la plage et ton plan s'était de te baigner...

Et s'ensuit le dialogue entre les deux :

Voix #1 :
Tu ne mourras pas si tu manques la plage...pour 1 journée! Et c'est pas comme si tu n'en avais pas profité depuis décembre...et qu'il ne te restait pas encore plusieurs semaines ici. En plus, les vagues sont encore gigantesques aujourd'hui, tu n'auras même pas tant de fun!" Et là-bas aussi il y a la mer!! Pfff!

Voix #2 : Il est déjà un peu tard...
Voix #1 : Euh...il est juste 15h!!

Voix #2 : D'habitude tu préfères te déplacer le matin.
Voix #1 : JUSTEMENT, t'es ici pour travailler à briser les habitudes...

Voix #2 : Tes bagages ne sont pas fait...
Voix #1 : Quels bagages?! T'as besoin d'un bikini, ta brosse à dents et des bobettes!

Voix #2 : Ah oui pis, pis t'avais prévu assister aux shows de cirque ici le soir.
Voix #1 : PRÉVU...c'est justement un mot que tu dois apprendre à utiliser avec parcimonie. Il faut bien sauter dans le bateau quand il passe...

Voix #2 : ...

Voix #1 : Gna gna! 5-0 pour moi! VAAMONOSS!!

Je sais, c'était un beaucoup trop long dialogue, voir même monologue, pour rien, mais je travaille fort à réduire l'espace disponible pour la parfois-trop-fameuse voix #2.

Bref, une heure plus tard, j'étais douchée, "coquettée". J'avais bien barricadé mon appartement contre les voleurs et les bestioles qui auraient voulues explorer mon refuge en constatant mon absence prolongée (surtout qu'en sortant mon sac j'ai vu la plus grosse des araignées de ma petite vie d'aventureuse...que vous savez, n'est rien comparée à un safari en Afrique ou du camping en pleine jungle (je vous épargne l'histoire avec l'araignée...vous me connaissez un peu, vous pouvez vous imaginez un scénario...). J'avais aussi géré le départ du locataire d'en haut que j'aurais normalement fait le lendemain, mon (mini)sac était fait et j'avais les fesses dans la boîte de pick-up, prête pour l'aventure...

Wouhouu....grosse aventure je sais!! C'est juste à 1h30 d'ici et c'est une ville où je suis déjà allée sporadiquement dans le passé, mais l'excitation de sortir de mon petit patelin (et de ma grosse, parfois trop grosse, bulle), et d'aller voir des amis était bel et bien là!

C'était tellement satisfaisant de partir avec presque rien (encore moins que d'habitude) et une idée plutôt vague d'où je m'en allais, sans même ressentir une seule pointe d'insécurité. C'est beau (et nécessaire!) de sortir de sa zone de confort de temps à autre, mais c'est aussi super intéressant de pouvoir surfer sur du "juste un peu connu". C'est juste assez pour avoir besoin d'entrer en contact avec quelqu'un dans la rue pour demander son chemin, et pas trop pour être chargée d'un stress qui empêche parfois d'apprécier la magie du moment.

J'ai passé 3 belles journées super bien entourée. J'ai rencontré des beaux jeunes bénévoles à l'auberge. J'ai découvert (et redécouvert) des plages. J'ai marché dans des quartiers qui longent la mer ; des baraques de riches protégées par du barbelée, qui donnent des frissons tellement pour moi ça ressemblent à des prisons. J'ai mangé de l'excellente bouffe de France, d'Italie et du Moyen Orient. J'ai même retrouvé "LA" place avec le meilleur gelato au monde que j'avais goûté il y a 7 ans (comme quoi les souvenirs trafiquent parfois la réalité...ou les choses changent tout simplement...parce que c'était vraiment un excellent gelato, mais je ne suis pas tombée par terre comme dans ce que je me souvenais). J'ai vu de la bonne musique live, dont le chanteur du groupe se (nous) gâtait par son attitude, sa voix, ses "moves"...en bedaine (mais surtout, en "pas-de-bedaine!). J'ai replongé dans les joies de marcher dans les rues d'une "ville", avec toute sa splendeur 100% mexicaine. J'ai vu le plus beau coucher de soleil (soleil de couche comme a si bien traduit notre ami anglophone Joseph) depuis plusieurs semaines. J'ai vécu un des plus sweet matin à boire un café sur une pointe surplombant la mer, à savourer la chaleur du soleil et la fraîcheur des éclaboussements des vagues sur les rochers, et à observer les arc-en-ciel formées par la brume au dessus de ces énormes et bruyants rouleaux blancs.

J'ai des amis motivés, inspirants et avec un très grand coeur et je suis choyée d'avoir vécue des précieux moments en leur compagnie.

Parce que toute bonne chose a une fin (qui disent!), je suis revenue, 3 jours plus tard. Avec beaucoup d'émotions, un peu de nostalgie et aussi d'excitation, je suis rentrée "chez moi", dans mon petit village tranquille qui inspire l'introspection.

Le coeur un peu gros, pour différentes raisons, je suis partie marcher sur la plage, avec l'intention de plonger dans cette Mer, cette mère, cette guérisseuse.

Presqu'au bout de la plage, une amie, anglophone, sort de l'eau, seins nus, en me disant :
"Oh my God!! I was just thinking about you!!".

Au même moment, une autre amie, chilienne, elle, apparait, flambette nue (vive la tranquilité du village en mars!) :
"Estuve pensando a ti en este momento!!"

Cette vague de "je pensais justement à toi" m'a fait plonger dans ma tristesse d'être partie, mais aussi dans ma joie d'être de retour, parmi ces femmes de coeur. Elles m'ont offert leur présence, tout simplement.

Une après l'autre, elle ont dû partir. Je pouvais et je devais rester. La dernière à quitter, l'anglophone, se retourna un peu plus loin, pour me crier avec toute son empathie :

"Welcome home!!"

J'ai re-pleuré.
De tristesse.
Mais aussi de joie.
Encore.

Tout est tellement relatif...

What is home?
Where is home?

They say : "Home is wherever your heart is"...

I agree...

Et oui, mon coeur est aussi au Québec. Salutations chaleureuses à vous, gens du pays, gens de mon pays, qui plongez de nouveau dans l'hiver. Patience, je ramènerai beaucoup de chaleur dans mes petits bagages.

vendredi 3 mars 2017

Un matin...ici...là où...

Un matin comme je les aime.
Un matin qui fait du bien.
Un matin qui me donne envie d'écrire.

Un matin qui me rappelle pourquoi je suis ici...
Parce que, oui, il m'arrive de l'oublier.

Hier, j'ai eu la chance de vivre la plus belle et unique cérémonie funéraire! Nous enterrions, sur la plage, une partie des cendres de la fille de Sharon, décédée subitement en septembre. Sharon femme (et prof de yoga) extraordinaire qui habite à Vancouver. Elle travaille avec Brigitte (et la BackMitra) depuis des années. Je l'ai connue à Montréal en 2014, lorsqu'elle m'avait contacté pour l'aider à parler, en français, de la BackMitra dans une convention de yoga thérapeutique. Je la comprends d'avoir voulu célébrer cette personne ici. C'était une cérémonie très intense, mais remplie d'offrandes, de douceur et d'espoir. Le genre de cérémonie que je nous souhaite tous quand nous quitterons ce monde physique.

Ici, tout est intense...

Autant il m'arrive de flotter, de voir clair, de me sentir complète et en confiance sur mon parcours.

Autant il m'arrive de nager dans l'incertitude et l'incompréhension et de plonger dans des parties plus sombres de ma personne.

J'en parlais avec Brigitte hier après la cérémonie. Voici ce qu'elle m'a répondu, elle qui vit ici plusieurs mois par année depuis plus de 20 ans :

"Elise, you know, here, there is darkness. But there is also light."

Quelques mots, qui m'ont beaucoup parlé...

Parce que oui, partout où il y a de la lumière, il y a de l'ombre.
Et d'une certaine façon, l'ombre, c'est aussi la lumière...

Au Québec, j'ai tendance à me sentir en cage, avec nos maisons, notre climat et nos habitudes de société. Quand j'ai visité le Mexique pour la première fois il y a 7 ans, j'ai compris que cette cage, elle est à l'intérieur, non pas à l'extérieur. Que ce n'est qu'une illusion et que j'ai le pouvoir de m'en libérer. Même si ce concept est devenu clair pour moi, j'aurai toujours besoin de me le rappeler, parce qu'un pattern, ça revient rapidement si on ne s'en occupe pas.

Et une des façons de me le rappeler, c'est de choisir de passer du temps ici.

Ici...
Là où il y a un je-ne-sais-quoi qui, au final, est à la fois guérisseur et énergisant.

Là où tout est brut et sans fla fla.

Là où les maisons n'ont peu, ou pas de mur.
Là où tu entends les écureuils ou les iguanes se promener sur le toit de feuilles de palmier.
Là où les cuisines ont 3 bols, 1 assiette, 2 verres, 1 fourchette, 4 cuillères et 6 couteaux...dont 1 qui coupe...si t'es chanceux!
Là où tu entends le bruit de tes casseroles suspendues la nuit parce qu'un chat est passé par là.
Là où tu ne peux taire le son de la mer (fiou!)...ni celui de la radio du voisin ou de la scie des travailleurs d'à côté.
Là où tu entends et tu vois toujours un oiseau quelque part, du plus mélodique chant, au plus gigantesque et épouvantable jacassement. Je me suis d'ailleurs surprise à maintenant être capable de reconnaître le cri des colibris. Cool, non? Ah oui...et vous pouvez me dire d'où ça sort que les coqs chantent juste au soleil levant?!
Ici...
Là où les fleurs sont, la plupart du temps, la seule chose restante sur les arbustes secs et dénudés, suite à plusieurs mois sans aucune goutte de pluie (comme quoi la beauté n'émerge pas juste dans l'abondance).
Là où quand tu as besoin d'eau potable, tu fais confiance à tes muscles et tu montes un 20 litres d'eau dans le sentier jusqu'à ta maison dans la montagne.
Là où tu as besoin d'une lampe de poche (ou d'un cell parce qu'on est en 2017!) pour rentrer chez toi quand ce n'est pas la pleine lune.
Là où parfois, un chien sauvage t'accueille chez toi en jappant et qu'à force de te connaître, t'accepte sur son territoire et devient ton protecteur...

Bref...
Ici...
Là où tu es exposé au monde extérieur, sans filtre et parfois même sans refuge.
Là où tu reçois tout...en plein visage.
Parfois les vagues,
Parfois les moustiques
Parfois les émotions...

Bien que ce ne soit toujours pas la fin de cette aventure, je sens que j'ai déjà surfé sur beaucoup d'émotions cette année. La mer est si différente depuis mon arrivée, elle m'aide à me rappeler que tout est un unique et perpétuel mouvement de changement.

Une des choses qui m'aide à entrer dans ce mouvement, c'est inévitablement, la musique.

Si mon matin a été si magique, c'est sans aucun doute grâce à la mer, oui, mais aussi grâce à la musique. J'adore aller au lever de soleil sur la plage avec mon iPod, le temps d'une marche et de quelques postures de yoga. Tant pis pour le silence et l'alignement parfait, le sable dans les yeux et dans la bouche...Il faut aussi se faire plaisir...

Et pour moi, le plaisir passe souvent par la musique.
De la bonne musique.

Mais qu'est-ce que de la bonne musique?

J'ai un ami qui m'a dit récemment :
"De la bonne musique, ça doit donner envie de baiser. "

Ça m'a fait sourire, parce qu'il n'a pas tout à fait tort. J'aurais envie de nuancer avec ma propre définition de "bonne" musique :

C'est celle qui vient me chercher dans les tripes.
C'est celle qui me fait danser.
Parfois avec mon corps.
Parfois avec mes idées.
Celle qui me connecte à mon être primaire...voir même primate...
Celle qui me rappelle que je suis en vie.

C'est quoi pour toi de la "bonne" musique? ;)

dimanche 12 février 2017

Le tiroir

Quand j'étais enfant...
Bon ok...j'ai peut-être encore un corps d'enfant, et souvent un coeur d'enfant, mais il fut une époque où j'avais aussi l'âge d'un enfant...

Et à cette époque, la concrétisation du phénomène abstrait de la mémoire passait par la visualisation de mon cerveau comme une série de tiroirs que je pouvais ouvrir et fermer comme bon me semblait, par le biais de mon si-spacieux front. Je ne sais pas à quel moment, mais il fut un temps le besoin de mimer l'action d'écrire sur un papier ce que je voulais me rappeler pour le mettre ensuite dans un de mes tiroirs a disparu. C'était une belle idée d'enfant, mais entre vous et moi, le phénomène de la mémoire est beaucoup plus complexe que quelques mots imaginairement écrits sur un papier. On ne choisit pas toujours ce qui entre dans ces tiroirs, pas plus que ce qui ressort. C'est peut-être pour cette raison que je prends autant plaisir à mettre des mots sur mes histoires...une façon de mettre certains moments, dans certains tiroirs.

Vendredi 10 février 2017...
Une journée que je mets dans celui des souvenirs spéciaux...muy muy muy spéciaux!! Le tiroir d'en haut complètement. Celui que peu ont le privilège d'y être rangés. ...

C'est la journée qui clôturait la formation à laquelle j'ai participé.

Cette journée a commencée comme tous les autres matins du mois (sauf les dimanches) :

5h25 : réveil et courte préparation, tel un brossage de dents et un choix de vêtements, assez simple étant donné le peu que j'ai ici!

5h29 : passage de mon hôtel au site de yoga de l'autre côté de la rue pour faire acte de présence durant la demie-heure qui est accordée pour prendre le thé et se décoller les yeux, en silence. Chaque matin était pareil, mais différent. Les élèves arrivaient peu à peu, doucement. Parfois seuls, parfois par deux ou trois, toujours en silence. Seul le bruit de leurs pas sur le gravier annonçait leur arrivée.

Ce matin là, du 10 février 2016, je me suis installée dehors. Bon ok, tout est dehors ici...mais par dehors, je veux dire, en dehors de l'énorme toit de feuilles de palmier qui protège la salle à manger. J'avais envie de voir la (pleine) lune! (Magie #1)

Déjà, je sentais que cette journée allait être spéciale. Normalement les gens s'éparpillent sur le site, ayant besoin de leur propre espace. Ce matin-là était différent. De la façon la plus fluide et naturelle du monde, peu à peu j'ai senti que les élèves se rapprochaient dans l'espace où je me trouvais. C'était palpable ; tous et chacun étaient habités par un sentiment de nostalgie, que nous tentions de réconforter avec la lune, avec une tasse de thé chaud entre les mains, mais aussi, avec la présence de nos collègues (devenus notre famille!) à nos côtés. Le besoin d'espace personnel était présent, oui, mais oh combien réduit ce matin-là! (Magie #2)

5h50 : Clochette.
Gustavo, l'autre assistant, s'occupe comme d'habitude de sonner la clochette pour nous inviter à monter dans la salle de yoga et nous installer sur les tapis, placés la veille par l'équipe d'élèves qui, en échange d'un prix réduit pour la formation, avaient quelques tâches quotidiennes à faire pour le centre.

Surprise! Les tapis sont disposés d'une façon totalement différente qu'à l'habitude. Au lieu d'être placés tout autour de la salle avec une extrémité pour Brigitte et l'autre pour Gustavo et moi, les tapis était tous dans la même direction et ceux en avant étaient réservés pour les profs et assistants. Au centre, une femme était installée avec ses bols de cristal.

6h00 : Méditation
Brigitte nous a guidés au travers de la puissance de la vibration des sons. Difficile d'avoir un plus beau dernier moment de méditation de groupe! (Magie #3)

7h00 : Séance de postures...la dernière.
Tout le reste du mois, je n'ai pas fait les postures, ou presque. J'étais debout, à me promener au travers des élèves, à les ajuster. Ce matin-là, je me suis gâtée, je suis restée sur mon tapis, à partager la pratique avec eux. J'ai pris quelques pauses pour prendre des photos. Ça m'a permis de voir avec un plus grand angle la beauté du moment, sous la lumière du soleil levant. (Magie #3)

8h30 : Vient le moment de fermer la séance. Jamais je n'oublierai cette image, ou plutôt la sensation de ce moment.
À ma gauche : Brigitte. La grande, l'adorable et humble Brigitte. Celle qui m'a remis mon premier diplôme de prof de yoga en 2011.
À sa gauche : Gustavo. Un collègue d'une sensibilité et d'une douceur hors du commun.
À ma droite : Susana. Une des profs avec qui j'ai commencé à faire du yoga, ici sur la costa chica du Mexique.

Et devant moi... : 25 personnes.
25 merveilleuses personnes d'un peu partout sur le globe (Chili, Honduras, Nicaragua, Colombie, France, Swiss, Allemagne, Hollande, Chine, États-Unis, et bien sûr Mexique)

25 humains...
25 beaux humains...avec chacun leur bagage, leur parcours et leurs défis.
25 humains qui se sont engagées dans un processus d'exploration personnelle à travers des enseignements, parfois physiques, parfois philosophiques, parfois même scientifiques.

25 humains...qui, au fil des semaines, se sont fait une place dans mon coeur, à chacun leur manière.

Tous, devant moi, devant nous.
Les mains jointes devant le coeur.
En signe de reconnaissance de nos différences et nos ressemblances.
Les yeux pétillants, pour la plupart larmoyants.
Remplis de gratitude.
Conscients de la richesse et de l'impermanence du moment.
(Magie #4)

S'ensuit plusieurs minutes d'applaudissements. À eux. À nous. À Brigitte surtout.
Des cris, des rires, des larmes.
Des accolades. Plusieurs accolades. Coeur contre coeur, un par un, nous nous sommes remerciés.
(Magie #...ça me me tente plus de compter rendu là, mais vous comprenez le principe!)

Vivre une formation intensive en groupe est une expérience puissante et transformatrice. Je sais ce que c'est, je l'ai vécu. Je ne remercierai jamais assez la Vie de la chance que j'ai eu de le vivre en 2011...et encore moins celle de l'avoir vécu de nouveau, à travers des yeux d'assistante cette fois-ci!

J'ai travaillé fort pour contenir mes émotions. Je sentais qu'en tant qu'assistante, j'avais besoin de rester le plus neutre possible. Évidemment j'étais remplie de joie et de nostalgie, mais ces émotions leurs appartenaient plus à eux qu'à moi ; ce n'était pas "ma" formation. Et somme toute, je suis fière d'avoir réussi à m'en détacher un peu!

Mais Ouf!!...la journée ne faisait que commencer!

Le déjeuner était festif, léger et remplis de complicité.

9h30 : Dernier cours de David McAmmond. Un Canadien (de l'Alberta) de plus de 70 ans, qui était aussi invité dans ma formation il y a 5 ans. Pour ceux qui trouvent que je raconte bien les histoires, je vous jure que je suis une crotte de nez à côté de lui! Un grand sage, possédant un savoir incalculable, mais surtout une personnalité des plus attachantes. Pour mes yogis québécois, je vais faire mon possible pour qu'on puisse le recevoir à Montréal avant qu'il ne puisse plus se déplacer aussi loin. Tout au long de la semaine, il nous a transmis ses connaissances techniques, historiques et philosophiques en lien avec le yoga, par le biais d'histoires tantôt drôles, tantôt mystiques, tantôt scientifiques. Rebelle dans l'âme, enfant dans le coeur, il nous a fait terminé la formation par différentes postures en équipe, parfois à deux, parfois en pyramides de 5 ou 8 personnes. J'ai eu la chance de faire une démo avec lui. Ce n'est pas tous les jours que je peux faire un handstand dans le dos David McAmmond et mettre mes pieds de chaque côté de sa tête pour qu'il se plie en 2 pour me soulever avec son dos et me déposer debout ensuite! Wouhouu!! Bon ok, ici un vidéo serait de mise, mais "no tengo"!

L'horaire de cette journée était un peu différente des autres pour la suite. Après le dîner, nous avions l'après-midi libre pour profiter de la playa (o cualquier cosa) et nous étions convoqués à 19h pour le souper et la fiesta de fermeture.

Les choses ont beaucoup évoluées en 5 ans! Nous avons eu droit à rien de moins qu'un spectacle privé, sur mesure, de la troupe réputée de Mermejita Circus. Heu...wow!! Vous connaissez mon amour pour le cirque...

Ensuite a eu lieu la remise des diplômes. Brigitte avait quelques mots pour chaque élève. Encore une fois de me tenir devant tout ce beau monde heureux et fier d'avoir accompli leu mission était un grand privilège.

Pour reprendre les mots de notre "querida maestra" Brigitte en remettant les diplômes aux élèves : "This world will be a better world, because there is now 25 more yoga teachers".

La suite...et bien c'était la fiesta! Les gens étaient si beaux, si heureux!! On a dansé, beaucoup dansé. J'ai été gâté : mon ami qui dansait la salsa est venu, j'en ai presque abusé (mes orteils me l'ont signalé le lendemain). On a fait du hula hoop, on s'est baigné, on a re-dansé. Mais par dessus tout, on s'est aimé.

C'était une fête parfaite quoi!!
Comme toute bonne chose a une fin, j'ai regagné mon lit aux petites heures...

...et j'ai refermé le tiroir...

vendredi 3 février 2017

Les 12 travaux...d'Asté-lise-rix

Il y a parfois des thématiques qui reviennent en voyage. Cette année, je note celle de perdre des choses (et parfois les retrouver!), mais aussi celle de l'exploration du système médical.

Suite à la chauve-souris, qui, selon la femme de ménage, s'est finalement enfuie, j'ai commencé à dormir les fenêtres fermées. Après 1 jour ou 2, j'ai commencé à noter une odeur spéciale...et ici je ne parle pas de fleurs de pommiers, ni de croissants fraîchement sortis du four.

Dimanche nuit, j'ai mal dormi. Ça commençait sérieusement à sentir bizarre..au point à me faire sentir moi-même bizarre...

Pendant la nuit j'ai fait un lien : c'était la même odeur que j'avais eu dans ma super chambre remplie de péripéties à Zipolite. L'odeur de corps mort...celui d'un crabe qui avait décidé d'aller se cacher sous ma penderie pour mourir...sans aviser personne.

Évidemment, cette fois-ci j'accusais la chauve-souris (dans je ne sais où, avec je ne sais quel outil...flashback de Clue, vous connaissez?). J'étais maintenant convaincue qu'elle n'avait pas réussi à s'échapper de ma chambre et qu'elle avait plutôt décidé, elle aussi, d'aller se cacher pour mourir.

Entre 2 cours, je vais demander à la femme de ménage de bien regarder partout, en espérant qu'elle trouve le truc puant.

Quand je rentre l'après-midi, elle me dit qu'elle n'a rien trouvé et elle ajoute que c'était peut-être juste le chat qui a laissé trainé une queue...

Ok...wait!
3 choses :

Premièrement : Je laisse habituellement savoir au-dit-chat qu'il n'est pas le bienvenu à chiller "chez moi" en le tassant gentiment avec mon pied...au risque de provoquer un mécontentement de sa part et une tentative de morsure comme ça a été le cas ce matin (grr!).

Deuxièmement (ou premièrement...c'est selon!) :
Une queue?!?! Une queue de quoi??

Troisièmement : Si le chat avait réellement laissé trainé une queue de quoi que ce soit qui aurait pu empester ma chambre...elle l'aurait trouvée...non?!

Comme j'ai compris l'hiver dernier que culturellement, les mexicains ont tendance à de pas dire la vérité pour éviter les problèmes, je me suis permis de douter de sa réponse. Particulièrement quand j'ai constaté que ma chambre ne sentait plus la charogne.

Bref, ce jour-là, suite à la nuit odorante, je ne me sentais pas très bien, au point de prendre l'après-midi de congé et de dormir jusqu'au lendemain.

Le jour suivant, ne me sentant ni mieux, ni pire, je me suis faite examiner par une des élèves qui est médecin pour l'ONU à Mexico. Verdict, on reste alerte de l'évolution de mon état.

Le jour suivant, elle m'examine à nouveau et me conseille fortement une prise de sang, dont elle écrit le type d'analyse à faire sur une feuille, comme une prescription. Bien que je n'aies AUCUNEMENT envie de manquer du travail, je me rends à l'évidence ; j'ai la chance d'être suivie par un médecin "live" alors aussi bien ne pas niaiser et aller à l'hôpital de Pochutla, la ville où on trouve plus qu'un dépanneur et des restaurants.

Les premières années, j'aimais aller à Pochutla, J'aimais faire la route en boîte de pickup, voir la folie du marché le lundi, faire mes achats, aller au guichet et attendre en ligne à la banque pour changer les billets de 500 pesos que donnent le guichet (parce qu'ici, quand 80% de choses coûtent moins de 20 pesos, c'est une vraie galère ne pas avoir de change).

Maintenant, c'est une toute autre histoire! Avec les années, j'ai fait ma part d'allers-retours...spécialement l'an dernier avec les multiples périples d'achats de matériel pour la murale et le magasinage d'escabeau. Le trajet de 45 minutes est...disons...moins excitant qu'il l'a déjà été. Sans compter que la mafia semble s'être emparée du réseau des transports collectifs. Je ne sais pas jusqu'à quel point c'est vrai, mais le service est assurément moins accessible, mais surtout, moins fréquent.

J'ai quand même réussi à apprécier la "ride", non pas sans combattre le stress à l'idée de gérer mon passage à l'hôpital. J'ai beau avoir un espagnol acceptable, il y a des situations moins évidentes que d'autres, comme comprendre un système de santé qui n'est pas le mien, ou essayer de comprendre une terminologie qui n'est déjà pas très claire dans ma langue maternelle.

Je trouve facilement l'hôpital. Yé! (tout n'est pas toujours si simple ici...). À peine le gros orteil dans le bâtiment, que je sens le scénario de mon aventure se diriger vers une inspiration des 12 travaux d'Astérix. Déjà 3 salles d'attentes distinctes sont à ma disposition à l'entrée.
Soulagée de trouver un comptoir d'accueil, je m'y rends avec mon précieux papier et j'explique ma situation.

Et c'est parti...

La dame me dit que mon papier n'est pas valide parce qu'il provient d'un vulgaire cahier de notes et elle m'envoie au bureau du laboratoire.

Le laboratoire m'explique que mon papier n'est pas valide et que ça me prend un rendez-vous et que pour avoir un rendez-vous, je dois avoir un papier officiel. Je soupçonne que ma réponse négative à sa question "Avez-vous une assurance sociale?" n'a pas aidé à rendre mon papier valide...mais bon...

Il me renvoie au comptoir d'accueil pour me faire expliquer où je peux aller avec mon papier non-officiel.

Le comptoir d'accueil me demande :

- "Mais pourquoi tu n'es pas allée consulter un médecin au "centro de salud" de Mazunte".

- Pas besoin!! J'en ai déjà vu un médecin.

- Oui, mais celui à Mazunte va te donner un papier.

- Pas besoin!! Je l'ai mon papier!!

- Oui mais il n'est pas officiel.

- Ben oui!! Il est signé, avec sa licence et tout!

-Oui, mais le morceau de papier n'est pas valide.

- ... (!$&@*%#!)

Comme je n'étais pas là pour m'obstiner, je tourne les talons, un peu découragée d'avoir à me taper un aller-retour Mazunte. J'ai bien envie de me mettre la tête dans le sable, de retourner dans mon petit confort d'assistante-prof de yoga et de faire comme si je m'étais toujours sentie bien.

Mais...attends-là! Wo!
Je retourne.

- Madame, n'y aurait-il pas un endroit, ICI, à Pochutla que je peux obtenir ce (*%#! de) papier?

- Oui, tu peux aller dans une pharmacie "similares" pour avoir une consultation à 30 pesos (2$).

- Merci...

(Je profite ici du moment pour rendre hommage à tous ceux qui m'ont offert leur aide quand j'en ai eu besoin. Être pro-actif et proposer des solutions, ce n'est pas une qualité donnée à tout le monde...)

Bon! Taxi, direction farmacias similares.

Facile! (Yé, bis)

Finalement, ce n'est pas si yé (dé-bis)!
Ça pue et il y a une bonne file d'attente. Je dois en avoir pour 2 heures...

Je calcule...

1 aller-retour Mazunte (1h30)+1 consultation (10 minutes...il n'y a jamais d'attente à Mazunte...je commence à connaître les airs!)-2h d'odeurs = Je suis gagnante au final.

Dans le meilleur des cas, ils m'auront un rendez-vous à l'hôpital par téléphone et je ne reviendrai à Pochutla qu'une seule fois.

Vendu!
Je sors de là, direction Mazunte.

En marchant pour aller reprendre la
camionnette (je dois avouer que j'ai déjà été plus calme et pacifique dans mes pensées...), je me dis que ça n'a juste pas d'allure et qu'il doit bien y avoir un moyen de faire une prise de sang au privé quelque part (mode pro-actif solution!). Je reste donc à l'affût de quelqu'un à qui pourrait m'aider sur le sujet...parce que les mexicains ont tendance à te dire n'importe quoi quand ils ne savent pas la réponse. C'est de bon coeur parce qu'ils veulent t'aider, mais ça peut vite se transformer en quarante-douze-milles travaux d'Astérix...

Je suis déjà rendue au coin de la rue qui mène aux camionnettes. J'en vois une qui s'en vient en plus (phénomène rare je vous rappelle)! Je le prends comme un signe ; c'est mieux que je rentre à Mazunte.

Au même moment...
Hallelujah!!!

Devant moi :
"Laboratorio privado"

Heu...sérieux???

Je me dis que c'est improbable...ça doit être un labo pour des tests d'eau ou d'animaux ou de je-ne-sais-quoi...

Mais non!
C'est vraiment pour les humains et c'est écrit dans la porte : pruebas de sangre!!!

J'ai eu un petit moment d'euphorie...

100 pesos et 10 minutes plus tard, je sortais de là. Moi qui a l'habitude au Québec de me faire zigonner pour trouver une veine... Laissez-moi vous dire que ce n'était pas sa première prise de sang la madame!!

Flic. Flac. Fini!
Suivant!

J'avais donc une petite heure à combler avant de recevoir le résultat. J'ai été OBLIGÉE d'aller prendre un espresso digne de mention dans un super cute café...de quoi mettre un baume sur mon coeur et me réconcilier avec Pochutla.

J'y croise un ami/connaissance. (baume sur le coeur #2)

À la marche se retour vers le labo, je croise un gars en moto...

Oh my god!!!

C'est mon "oh combien cute" ami Manu que j'ai connu l'an dernier et que je n'ai pas revu cette année. Je pense que si j'avais eu 18 ans (il en a 19!), je m'en serais amourachée. Un beau jeune homme qui fait du breakdance, qui travaille le bois et la construction, avec un sourire et un regard à tomber par terre.

Bref,
Lui sur sa moto.
Moi sur le trottoir.
Nos regards se croisent une fraction de seconde.
J'allume.
Je me retourne.
Il se retourne lui aussi.
Nos regards se croisent une fraction de seconde de plus.
Il allume lui aussi mais il conduit...
Il se retourne à nouveau.
On s'envoie la main...
...et on continue notre route.
(baume sur le coeur #3)

Revoir des gens que je connais dans un pays qui n'est pas le mien me procure une sensation vraiment particulière. Je flotte jusqu'à la clinique ; c'était un moment digne d'un vidéo au ralenti!

Le stress embarque quand j'ouvre la porte. De retour à cette sensation de solitude qui nous rattrape parfois. Celle qui nous rappelle que, peu importe combien et comment on s'entoure dans notre vie, on la finira toujours seul. Et attention. Ici, je ne veux pas dire que ça ne vaut pas la peine de bien s'entourer. Au contraire! Je veux plutôt mettre en valeur l'importance de faire des choix avec lesquels on se sent en paix et dont le regret ne nous rongera pas dans la solitude au moment venu. J'en avais pris conscience dans le passé quand j'avais eu un petit problème de santé au Québec. J'étais pourtant au courant de ce fait depuis longtemps, mais savoir et sentir sont deux choses totalement différentes.

J'attends donc le résultat dans la salle d'attente. L'idée d'avoir un problème de santé n'est jamais drôle, mais dans un autre pays, ça l'est encore moins.

Je sens les émotions monter.
Je ne les rejette pas, mais je ne les nourrie pas non plus.
Je reste calme et neutre.

Merci au yoga et à la méditation...ils sont des moyens vraiment puissants pour apprendre à gérer les débordements.

On appelle mon nom.
Om me remet une enveloppe.

J'hésite 2 secondes.
Je prends le temps de m'asseoir.
J'ouvre.
Négatif.

Soulagement. Je peux retourner à mon confortable poste d'assistante-prof de yoga, mais tout de même avec une sensation différente. Celle d'être en santé et disponible pour terminer la dernière semaine (déjà!!) avec eux.

Comme quoi dans tout négatif ressort du positif...

Le retour en camionnette fut doux et apaisant. Je me suis gâtée ; j'ai sorti mon nouveau iPod fraîchement livré par mes parents qui sont arrivés cette semaine.

J'ai pesé sur "Play".
J'ai respiré.
J'ai savouré.

Merci tout spécial au DJ qui s'est chargé de mettre 2G de surprises à mes oreilles!

Que la santé vous accompagne dans votre si précieux périple solitaire...

jeudi 26 janvier 2017

Murciélago : chauve-souris

La bonne chose des péripéties en voyages, c'est qu'elles te forcent à apprendre du nouveau vocabulaire. Le mot que j'ai appris à traduire cette nuit, c'est chauve-souris.

Comme je me couche très tôt ces jours-ci (pour me lever aussi très tôt), il n'est pas rare que je me réveille à 1h du matin pensant que mon cadran va bientôt sonner. C'est toujours une satisfaction de voir l'heure et se constater qu'il me reste encore 4h de sommeil. La nuit dernière a été différente...

2h...Comme j'étais plutôt bien réveillée, je me botte le derrière et j'allume ma lampe de chevet pour aller aux toilettes et prendre une gorgée d'eau. En revenant dans ma chambre, je vois un gecko au plafond et ça me fait sourire.

J'adore les geckos.

Une des choses que j'aime beaucoup ici c'est le sentiment de vivre dehors. Un plancher, un toit, un lit, un moustiquaire, une douche, une toilette...ça me suffit! Même dans la maison que j'ai louée en décembre, j'ai préféré dormir dans le lit inconfortable, mais à l'étage sans mur avec vue sur la mer. Comme m'a dit le propriétaire : "oui, mais Elise, la nuit tu dors...on s'en fout de la vue!" Oui...et non! Juste de me réveiller avec les couleurs du lever de soleil, ça fait ma journée!

C'est fou combien 4 murs peuvent changer la donne! Tu sais, une mouche dehors, c'est un peu banal...mais une mouche dans une maison hermétique du Québec, c'est perturbant.

Same same but different here!

Quand je suis arrivée dans ma nouvelle chambre pour la formation, bien qu'elle soit plus luxueuse que ce que je suis habituée, j'ai su que j'allais trouver ça bizarre par moments.

Le gros point : pas de moustiquaire pour le lit puisqu'il y a un gros ventilateur au plafond. Vent = anti-moustique. Ok, fine! Mais on s'entend que pour éloigner les moustiques, ça ne prend pas juste une petite brise. Donc, il faut s'habituer au vacarme du ventilateur à pleine puissance, au détriment du son des vagues. J'ai pensé leur demander un mouatiquaire, mais l'air passe moins, donc plus chaud, donc besoin du ventilateur quand même. Les jours passent et je commence à m'ennuyer du petit cocon sécurisant du moustiquaire! C'est fou combien je me sens à l'abri de tout là-dedans!

Bien que j'aie une méga grande fenêtre/ouverture qui donne sur ma terrasse, j'ai le sentiment de vivre dans un espace plus clos qu'à l'habitude et c'est plus dérangeant de le partager avec des insectes (ou animaux!).

Alors, si je reviens au gecko, ça m'a fait bizarre de le voir pendant une fraction de seconde.

En me retournant vers mon lit, j'aperçois un motton noir au plafond. Je me rapproche, semi-curieuse...

Mmm...
c'est...
Mmmm...
Mmmmmerde!!!
Une chauve-souris perchée!!

Je la fixe...je me demande quoi faire. Mais quand est-ce qu'elle a bien pu entrer (pendant dans la nuit ou pendant mon escapade aux toilettes?)

Mais ça ne changeait rien au fait qu'elle était là...live...and alive!

Comme le ventilateur prend une bonne partie de la superficie du plafond, je crains un peu le moment qu'elle voudra partir, mais comme c'est hors de mon contrôle, je vois bien que la seule chose que je peux faire, c'est essayer de de rendormir.

Dans ma chambre il y a 2 lits simples que j'ai collés pour avoir plus d'espace et aussi pour être plus sous le ventilateur contre les moustiques.

En me couchant je me suis dit : je vais me mettre plus vers l'autre lit pour être protégée par le ventilateur au cas où...alors j'ai mis mon oreiller à côté de l'autre un peu plus bas... Je me suis couchée un peu en boule, j'ai fermé ma lampe de chevet et pour m'aider à m'endormir je me suis mise un film sur netflix. Advienne que pourra! Ironiquement mon film m'a tenu à moitié réveillée...mais heureusement!!

Ce que je craignais arriva...mais avec une finale inattendue : j'ai entendu un petit pouk (au plafond) et poum (près de moi...sur le lit!!)

Noonnn!! J'ose espérer que ce n'est pas ce que je pense!!!

J'allume la lumière...

En une fraction de seconde j'étais debout...à dire ark ark ark!!

Elle était là, sur l'oreiller voisine à la mienne...à 30 cm d'où se trouvait ma tête il y a 2 secondes!!

La chauve-souris a dû vouloir partir, s'est fait ramassée par une pale de ventilateur et a été projetée vers le lit.

J'ai regardé la chauve-souris pendant 2 min (elle ne bougeait plus!) me demandant quoi faire... Pas envie de gérer ça maintenant..mais pas pentoute!

D'la marde! J'ai pogné mon oreiller et je me suis réfugiée dans mon hamac dehors, à me faire bouffer par les moustiques et écrire ma péripétie...tant qu'à être réveillée! Ici je n'ai pas de ventilateur, mais au moins je n'ai pas de chance de recevoir une chauve-souris par la tête!

Déjà 5h, c'est l'heure d'aller travailler..et de réfléchir à ce que je vais faire de ma nouvelle coloc.

Ark.

dimanche 22 janvier 2017

Le cheveu sacré

Jusqu'à maintenant, j'adore mon expérience en tant qu'assistante! J'ai la sensation d'être en exploration et en expression de mon plein potentiel. Déjà une première semaine de passée! J'en reparlerai sans doute plus en détail prochainement, mais voici ce que j'ai à dire sur le sujet aujourd'hui :

Normalement je ne suis pas du type "piscine" quand il y a l'océan à quelques pas. Mais, comme il fait un vent de fou depuis 3 jours, comme rester sur la plage c'est un constant exfoliant au sable, comme je ne peux pas faire de hula hoop sans avoir l'air de me battre avec...ET...comme il y a une piscine déserte où je suis hébergée pour la formation, j'ai décidé de profiter de ce qui m'était offert (un fou d'une poche qu'ils disent?!). J'ai pogné un 2 minutes en réalisant, les fesses dans l'eau, une sangria à la main et la face dans le soleil, que c'est le plus beau des contrats de travail que j'ai eu jusqu'à maintenant! Ça fait longtemps que je rêvais de vivre quelque chose dans le genre...et bien voilà! Ça se passe!! C'est un peu fou être payée pour vivre cette expérience. Merci la vie!

Aujourd'hui dimanche, día de descanso (repos), le seul de la semaine. J'ai utilisé une partie de cette journée pour conclure le rituel du cheveu que j'ai reçu il y a quelques semaines de ça.

Un rituel du cheveu.
Oui oui!
C'est flyé, je sais, je l'assume.

Voici, en partie, l'histoire :

J'ai constaté encore cette année que mon chignon de cheveux longs mouillés me crée des tensions dans la nuque quand je fais du yoga. Quelques jours après mon arrivée, l'idée de faire couper mes cheveux faisait son chemin. C'est alors que je rencontre une femme qui offre un soins/rituel entourant la coupe des cheveux. C'est bien le genre d'expérience qui me parle quand je suis ici, d'autant plus que je ne suis pas une grande fan des salons de coiffure anyways! J'ai donc choisi de m'offrir cette expérience. Je garde les détails pour moi, mais en gros, c'était un travail de libération de vieux liens qui ne sont plus pertinents pour la suite des choses et c'est symbolisé au final par la coupe. En plus simple : c'est un travail sur le lâcher-prise.

À la fin de la séance, Vanessa m'a remis mes cheveux en me donnant la mission de créer la dernière partie du rituel moi-même. Je devais choisir la façon et le lieu dont j'avais envie de m'en départir. La scène me paru claire immédiatement et c'est aujourd'hui qu'elle s'est concrétisée.

Je ne cesserai jamais de dire que, malgré tout ce qui peut se passer, la vie fait bien les choses. Comme ce matin était ma seule journée de congé et qu'il faisait encore un vent de boeuf, le moment était plus qu'idéal pour faire une randonnée et faire virevolter mes boucles au dessus de l'océan, sans compter que je vis présentement une situation en lien avec le thème que j'ai traité lors du rituel.

La magie du Mexique s'est manifestée, encore une fois. J'ai eu la sensation d'être une petite fille qui faisait des bulles dans le vent au sommet d'une colline. La différence? C'est que j'ai 32 ans, que c'était des cheveux et que je me trouvais sur un bout de terre sacrée qui symbolise la maison de mon âme.

Ce moment m'a remis un lien avec un texte que j'ai mis en plan cet automne. Un texte sur le lâcher-prise, dont, ironiquement, j'ai une certaine résistance à publier. Je choisis donc, ici, maintenant, de lâcher-prise.

Le lâcher-prise.
Pas celui qui s'apparente à l'abandon,
Mais plutôt à son cousin, "s'abandon".
Parce que lâcher-prise, ce n'est pas abandonner, c'est s'abandonner.

S'abandonner, c'est faire confiance.
Faire confiance à la Vie.
Faire confiance à la voix qui nous habite et qui nous guide quand on sait de l'écouter.

Vous savez, la fameuse petite voix? Et bien pour savoir l'écouter, il faut lui permettre de s'exprimer.

Et pour s'exprimer, elle a besoin de disponibilité.
Pour être disponible, il faut créer de l'espace.
Pour créer de l'espace, il faut que ça respire.

(Tiens donc, je reconnais ici un des grands principes de design que j'ai tant étudier à l'université...comme quoi rien n'est jamais perdu!)

Respirer.
Une action qui semble banale et naturelle, mais pourtant très étudiée (du moins, en yoga!).
Trop souvent, le stress, la routine, la fatigue, la mauvaise posture (name it!) font en sorte que nous n'utilisons pas nos poumons (et nous-même) dans leur plein potentiel.

Avec un peu d'effort, mais surtout beaucoup de conscience, on peut arriver à assouplir la cage thoracique pour donner plus d'amplitude à notre respiration et mieux recevoir cet oxygène si précieux à notre vitalité. Ainsi, le mental arrive à se calmer et la clarté peut apparaitre.

Apprendre à respirer...cela demande de la patience.

La patience.
Celle qui permet de calmer l'envie de tout contrôler, tout de suite.
Celle qui permet d'accepter de ne pas tout savoir, ni de tout comprendre maintenant.
Celle qui permet de prendre le temps.
Celle qui permet de prendre du recul.
Celle qui permet de laisser la Vie faire son travail.

Apprendre à s'abandonner avec patience pour être en mesure de s'ouvrir et laisser les choses se produire demande un effort, certes, mais n'est-ce pas la base de tout ce que l'on peut s'offrir de mieux? Et si on apprenait à prendre le temps de mettre de l'air dans nos vies et pas juste dans nos poumons?

Un projet, une idée, une intention, une relation...
C'est comme un feu.
Et un feu sans air n'est pas un feu. C'est une flamme que l'on étouffe.

Le calme après la tempête...le vent semble s'être calmé. La plage m'attends, on se voit trop peu souvent maintenant...

mardi 10 janvier 2017

El telefono!!

Vous ne devinerez jamais quoi!? J'ai retrouvé mon téléphone...3 jours plus tard!!! Je dois encore me pincer pour y croire...

C'est vrai, vous ne connaissez pas l'histoire. Je ne vous l'avais pas racontée et ce, pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'en ayant perdu mon téléphone, je devais écrire sur un clavier d'ordinateur mexicain dans un local très peu charmant où il fait 1000 degrés et ça n'inspire pas les vraiment bons mots. La deuxième, c'est que je me sens dans un tourbillon de gens et d'activités et je manque de temps pour écrire. Oui, je suis d'accord, c'est absurde! Avoir une amie avec moi ici change l'expérience sur plusieurs niveaux. Je rencontre beaucoup plus de gens qu'à l'habitude. Il faut dire que Marie-Pierre, étant jolie, drôle, intelligente et très motivée, a un pas pire "social appeal" et ça multiplie les possibilités. J'ai l'habitude de faire de super belles rencontres quand je suis seule, mais elles sont plus ponctuelles et individuelles. Là c'est différent, très différent. J'ai rencontré des québécois. Plein de québécois! Des québécois qui ont des maisons ici, des québécois qui viennent souvent en vacances ici, des québécois qui sont ici pour la première fois... Bref, beaucoup de "cois" qui s'amourachent de l'endroit. Qui se ressemble s'assemble, non? Dans tous les cas, ce sont de beaux humains avec qui c'est tentant de passer du temps. C'est bien la première fois que ça m'arrive en voyage et c'est intéressant d'avoir la chance d'apprendre à connaître les gens, de partager et de créer des liens dans sa propre langue.

Alors...mon téléphone.

Je le pensais rendu au paradis des cellulaires/iPod perdus-trop vieux-pu assez récents pour être "in". Un soir, on a pris une ride dans la boîte d'un pickup vers le village voisin pour souper. Rendue au resto, je réalise que ma poche de pantalons est vide. En refaisant le film, je me vois assise au fond du pickup et j'imagine très bien la possibilité que mon téléphone ait glissé de ma poche et se soit doucement échoué sur le coussin qui recevait mes fesses, qui, soit dit en passant, est un méchant gros luxe pour une ride du genre (le coussin j'veux dire!). Bref, cette famille-là s'en allait à Pochutla, alors mon deuil a été plutôt instantané :

Bye bye cellulaire.
Repose en paix.
Que tes retrouvailles avec mon iPod soient heureuses!

Bah! De toute façon, c'était un vieux truc qui s'en allait vers une mort certaine. Je perdais quelques photos, ma musique (encore!!!) et quelques notes pour mon blog, mais rien qui n'affecte mon réel bonheur...

Comme j'ai toujours été contre le fait de mettre un code de sécurité pour ouvrir mon téléphone, j'allais avoir à changer tous mes mots de passe et me trouver un nouveau téléphone. J'ai connu pire. Ça me donnerait une raison pour aller à Puerto Escondido dans les prochains jours.

Le lendemain matin, un ami (québécois!) s'en allait à Puerto Escondido justement. Nice!! Un ride!! Encore plus nice : en lui expliquant la raison de mon périple, il m'annonce qu'il a un cell en backup et qu'il peut me le refiler. Boom! Comme ça! Réglé!

Dans le même ordre d'idées, il faut que je vous raconte mon histoire de bikini. Un jour, je décide que j'en ai marre de mes vieux maillots. Marie et moi on part magasiner au village voisin. Triste nouvelle, il n'y a rien de beau nulle part. Comme il n'y a pas beaucoup d'autres options, je fais le deuil d'un nouveau maillot, vive les vieilles affaires. Ce même après-midi, en marchant sur la plage, une fille (de Montréal!!) nous court après et nous propose de participer à un shooting photos pour sa compagnie de bikinis (Karü). En échange, on gardait le dit bikini. Heeeee....sérieux là?? De même?! Le shooting a eu lieu lendemain matin, le même matin que je me suis faite offrir un nouveau téléphone. Soyez bien avisé que c'était loin du shooting stéréotype de la fille qui se roule dans le sable et que je ne compte pas en faire une carrière non plus!!

Demandez et vous recevrez...
Voilà!

Je m'installe donc dans le shop d'internet et j'attaque la "simple" tâche des mots de passe et de l'appropriation de mon nouveau téléphone (byebye Apple, bonjour Androïd). Ihhhhh bo-boy!!! De quoi travailler ma patience! Les ordis sont tellement lents ici, c'est à se demander si ce n'est pas volontaire pour qu'on passe plus de temps et donc que ce soit plus payant! Je pense que ça m'a pris 1 heure changer mes 2 courriels et mon facebook. Je commençais déjà à m'ennuyer de mon vieux iPhone 4!!! Vous comprendrez que je m'en suis tenue à l'essentiel au niveau des communications par la suite.

Et puis voilà qu'hier soir, j'ai gagné le concours des circonstances...et haut la main à part ça!! Grâce à mon super nouveau téléphone, je prends mes courriels avant de remonter à la maison et je vois que mon amie Emma m'a envoyé un message disant qu'un gars avait mon téléphone et que je n'avais qu'à passer le chercher à "x" resto...

WHAT?!??!!
Tu me ni-ai-ses?!?

J'ai vraiment des anges qui me suivent des fois. En tous cas, ce gars là en était un!

Il a trouvé mon cell dans la rue à Mazunte. En plus d'être cute, il est pas pire perspicace et loyal! Il a fouillé dans mon cell jusqu'à trouver, dans mon application "notes", le numéro de téléphone de mon amie Emma, que j'avais noté dans une situation un peu d'urgence et que je n'avais pas pris le temps de rentrer dans mes contacts. Le gars a appelé Emma et comme elle ne pouvait pas lui confirmer mon modèle de téléphone, il a joué safe en me donnant un point de rencontre plutôt que de lui remettre directement. Quand je suis arrivée au resto, j'ai croisé le gars dans les marches, il s'en allait. Il m'a remis mon cell. J'ai dit merci avec mon plus beau sourire. Il ne voulait rien de plus en retour. JE CA-PO-TAIS!! Après 2 minutes de capotage, je suis retournée le voir pour prendre le temps de jaser, c'était trop fou comme affaire. Il m'a raconté qu'il était sur le point de partir et qu'il aurait laissé mon cell à la police de Puerto Escondido. Et là, on s'entend, on oublie le projet de le retrouver! Jamais je serais allée voir la police pour ça, surtout pas à 1h d'ici!!

Morale de cette histoire : ne pas mettre de code sur son téléphone c'est une excellent façon de se faire retrouver!

J'ai commencé à gagner un peu d'argent (très symboliquement!) avec des cours de hula hoop. Une autre chose de cochée sur ma liste. Mais le plus beaux des cadeaux, elle s'appelle Romy. Une jeune adulte qui se cherche et qui a plus-que-besoin de prendre confiance en la vie. Je pense que le hula, même après une heure, a déjà commencé à changer une partie de sa vie, comme ça a été le cas pour moi il y a 6 ans. Reprendre confiance en soi par une discipline qui oblige à entrer dans le moment présent, dans la conscience corporelle et le plaisir ; c'était un beau cadeau de le vivre, mais ça l'est encore plus de le partager à quelqu'un et de le voir d'un oeil extérieur.

La vie est un continuel mouvement et le hula hoop sera toujours un de mes meilleurs guides.

Je vous souhaite de trouver les vôtres.

Avec amour.

samedi 31 décembre 2016

Om Narayana Shanti Om



Dernier jour de 2016...

Quelle fabuleuse sensation que de terminer l'année au même endroit où je l'ai commencée. Ce lieu rempli de magie, où tout vibre dans une intensité et une authenticité hors du commun.

C'était important pour moi de souligner ce moment. Voici comment j'ai choisi de le faire aujourd'hui :

Départ en bateau à 5h30, dans l'obscurité de la nuit, sous le regard de milliers d'étoiles, à la rencontre du feu, se levant à la ligne "d'eau-rizon". Les dauphins ont devancé le précieux moment nous faisant cadeau de leurs plus belles danses et voltiges. Un de ces moments qui te pousse le coin des lèvres hautement vers le ciel et qui mouille tes yeux de gratitude.

Se faire des cadeaux comme celui-là, ceux qui te donne "el piel de gallina" et qui te font sentir foutrement vivant, c'est la base pour s'aimer...et pour semer...

J'ai la chance d'avoir la plage et l'océan comme environnement pour faire un retour sur l'année qui se termine et aussi pour me préparer à accueillir celle qui commence.

J'ai pris une longue marche ce midi, avec la musique de mon téléphone dans les oreilles. Avant de partir du Québec, j'ai voulu le mettre à jour. Un peu pressée par le temps (et oui, j'arrive encore à procrastiner), semble-t-il que j'ai fait ça un peu tout croche ; je me retrouve avec toutes sortes de morceaux (pas toujours bons!) de mon répertoire musical entier, dont je n'avais pas nécessairement choisi pour m'accompagner au Mexique. Comme il n'y a pas de hasard, mais que des rendez-vous, mon téléphone a décidé de me faire écouter LA "toune" dont j'avais besoin durant ma marche de rétrospective annuelle. C'est une pièce de type mantra : Om Narayana (par Wade Imre Morissette), que je vous encourage à écouter en même temps que ce qui suit.

Je vous transcrits les passages en anglais parce qu'ils résonnent beaucoup en ce temps de bilan et de projections. J'irais même jusqu'à m'en approprier les mots pour vous les offrir en souhaits pour cette nouvelle année 2017.


"Om Narayana (Santi Om)

Joy on the inside,
Peace on the outside

Loving on the inside
Laughing on the outside

Kissing on the inside
Hilling on the outside

Flowing on the inside
Thriving on the outside

Clearing all the inside
Accepting the outside

Shining on the inside
Shining some more on the outside

Om Narayana
Shanti Om"


J'espère que vous aurez l'occasion de faire craquer la neige sous vos pieds le temps d'une marche en plein air pour vous ressourcer vous aussi dans notre beau coin de pays qu'est le Québec.

Merci de votre présence en 2016! Je vous souhaite un beau passage à la nouvelle année. Prenez soins de vous! Je vous envoie plein d'amour de mon coeur au Mexique!!!

jeudi 29 décembre 2016

Rien n'est permanent

La semaine dernière j'ai vécu un grand drame! Ok j'exagère...juste quelque chose de plate, de b'en plate, qui m'a demandé quelques heures pour ventiler et dé-dramatiser. Le genre de situation qui m'arrive de moins en moins, parce que j'arrive de plus en plus à accepter les choses telles qu'elles sont.

J'ai perdu mon iPod Shuffle.
Pouf!
Gone!
Disparu!

Juste ça?
Oui oui, juste ça!
Mais sur le moment, c'était "toute ça"!!

Je suis très peu attachée à des biens matériels dans la vie, mais cette petite chose, grosse comme un 2$, occupait une place de choix dans mon quotidien! Quand j'ai découvert son existence il y a 6 ans, ma vie de hoopeuse a changée! Elle était parfaite! Petite, discrète et efficace! Toujours accrochée à mon pantalon, ma camisole ou mon bikini, elle m'accompagnait dans chacune (et je dis bien chacune!) de mes pratiques de hula hoop. C'est elle qui me donnait le rythme et l'émotion à transmettre avec mon corps et mes cerceaux. Sans musique, mon art n'est pas le même. Il manque de cohérence, de saveur, de profondeur. Je rends donc hommage aujourd'hui à ce petit objet et je le remercie pour sa fidélité et son grand apport dans mon évolution de hoopeuse.

J'ose espérer que c'est quelqu'un qui l'a trouvé et pas mère Océan qui se l'est approprié dans une de ses marées. C'est déjà une très grande musicienne...elle est loin d'avoir besoin de ce genre de musique en plastique pour faire ressortir la profondeur de son âme.

Pour vous garder dans la magie du bord de mer, je vous glisse quelques mots sur notre cadeau de Noël du 25 au matin : un petit tour de paddle board entre amis, accompagnés des baleines! La magie était au rendez-vous, comme très souvent ici!

La magie s'est poursuivie : j'en ai eu pour 3 jours à avoir de la difficulté à marcher à cause de mes cuisses qui ont absorbé les vagues et mon inconfort de la première fois! Ouille!!

Ça m'a aussi permis de vivre l'expérience d'une visite chez le médecin. Mon oreille s'est mise à me faire horriblement mal en revenant du Paddle à cause du vent et de l'eau. Elle s'est bouchée à nouveau. Mon ami Mémo n'a pas voulu me laisser aller consulter seule comme une vraie québécoise ; il m'a gentiment accompagné avec sa moto au village voisin. Quel grand coeur ils ont les mexicains!! Se sentir aussi bien accompagnée à autant de kilomètre de chez soi, ça aide à comprendre la beauté du monde!

Je suis ressortie avec une prescription de gouttes antibiotiques, soulagée de ne pas avoir à prendre d'antibiotiques oraux. 4 jours plus tard, mon oreille est encore bouché et je commence à en avoir vraiment marre de faire répéter tout le monde et de ne pas pouvoir vaquer à mes occupations, soit me baigner et faire du yoga. Je sais, c'est dur la vie ici! Alors je vous le concède :

"Quand on se compare, on se console".

J'ai le plus beau des contextes pour me reposer et laisser le temps à mon corps de guérir. Rien n'est permanent...et c'est important de se le rappeler régulièrement!

mardi 20 décembre 2016

Graines Fleurs Fruits

"On récolte ce que l'on sème."

Une phrase que ma mère m'avait dite quand j'étais petite et qui m'avait beaucoup marquée. À cette époque, je comprenais ce concept d'un point de vue uniquement "relationnel" ; si tu traites bien tes amis, ils te traiteront bien en retour.

Aujourd'hui je réalise que,

1 : J'avais mal compris. Être gentil avec les autres en espérant qu'ils soient gentils en retour, c'est une grave erreur. Il faut être gentil. Point.

2: J'avais sous-estimé l'ampleur de cette phrase. La portée est beaucoup plus grande que ce que je m'imaginais, celle qui touche l'univers de nos rêves et nos aspirations!

Heureusement j'ai tout de même appliqué le concept au sens large depuis plusieurs années.

"Vivre l'hiver au Mexique" : c'est un rêve qui a pris forme il y a 7 ans lors de mon premier voyage. Mon intention de le réaliser est devenue claire il y a un an et demie, après mes formations chez Satyam à Montréal, dans lesquelles j'ai travaillé à créer de l'espace en moi pour laisser parler ma petite voix. Une fois que la petite voix a parlé, difficile de l'ignorer. Il faut l'assumer et entrer dans l'action. J'ai donc commencé à semé quelques graines, en commençant par me libérer de mes responsabilités du travail, sans trop m'attacher à l'idée, ni à la forme de sa réalisation. Quelques mois plus tard, le projet commençait à germer. J'avais envie qu'il nourrisse mon besoin d'accomplissement. J'ai donc proposé à ma prof Brigitte de l'aider dans un prochaine formation qu'elle offrait. Devant l'absence de réponse de sa part, j'ai longtemps hésité, mais j'ai finalement décidé d'aller au bout de mon projet et d'acheter un billet d'avion.

Et là, les fleurs ont commencé à apparaître.

Quelques jours après mon arrivée, je vais prendre une classe avec Brigitte. À la fin du cours,
elle m'offre de participer à la prochaine retraite. Wow!! Je flotte! Littéralement! La côte entre le studio et le village n'a jamais été aussi facile et plaisante à descendre. Aucun doute, j'avais pris la bonne décision de venir!

Au cours de la retraite la semaine suivante, elle me demande de prendre en charge le groupe pour l'excursion prévue à l'horaire... Ce n'était pas l'aide que j'avais projeté lui offrir, mais c'était tout de même de l'aide au final! Et je suis convaincue que c'est exactement ce que j'avais besoin de vivre pour établir le lien de confiance avec Brigitte. J'ai aussi tissé des liens forts avec certains élèves, avec qui j'ai gardé contact par la suite. Cette expérience m'a donné des ailes pour continuer de m'accomplir durant le reste de mon séjour. Le projet murale a pris forme. J'ai vécu un mois de création très intense et libérateur. J'ai pu explorer une partie en moi qui avait besoin d'être réveillée.

Avant de rentrer au Québec l'an dernier, j'ai réitéré mon offre d'assistance à Brigitte pour la prochaine année. Ce qu'elle a acceptée sur le champs!

Je me retrouve donc ici, dans une maison, "ma" maison (bon ok...elle est louée...mais le sentiment est semblable), à profiter de la vie avec une précieuse amie, en attendant que mon contrat de travail commence à la mi-janvier. Contrat qui s'est finalement-officiellement officialisé quand j'ai croisé Brigitte par hasard dans un café à mon premier matin ici. Yé!!!

Les retrouvailles sont nombreuses et chaleureuses. Des amis étrangers qui vivent ici, des amis mexicains, des amis de yoga qui sont de retour, des anciens voisins... Les "Bienvenida!" qui fusent de partout me font sentir chez moi.

C'est-tu pas "marvelous" ça?

Je peux vous dire que les fruits que je récolte dans la dernière année, ils sont doux, juteux et combien savoureux!!

Et le plus beau dans tout ça? C'est que dans chaque fruit se trouve une multitude de nouvelles graines...

Merci d'être dans ma vie.

Vous êtes,
parfois la terre,
parfois les nutriments,
parfois l'eau,
parfois la lumière,
qui contribuent à faire pousser tous ces petits bonheurs.

J'ai envie de terminer avec la phrase qui débute le livre que je viens d'entamer. C'est un souhait que je partage profondément avec l'auteure :

"Je rêve que chacun puisse prendre la mesure de ses talents et la responsabilité de son bonheur, car il n'est rien de plus important que de vivre une vie à la hauteur de ses rêves d'enfant..." (Raphaëlle Giordano)

vendredi 16 décembre 2016

Home!!!

Ahhh l'hiver!! Il s'est emparé de la porte du cargo de l'avion à mon départ de Montréal. Résultat : j'ai failli manquer ma connexion pour Huatulco encore cette année!! Mais bon...qu'est-ce que j'avais tant de plus à faire que de me ramasser dans une autre ville et prendre des autobus de nuit pour me rendre à destination?...rien! So ..."Enjoy the ride!" que je me suis dit! Finalement, comme ma correspondance se faisait avec la même compagnie, ils ont attendus. Yéé! J'ai quand même eu la chance de vivre pour la première fois ce qu'on voit dans les films : courir à l'autre bout de l'aéroport sous la pression de la voix au micro qui dit "derniers appels/appel final pour le vol 2514 en destination de..." Merci santé cardio-vasculaire! Merci yoga de m'avoir si bien appris à me laisser porter par les choses.

Me voilà donc arrivée à bon port, dans un état...qui doit ressembler celui qu'on peut avoir en marchant sur la lune. Ça me rappelle la sensation que j'avais après mon premier saut en parachute. J'ai eu des vols très difficiles au niveau de la pression à cause de mon rhume. J'ai l'oreille gauche complètement bouchée. C'est niaiseux, mais ça affecte ma capacité de présence et de communication...en plus de ne pas bien entendre, je m'entends parler!! Et s'entendre parler, on n'aime jamais ça, encore moins quand c'est dans des langues qui ne sont pas les nôtres!! Je vais devoir me prendre quelques vagues pour que l'eau salée fasse son travail dans mes sinus!!

J'ai beau être venue ici à plusieurs reprises, mais j'ai encore un petit choc culturel...on est loin de la stimulation omniprésente de chez nous...chez vous! Je dois réapprendre à ne rien faire, à marcher à une vitesse de 0.5km/h, à vivre avec pas grand chose... Je suis habituée vous me direz, mais ici c'est quand même une coche de plus!

Hier soir, je me demandais un peu ce que je faisais ici, comme à chacun des premiers jours quand je pars voyager seule. Quand je me suis couchée dans mon lit avec la brise de la mer, le bruit des vagues et les chants des oiseaux et des insectes, ça m'est revenu!!

Vivre au rythme de la nature, c'est ça que je suis venue faire ici! Voir le soleil se lever (et se coucher!) dans la mer, il n'y a pas de plus grand cadeau!!

C'est un sentiment bien étrange de revenir cette année : revoir tous ces gens que j'ai eu le temps de connaître l'hiver dernier. Certains me reconnaissent et pour d'autres, je ne suis qu'une nouvelle touriste blanche. Le village a un peu changé. Des commercent ont fermés, d'autres se sont crées. Des nouvelles maisons sont construites, d'autres abandonnées. Les mamans ont des nouvelles bedaines, les enfants ont grandis, mais pas tant que ça... C'est la petite routine... "Same same, but different" que disent mes profs!

C'est une grande richesse que nous avons au Québec d'avoir les moyens de faire des projets, de vivre des nouvelles expériences, de voir de nouvelles choses. Merci la vie! Je me sens vraiment choyée de pouvoir goûter à ces 2 mondes et de pouvoir en retirer le meilleur et en faire la part des choses. Trouver l'équilibre entre être stimulée et déposée à la fois, c'est très précieux!

L'accès internet est toujours aussi limité ici. C'est excellent pour casser la dépendance et se mettre le nez dans un livre ou simplement regarder les pélicans pêcher. Je reviens donc à ma vieille méthode pour mon blog : écrire en différé dans un endroit paradisiaque (genre sur la plage ou sur ma terrasse qui surplombe la mer) et descendre ensuite au village prendre un café et peser sur "envoyer".

Mon amie Marie-Pierre arrive samedi, je suis vraiment excitée. Bien que j'adore voyager seule, ici je me sens dans mes pantoufle et le fait de partager ça avec quelqu'un me donne le sentiment de faire évoluer ma relation avec le lieu.

Comme promis, je prends du soleil et de la chaleur pour vous. Je suis consciente de la chance j'ai d'être ici.

Je vous dis à bientôt!

L'immensité dans sa plus grande beauté

L'immensité dans sa plus grande beauté